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20 oct. 2009

Granny's Intentions

Un disque qui ne vaut sa rareté qu’à la présence éphémère d’un certain Gary Moore sur la huitième piste de l’unique LP des Granny’s Intentions. Un nom placardé sur les annonces ebayennes qui occultent honteusement le reste, et puis franchement, Gary Moore, vaut mieux se méfier. Ouais, mais ce Honest Injun n’est finalement pas si mal si l’on y prête une oreille attentive. Un folk blues lorgnant de l’autre coté de l’atlantique et présentant de vraies réussites musicales, inégales certes, mais pas désagréable à qui aura la patience de lui accorder un peu de son temps.

Formé en 65 à Dublin, le groupe se fait rapidement connaître dans les clubs de la capitale irlandaise avant de signer tardivement sur Deram. Entre-temps, le groupe fait la connaissance de Gary Moore, âgé d’à peine 17 ans, qui joue de temps à autre en leur compagnie. Le combo enregistre quelques pistes fin 69 en Irlande, mais le groupe ne supporte pas la pression du studio, et se sépare une première fois avant de se reformer, et de finir le travail entamé dans les studios Decca de Londres en compagnie de Moore.

Le résultat est satisfaisant, mais en total décalage avec l’espace-temps. Honest Injun creuse un folk rock teinté de couleurs ricaines, sans oublier pour autant ses racines britonnes. Quelques fulgurances électriques, quelques ballades bien senties pour un disque au final qui, en 66 ou 67, serait à ranger à côté de ceux des Byrds ou des Buffalo Springfield.

Avec le temps, l’existence même de ce groupe sera occultée par les historiens du rock anglais, et il traine finalement peu d’information sur le passé des Granny’s Intentions. Qui mérite pour autant une écoute attentive.

PERSONNEL :

Pete Cummins (Basse, Flute), Johnny Duhan (Chant), Johnny Hockedy (Guitare, Mandoline), Pat Nash (batterie), John Ryan (claviers) et Gary Moore (guitare)
  1. DISCOGRAPHIE :
  2. ALBUM:
_ 1970 : Honest Injun (Label Deram SML 1060 / Côte : 100Euro)
  1. SINGLES :
  1. _ 1967 : The Story Of David/Sandy's On The Phone Again (Deram DM 158)
  2. _ 1968 : Julie Don't Love Me Anymore/One Time Lovers (Deram DM 184)
  3. _ 1968 : Never An Easy Thing/Hilda The Builder (Deram DM 214)
  4. _ 1970 : Take Me Back/Maybe (Deram DM 293)
  1. LIEN :
Myspace

Grant Erky & The Earwigs

Et vlà un petit collector qui se glisse a nouveau dans ses colonnes, sympathique, surtout pour l’époque. On est en 1963, quelque part en Angleterre, quand des petits gars signent un unique single que vous n’êtes pas prêt de voir sur une liste. Heureusement, la face B de cette obscurité signée sur Pye est copieusement compilée, des Ripples aux Rubbles, en passant par les English Freakbeat.

I'm A Hog For You surprend par son break en plein milieu du morceau, où l’on se retrouve confronté aux divagations acides du guitariste. Assez surprenant pour l’époque. Pour le reste, c’est assez classique, entêtant, bien construit, avec un beat assez sympa. Une agréable curiosité !

DISCOGRAPHIE :

_ 1963 : I Can't Get Enough Of You/I'm A Hog For You (SP Pye 7N 15521)

LIEN :

I'm A Hog For You

Grapefruit

Avec un tel nom (Pamplemousse en français), on pouvait s’attendre au pire. Un truc archi sucrée dégueulant sa guimauve à grande pompe, pressant les arrangements jusqu’à la pulpe de l’inimaginable. Bingo ! On a affaire à un Pamplemousse sans saveur, qui a assurément manqué de soleil. Je vous l’accorde, la métaphore est facile, mais si je vous dis qu’Around Grapefruit est un croisement entre un pastiche de mauvais Beatles et de mollasson Bee Gees, ça vous parlera un peu plus.

Les Grapefruit, donc. Né sur la volonté de George Alexander à combler le pop du vide, laissé par des Beatles s’aventurant vers des contrées plus hasardeuses (Sergent pepper’s). Tout un programme ! George connaît bien Terry Doran de chez Apple, et de fil en aiguille parvient à constituer un groupe qui sera signé en 68 sur le label Stateside. Les Grapefruit entretiennent également une relation étroite avec le staff des Beatles, Paul McCartney leur prêtant main-forte en studio pour enrichir les arrangements du groupe, et participant à une vidéo promotionnelle de leur premier single, Elevator. Tout cela confère au groupe une prestance aux yeux du public, et sent l’arnaque à plein nez. Les premiers singles se vendent bien, sans pour autant atteindre le top 20.

Le groupe rentre en studio fin 68 pour concocter deux albums, totalement inégaux. Around Grapefruit peut encore s’écouter quand on a rien d’autre de mieux à faire, en sirotant un jus, tiens de pamplemousse, l’été, sur la plage ou tout autre endroit superflu. Des arrangements en veux tu en voilà, à toutes les sauces, quelques réussites tout de même, mais au final l’impression de s’être fait lessivé les neurones, et d’avoir mis son temps de cerveau disponible aux oubliettes. Il faut pouvoir digérer cette dizaine de morceaux pop taxée de psychédéliques (?) sans courir aux chiottes dégueuler cet abus de bonbons sucrés. Reste que l’album est symptomatique de son époque. Le pire est à venir avec ce Deep Water indigeste, où le groupe voit abandonner ses mélodies pop pour un hybride d’Hard Rock pompeux et sans saveur, piochant dans ses racines blues et country ! Pour le coup, les Grapefruit sont descendus justement par la critique, et cet album marque la fin et la séparation du groupe. On aurait préféré un bonbon un peu plus acidulé. Fin de l'histoire.

  1. PERSONNEL :
John Perry (guitare), Pete Swettenham (guitare), George Alexander (basse), Geoff Swettenham (batterie)
  1. DISCOGRAPHIE :
  2. ALBUM:
  1. _ 1969 : Around Grapefruit (Label Stateside S(S)L 5008)
  2. _ 1969 : Deep Water (Label RCA Victor SF 8030)
SINGLE :
  1. _ 1968 : Dear Delilah/The Dead Boot (Label RCA Victor RCA 1656)
  2. _ 1968 : Elevator/Yes (Label RCA Victor RCA 1677)
  3. _ 1968 : C'mon Marianne/Ain't It Good (Label RCA Victor RCA 1716)
  4. _ 1968 : Someday Soon/Theme For Twiggy (Label Stateside SS 8005)
  5. _ 1969 : Round Going Round/This Little Man (Label Stateside SS 8011)
  6. _ 1969 : Deep Water/Come Down To The Station (Label RCA Victor RCA 1855)
  7. _ 1969 : Lady Godiva/Thunder And Lightning (Label RCA Victor RCA 1907)
  1. LIEN :
Myspace

8 oct. 2009

Gravy Train

En attente de notre chroniqueur Greg.

Gray Dorian

Bon ok ok on se calme. On n’est pas toujours là pour vous défricher ces petites merveilles anglaises, mais pour tenter d’élaborer un historique assez complet du rock anglais. Alors ouais, parfois on se fait peur. Qui n’a jamais entendu cette soupe ignoble sur une quelconque radio hertzienne ? Ba ouais, voilà, I’ve Got You On My Mind fut un petit succès en 68, reprenant à sa sauce les ingrédients du rock. Et bizarrement, on dénotera que près de 20 ans plus tard, ce morceau a apparemment marqué une génération d’artistes ( ?), s’engonçant à grand coup de dollars dans ce genre indigeste de rock pompeux, au refrain chiantissisme, à la rythmique plombant, et à cet abus de cuivre baveux. Le Dorian Gray a commis d’autres merdes du genre, on vous en passera les détails.

DISCOGRAPHIE :

_ 1967 : Behind The Tears/Walking Down A Backstreet (SP Parlophone R 5612)

_ 1968 : I've Got You On My Mind/Move On (SP Parlophone R 5667)

_ 1968 : Love Is All It Should Be/Let Me Go Home (SP Parlophone R 5705)

_ 1968 : Jingle Down A Hill/Get Going Baby (SP Parlophone R 5732)

_ 1970 : I've Got You On My Mind/Move On (SP Parlophone R 5840)

LIEN :

I've got you on my mind

Greatest Show On Earth

Deux albums fulgurants au cours de l’année 70, à l’inventivité incroyable, qui se scratchent lamentablement dans les charts, à tel point que 40 ans plus tard, les Greatest Show On Earth sont toujours honteusement oubliés dans les manuels d’histoire. Votre chroniqueur ne peut que s’enorgueillir de laver cet affront, en publiant une chronique totalement subjective, valdinguant les principes de la critique acceptable et du consensus mollasson. Ba ouais quoi, ce groupe a publié deux petites merveilles la même année, à écouter à tout berzingue dans sa piole, oscillant entre un rock progressif dramaturgiquement exceptionnel et un jazz rock osé et swinguant comme pas deux. Et pourtant, le risque était grand ! On rangera précieusement ses deux galettes aux côtés des meilleurs Genesis (si, si, la bande à Peter Gabriel a sorti de chouettes trucs) et de ses petits trésors anglais qu’on se repasse toujours avec autant de plaisir.

L’histoire débute en 68, lorsque le guitariste Garth Watt-Roy et son frangin bassiste Norman décident de monter un groupe. Après plusieurs auditions, ils recrutent un black au chant, un américain en exil sur le sol anglais, Ozzy Lane. Ce dernier amène alors aux sons distordus du groupe toute sa chaleur et son sens du Rhythm & Blues. Garth et Norman s’entourent également du batteur Ron Prudence, impressionné par la diversité de son jeu, et de Mick Deacon comme organiste. Ce dernier, à l’écoute des deux opus, fera regretter le départ, peu de temps après la formation du combo, d’Ozzy Lane, tant son jeu tout de feeling, de puissance, de swing et de montée orgasmique se serait marié à la perfection à sa soul music torride.

Bref, Ozzy Lane repart au pays quelques mois après, du côté de la Nouvelle-Orléans, laissant le groupe dans l’embarras de composition complexe, flirtant avec la soul, le rock, le jazz et la progressive music ! Las de chercher à nouveau la perle rare, le combo se décide à engager Colin Horton Jennings, qui à défaut d’avoir une voix sensationnelle, sait manier également le manche, les bongos et la flûte, offrant un panel intéressant pour les divagations mélodiques du groupe.

Après moult essais, le groupe se fait enfin repérer par le label progressif d’Emi, Harvest, qui signe le groupe fin 69. Un premier simple voit le jour, Real Cool World/Again And Again, qui résume bien à lui seul toute la richesse musicale du combo. Une face A grandiloquente dominé par les talents d’organiste de Mick Deacon qui conduit a lui seul toute la puissance du morceau, et ce Again and Again tout bonnement magnifique, arrangements de cordes divaguant sur une flûte paisible pour finalement exploser dans un océan de sons mélancoliques. La sortie du premier opus, Horizons, s’inscrit dans cette mouvance progressive, où l’orgue domine les débats, la gratte tentant de s’extirper de cette avalanche de notes schizophrènes pour ramener un peu d’ordre. La voix est certes faiblarde, mais le disque un vrai chef-d'œuvre d’intelligence et d’imagination. Il n’y a qu’à écouter ce I Fought For Love et son intro titanesque pour s’en persuader, détriturant avec complexité les schémas classiques du rock et de la pop.

Faute de promotion, Horizons est un relatif échec, mais la période étant propice à l’innovation, Harvest laisse le groupe bricoler un second opus, qui sort la même année. The Going’s Easy, ou la volonté d’explorer encore et encore les possibilités de la fusion. Davantage jazzy, swinguant tel un funk endiablé, le groupe semble au maximum de sa cohésion, les instruments se mariant avec finesse dans les genres. Morceau d’ouverture, Borderline envoie tout valser, on ne sait plus très bien où l’on met les oreilles, et finalement on se laisse transporter dans ce tsunami de sons et de couleurs, tribal et quasiment heavy pour un panard sans retour. L’opus est à nouveau une petite merveille, on regrettera encore ce chant en décalage total avec le groove du groupe, qu’on oublie finalement très vite pour se plonger sur ses plages délirantes que sont le très R & B The Leader, ou sur cette réplique d’Again and Again, véritable ilot enfumé pour dépressif (Love Magnet), sans oublier Tell The Story, jazzy dans tous les sens, et pour une fois merveilleusement chanté.

Au final, ce second opus paraît plus diversifié, et à même de toucher un public plus large. Il n’en sera rien, et devant cet insuccès total, le groupe se sépare, Harvest lâchant les crédits accordés. La plupart des musicos se retrouveront à jouer les bouches trou dans diverses formations toutes aussi insignifiantes les unes que les autres. Seul Garth Watt-Roy, à l’origine du groupe, participera à d’autres projets excitant, comme Fuzzy Duck, ou encore East Of Eden. De nos jours, ces deux galettes sont de jolis collectors, mais n’ont toujours pas acquis la renommée méritée. À vous de changer les choses…

PERSONNEL :

Garth Watt-Roy (chant, guitare), Norman Watt-Roy (basse), Mick Deacon (claviers), Ron Prudence (batterie, congas), Tex Philpotts (saxo) et Colin Horton-Jennings (chant, guitare, flûte, batterie)

DISCOGRAPHIE :

ALBUMS :

_ 1970 : Horizons (Label Harvest SHVL 769 / Côte : 75Euros)

_ 1970 : The Going's Easy (Label Harvest SHVL 783 / Côte : 75Euros)

SINGLE :

_ 1970 : Real Cool World/Again And Again (Label Harvest HAR 5012)

_ 1970 : Tell The Story/Mountain Song (Label Harvest HAR 5026)

LIEN :

* The Going's Easy

* Horizons

* Myspace

24 sept. 2009

Green Ian

On appelle cela de l'easy listening teinté de jazz et de soul brésilienne. Tout un programme. Certains préfèreront parler de guimauve en pâté croute pour soirée, douteuse, anesthésiant n'importe quel Che Guevara en herbe. Du jazz fourre tout, bardé de cuivres pompeux, servi sur une voix agréable, tellement appréciable qu'elle vous anéantit la moindre seconde de votre temps de cerveau disponible!Idéale pour les diners lèches cul, avec votre belle-doche ou votre enflure de patron. Ça coule tout seul, pas une seule fausse note, jamais un son trop aigu, ni trop grave. Non, la perfection de l’annihilation totale. Le genre de truc que notre bonne vieille société protectrice de nos chers bons intérêts aime nous vendre, en fond sonore dans les couloirs de la surconsommation de nos grandes surfaces, ou sur les quais, ou bref n’importe où. À écouter après trois caisses de bières, ou bien défoncer. À noter la présence de la chanteuse soul Rosetta Hightower, relevant un peu la sauce, et des medley torchant le cul des Traffic ou des Beatles. On vous aura prévenu !
  1. PERSONNEL :
Ian Green (orchestration), Rosetta Hightower (chant), Madeline Bell (chant)
  1. DISCOGRAPHIE :
  2. ALBUM :
_ 1970 : Revelation (Label CBS 63840)
  1. SINGLE :
  1. _ 1967 : Last Pink Rose/Green Blues (Label Polydor 56194)
  2. _ 1969 : When You Love A Man/Santa Maria (Label CBS 3997)
  3. _ 1969 : Groover's Grave/Revelation (Label CBS 4623)

Green Peter

Le pétage de plombs face à un auditoire.. Forme de suprême détachement qualitatif et quantitatif. Quand le cerveau vit sa propre vie, et impulse tout et n’importe quoi. Terrible expérience. Si vous suivez les aventures d’un Roky Erickson, vous êtes habitués à toutes ces embardées et pérégrinations mentales. Les zombies brûlés par l’acide sont légion au pays du rock. Les cauchemars des uns, quand ils ont réussi à les inscrire sur disques, ont donné des résultats parfois étonnants. Tellement, que certains de ces soleils noirs, pourraient presque avoir valeur de baromètre. Et encore, à force de dinguerie affichée, le Texan a trouvé une forme de communication. Sa mythologie personnelle a un sens, quelque part. Le premier album solo de Peter Green, aucun. Complètement lessivé après Fleetwood Mac, il a trouvé (où ?) la force de réciter son chant du cygne. Et il est bien flippé le grand oiseau. Rien d’un albatros. Lamentable jeu de mots, certes. Mais je tape en cherchant à comprendre. J’ai donc droit à l’indulgence du jury, section marigots en Amazonie. Clapton a piqué son plus gros hit solo ici. Comme quoi, il y a toujours un bout d’espoir, dans les situations les plus désespérées.

Entouré de Zoot Money au piano, d’Alex Dmochowsky (bassiste colossal d’Aynsley Dunbar), Green semble avoir deux buts principaux. Et rien à foutre du reste. Le premier sera de flinguer sa pédale wha wha au plus vite. Le second, d’empiler acrobatie superbe sur pirouette étincelante. Le rendu est absolument tonitruant, apparenté à une sorte de free jazz criblée de plans bluesy par le son. Tandis que le dénommé Godfrey Mc Lean percute avec toute la détermination de Mick Fleetwood. Dynamitant l’ensemble, et l’envoyant plus d’une fois dans le mur. Dés que le puzzle commence à se dessiner nettement, en fait. L’auditeur, invité à fermer sa boite, peut s’amuser à chercher une logique dans tout ça. À ce grand talent qu’on sent se cogner dans le noir le plus absolu, le plus dangereux.

Une de ces galettes à pratiquer avant le Valium. Ne pas faire tourner en boucle surtout.

Laurent M.

DISCOGRAPHIE :

_ 1970 : The End Of The Game (Label Reprise RSLP 9006)

LIEN : Bottoms Up

Green Angels, the

On reste en Irlande avec cette formation qui sortira de deux singles obscurs sur Parlophone tout bonnements introuvables. Si vous avez des infos, contactez-nous!
  1. DISCOGAPHIE:
  1. _ 1965 : Let It Happen / Rockin 'Red Wing (SP Parlophone R 5390)
  2. _ 1966 : An Exile's Dream / Hannigan s' Hooley (SP Parlophone R 5512)

Greenbeats, The

Un honnête groupe pop à tendance beat en provenance des vertes prairies irlandaises. Se faisant connaître sous le nom des Caravelles au début des sixties, ils parviennent à monter sur Liverpool en 1964, où la scène, plus attractive, leur occasionnera de chouettes moments, notamment au Cavern Club.

3 Singles plus tard, on ne retiendra pas grand-chose. Une chouette balade bien construite avec So Sad, un bon morceau beat avec You Must Be The One, mais rien de transcendantal. Indéniablement, le groupe possédait de belles qualités techniques, un chanteur pop convenable. Signé sur Pye pour les deux premiers, puis sur le micro label Spin pour le troisième, les Greenbeats n’auront néanmoins pas marqué l’histoire.

Pas assez verts, pas assez acides, pas assez tumultueux. Les vertes prairies irlandaises, quoi. Loin, bien loin des conflits ethniques et révolutionnaires, qui donneront naissance à toute une contre-culture autrement plus passionnante !

PERSONNEL :

Mog Ahearne, John Keogh, Paul Williams, Peter Bardon

DISCOGRAPHIE :

  1. _ 1965 : If This Were Mine/You Must Be The One (SP Pye 7N 15718)
  2. _ 1965 : So Sad/I'm On Fire (SP Pye 7N 15843)
  3. _ 1967 : Pretty Woman/Thing (SP Spin SP 2007)

15 sept. 2009

Green Scarab

Une curiosité sans réelle existence physique puisque le groupe n’aurait tout simplement jamais rien enregistré. Aucune information ne circule sur ce groupe, on ne sait pas d’où ils viennent, on ne connaît pas les membres de cette formation, et il est donc difficile de les situer historiquement sur la fresque du rock anglais. Peut-être en 66, à l’écoute des guitares, probablement en 67, pendant l’été du Flower Power…

Pourquoi je vous en parle alors ? Parce que les gars qui ont bricolé ces affolantes séries Circus Days nous ont déterré tous bonnement deux énormes pépites instrumentales signées par ce groupe. Psychedelic Wilderness, et surtout Asariah’s Dance qui vous claque ses sonorités stridentes sur une rythmique lancinante, parfaite illustration d’un mouvement à la recherche d’un ailleurs, d’un futur.

On aurait aimé en savoir un peu plus sur ces petits gars. En attendant, on se contente de ces excellents Circus Days, et de ce travail titanesque d’archiviste du psyché anglais, en en redemandant encore, et encore…

Grisby Dyke

Originaires de Manchester, les Grisby Dyke sont l’une des nombreuses curiosités du label Deram, proposant une pop bien léchée, agrémentée de petites trouvailles sonores somme toute agréables. Le groupe, composé autour de Derek Foley à la guitare, n’enregistra qu’un simple, pas facile à dénicher, mais relativement abordable.

Les gars auront la chance de passer sur la scène du Beat Club d’Hambourg, ce qui leur vaudra une petite gloire de passage. Très mancunien dans la composition des morceaux, The Adventures Of Miss Rosemary La Page mérite d’être redécouvert, et reste finalement dépositaire d’un certain son propre à Manchester. Le seul rescapé de cette brève aventure sera le bassiste Marshall Arsher que l’on retrouvera au sein du combo progressif Eclipse au début des seventies.

PERSONNEL :

Derek Foley (guitare), Lou Stonebridge (chant), Ron Henshall (saxo, flûte), Dave Buckle (batterie), John Titley (basse) et Graham Moores (guitare)

DISCOGRAPHIE :

_ 1969 : The Adventures Of Miss Rosemary La Page/Mary Ann She (Label Deram DM 232)

10 sept. 2009

Groundhogs

Lorsqu’on parle du british blues, l’histoire dans sa grande incrédulité aurait tendance à retenir ses classiques… Fleetwood Mac et le label Blue Horizon, John Mayall et sa pléiade de musicos tous aussi doués les uns que les autres, Clapton évidemment, Alexis Korner… On en passe. Et pourtant, bien souvent, les Groundhogs de Tony McPhee, gratteux o combien génial, sont relégués en outsider de la scène blues rock anglaise.

1965, dans un quartier historique de Londres, New Cross. Un passionné de John Lee Hooker, répondant au nom de Tony McPhee, s’essaie avec ses potes à triturer un blues légèrement déjanté sous l’appellation des Herbal Mixture. Le groupe intègre alors de longues parties d’improvisations sur les 12 mesures classieuses du blues, et parvient même à enregistrer un single en 66, petite rareté psyché que l’on retrouve sur nombres de compilations. Évidemment, le single ne marche pas, mais les qualités démontrées par McPhee sur son manche vont attirer les convoitises, et c’est finalement le Blues Band de John Dummer qui s’accaparera le petit génie le temps de quelques sessions. Fin 66, un agent du label United Artists Records, Andrew Lauder, repère à son tour Tony McPhee, et lui propose de monter son propre groupe de blues rock.

Ce sera les Groundhogs, référence oblige à un morceau de John Lee Hooker. Qu’il finira par rencontrer dans les circuits, ce dernier lui proposant de venir tourner sur le sol anglais en sa compagnie. Après quelques shows remarqués, où ils joueront également pour Champion Jack Dupree, le groupe rentre finalement en studio fin 67 pour enregistrer ce qui sera leur premier album. Scratching The Surface sort en 68, proposant alors un blues rock conventionnel, où le groupe y démontre un véritable feeling bluesy, bien qu’un peu scolaire.

Si les critiques sont bonnes, les Groundhogs de Tony McPhee restent cantonnés dans l’imaginaire des amateurs comme un honnête groupe accompagnant les légendes du blues. La seconde apparition du combo sur un 33Cm vient confirmer cet état de fait puisqu’il s’agit d’une rencontre discographique entre John Mayall et John Lee Hooker, accompagnés des Groundhogs (1968). Si le groupe reçoit le soutien des anciens, il a du mal à se faire accepter par la jeune garde, qui recherche davantage de sensation électrique.

Ce ne sera que partie remise. Le groupe rentre de nouveau en studio en 1969 pour fignoler un second album. Et quel album ! Blues Obituary fait partie de ces albums que la légende ne s’est toujours pas accaparée. Tony et les siens persistent dans un blues rondement mené, mais ils allongent les morceaux, triturant un blues distordu où les notes défilent le long d’un déluge d’électricité magmatique. Il faut entendre Tony parcourir son manche sur Daze Of The Weak, montée orgasmique quasi heavy qui préfigurera le son des prochains albums.

Il est d’ailleurs un fait inébranlable dans la carrière des Groundhogs, celui de la constante évolution dans la recherche sonore sur des bases bluesy pourtant toujours aussi classiques. La reconnaissance arrive enfin en 70, avec le troisième opus, Thank Christ For The Bomb, suivie de Split l’année suivante, où le groupe s’engage dans un blues rock énergique et heavy, beaucoup plus direct et dans l’air du temps. On pourrait regretter cette sophistication croissante, mais la guitare de Tony McPhee fait tellement d’étincelles que l’on se laisse transporter. Ces deux albums se classeront dans le top 10 des meilleures ventes anglaises, et lancera définitivement Tony dans le panthéon des génies de la guitare, qui au-delà de proposer une technique proche de la perfection, s’enorgueillira d’une inventivité tout bonnement jouissive !

PERSONNEL :

Tony McPhee (guitare, basse, synthé, chant), Dave Boorman (batterie - 68), Ken Pustelnik (batterie - 69/70), Peter Cruickshank (basse), John Cruickshank (chant, harpe - 68), Bob Hall (piano - 68), Steve Rye (Harmonica - 69)

DISCOGRAPHIE :

ALBUMS :

_ 1968 : Scratching The Surface (Label Liberty LBS 83199 / Côte : 150Euro )

_ 1969 : Blues Obituary (Label Liberty LBS 83253 / Côte : 150Euro)

_ 1970 : Thank Christ For The Bomb (Label Liberty LBS 83295)

_ 1971 : Split (Label Liberty LBS 83401)

SINGLES :

_ 1969 : You Don't Love Me/Still A Fool (Label Liberty LBF 15174)

_ 1969 : BDD/Gasoline (Label Liberty LBF 15263)

_ 1970 : Eccentric Man/Status People (Label Liberty LBF 15346)

LIEN : Deezer

Gulliver's Travels

Andrew Loog Oldham fait partie de ceux qui transforment en pépites tout ce qu'ils touchent. Des Stones en passant par le somptueux Billy Nichols (un exemple parmi d'autres), Andrew, comme Joe Boyd, sont des références du rock anglais et de la contre-culture britonne. Oui, mais voilà, il faut bien des contre-exemples ! Le projet Gulliver's Travels en est la preuve ultime, collage bizarroïde de plusieurs séquences les unes à la suite des autres sans réels liens entre elles. Tantôt excitant, la minute d'après exaspérant, puis ennuyeux pour rebondir le long d'une ligne de fuzz bien senti, le tout ponctué par des extraits de BOF, des bidouillages électroniques aussi planants que pompant... Difficile de s'y retrouver.

Le projet, mené par Mike D'Abo (Manfred Mann) et Andrew Loog Oldham, voit le jour en 69, sur un sous label d'Immediate, alors en pleine déconfiture budgétaire. Reprenant des extraits de Little Richard, the Lovin' Spoonful, The Nice ou encore des Small Faces, et les superposant les uns aux autres sur des tonnes de couches d'arrangements, le projet devait se vouloir un exemple typique de ce que les techniques des studios d'enregistrement pouvaient devenir. Au final, un album bancal, flirtant autant avec le génie qu'avec la guimauve, qui ne doit sa rareté qu'aux bobos arty (qui seuls doivent comprendre la cohérence d'un tel bordel sonore).

Gulliver's Travels tombe dans tous les pièges que peut offrir le mouvement psychédélique, surdose d'arrangements totalement déconnectés d'une quelconque logique musicale. Il n'y a qu'à voir les cassures au sein même des morceaux, déconcertant et baveux. Bref, pour fans avertis, ou cerveaux cramés à la recherche du dernier n'importe quoi.

DISCOGRAPHIE :

_ 1969 : Gulliver's Travels (LP Instant INPL 003 / Côte : 100euro)

27 juil. 2009

Gun

Je me souviens encore de cette dizaine de lignes assassines de Paringaux, ou d'Alessandrini, je sais plus très bien, qui il y a plus de 40ans descendait en flèche le second album des Gun. Les accusant de manquer d'originalité et de couilles, oui oui... Vrai qu'à l'époque, il sortait tellement de trucs extras à faire vibrer la planète entière (comme le plouc engoncé dans sa campagne profonde d'ailleurs !) que ces néanmoins respectables critiques pouvaient se le permettre.

Quarante ans après donc. Et ces deux opus qui tournent encore et encore sur la platine de votre serviteur. Pas une seule ride, les riffs cinglent toujours autant, la sono à fond pour emmerder les voisins, beuglant notre jouissance sur ses coups de boutoirs exaltants... Yeah !

Petit retour historique. Le groupe nait des cendres de The Knack, combo de Paul Gurvitz qui vit le jour en 1963, et qui tourna dans les circuits underground de Londres, fréquentant les Tomorrow et autres Floyd à l'UFO. Paul y fait la rencontre du batteur Louie Farrell, en 1966, et ajoute son frangin Adrian à la guitare, si bien que le groupe tourne en cette année autour de 6 musiciens. Face à la complexité démocratique d'un tel personnel, Paul fait le ménage fin 66, virant la moitié de l'équipe pour garder son frangin et Louie Farrell.

Le trio avance alors vers un rock psychédélique ardent et prêche le gros son, rythmique tribale et moulinage de riffs distordus et acides. Les Knack enregistrent quelques séances de studios pour un single qui ne verra finalement pas le jour ! Face à cet échec, le groupe décide de changer de patronyme. Les Gun sont nés !

Multipliant les concerts, ils parviennent à décrocher un contrat avec CBS en novembre 67, et sortent fin 68 leur premier album homonyme. La pochette, somptueuse et évocatrice du contenu, est signée Roger Dean. Immanquablement, le hit Race With The Devil, cavalcade effrénée et schizophrène, monopolise l'attention, mais l'album dans sa totalité est grandiose, arpentant les chemins tortueux du psychédélisme et défrichant les voix du heavy. Adrian Gurvitz à la gratte explose de créativité sur des morceaux comme Yellow Cab Man, ou encore Take Off et son explosion de feedback totalement free, alors que dans le même temps la section rythmique, toute en puissance, agresse sauvagement l'auditeur. L'album, truffé d'arrangements grandiloquents, ne perd pas pour autant son urgence.

Le morceau phare, Race With The Devil, cartonne un peu partout dans le monde (91ème en France, on peut appeler ça cartonner au pays des yéyés !), et le groupe, fort de ce succès rentre en studio dès 69 pour enfanter son deuxième opus... surprenant ! Plus subtile et raffinée, Gunsight est néanmoins bâclée à la production, et se fait descendre par la critique rock, qui aura finalement raison du combo. Si la guitare d'Adrian y distille toujours ses stridences électriques, elle se veut également plus progressive (Drown Yourself In The River). La section rythmique déboule moins que le premier opus, n'encadrant désormais que les délires guitaristiques de leur nouveau leader. Le groupe se surprend même à torcher de belles ballades, de celles qui feront exploser les ventes des futurs classiques hard rockers (Angeline). Gunsight recèle néanmoins de pépites heavy évidentes, tel que Head In The Clouds, ou encore Dreams & Screams, où les Gun se rappellent au bon temps de Race With the Devil. Curiosité de l'album, la suite Lady Pink, deux morceaux très courts sur des airs manouches.

Étonnamment, le single tiré de ce second LP est le titre le plus faible (Hobo), et accélère la décrépitude du combo qui se sépare en 71. On retrouvera notamment les frangins au sein du Baker Gurvitz Army. Et si on ne devait garder qu'un seul hommage au groupe, ce serait celui de Jimi Hendrix au festival de Wight de 70, sur son morceau Machine Gun., dans lequel il dévoile à demi-mot son admiration pour le combo. Rien que pour cela, respect !

PERSONNEL :

Adrian Gurvitz (guitare), Paul Gurvitz (basse) et Louie Farrell (batterie)

DISCOGRAPHIE :

ALBUMS :

_ 1968 : Same (Label CBS 63552)

_ 1969 : Gunsight (Label CBS 62683)

SINGLES :

_ 1968 : Race With The Devil/Sunshine (Label CBS 3764)

_ 1968 : Race With The Devil/Three-Four In The Middle (Label CBS 3764)

_ 1969 : Drives You Mad/Rupert's Travels (Label CBS 4052)

_ 1969 : Hobo/Don't Look Back (Label CBS 4443)

_ 1969 : Hobo/Long Haired Wild Men (Label CBS 4443)

_ 1970 : Runnin' Wild/Drown Yourself In The River (Label CBS 4952)

LIEN :

Race With The Devil

Gunn Jon

Reconnaissons à quel point se fier à un label les yeux fermés est une grave erreur. Deram nous l'avait déjà fait avec les gigolos Flowerpot Men, et bien d'autres d'ailleurs. Jon Gunn, donc. Deux simples qui flirtent avec le sunshine pop en de ce qu'il a de plus gerbant. Des ballades colorées, surfaites, qui nous imposent leurs cortèges d'arrangements de cuivres et de violons sur une voix pas désagréable, mais qui vous ramène quelques années derrières, au temps du bahut, où de beaux gosses, beau parleur et bien foutu, vous piquer toutes les minettes potables...

Jon Gunn semble faire partie de cette catégorie. Raison suffisante pour passer à autre chose.

DISCOGRAPHIE :

_ 1967 : I Just Made Up My Mind/Now It's My Turn (SP Deram DM 133)

_ 1967 : If You Wish It/I Don't Want To Get Hung Up On You Babe (SP Deram DM 166)

LIEN :

If You Wish It

Gustafson Johnny

Preuve est-elle que le vivier anglais n'est toujours point épuisé! Prenons l'exemple de Johnny Gustafson. Bien avant de fricoter avec les neuroaseptiques Quatermass, le John en question a pas mal bourlingué sa carcasse sur la scène merseybeat, traversant la manche pour se produire en Allemagne à la recherche d’un certain public. Deux singles plus tard sur Polydor, et devant l’échec retentissant de ses productions, Johnny Gustafson rejoint les Big Three, puis les Merseybeats avec qui il connaitra enfin la reconnaissance.

De ses deux singles, sortis tous deux en 65, il ne reste rien. Aucune trace sur les compils, même les plus recommandables, ni sur les plateformes du net. Autant vous dire qu’on n’a pas pu dénicher le moindre extrait de ce bassiste, et qu’un appel est lancé ! D’avance merci !

DISCOGRAPHIE :

_ 1965 : Just To Be With You/Sweet Day (SP Polydor 56022)

_ 1965 : Take Me For A Little While/Make Me Your Number One (SP Polydor 56043)

20 juil. 2009

Factory, The

Quand on pense aux nombres de gens qu’on a laissé étaler leur vacuité à longueur, et qu’on tombe sur une petite merveille comme le Try A Little Sunshine de Factory…Un groupe qui a tout juste laissé deux singles à la postérité. Rarissimes comme il se doit. Qu’est-ce qu’il est chouette ce titre, cette invitation à la défonce (sunshine étant le nom de code de l’acide). En vrac, vous avez une guitare qui insiste pour vous faire des trucs, entre deux accords plombés, à des effets sonores qui installent bien l’ambiance, et à une mélodie/méduse qui s’installe dans le système cérébral avec la ferme intention d’y rester longtemps. Et puis c’est chanté superbement, pas ânonné, pas braillé, CHANTE. Bonbon au goût de sucre, dissimulant des intentions trippantes. Totalement déloyal et irrésistible.

Laurent M.

PERSONNEL :

Ian Oates (guitare), Jack Brand (chant, basse) et Bill McLeod (batterie)

DISCOGRAPHIE :

_ 1968 : Path Through A Forest/Gone (SP MGM 1444 / Côte : 600Euro)

_ 1968 : Try A Little Sunshine/Red Chalk Hill (SP CBS 4540 / Côte : 800Euro)

LIEN :

Try A Little Sunshine

Factotums, The

Si Manchester a pu apparaître comme l’un des foyers les plus excitants de la scène beat anglaise, ce n’est sans doute pas grâce au talent contestable des Factotums. Ces gentils garçons bien fringués pour l’époque troussaient alors une pop sans prétention, mais sans envergure. Quelques titres glanés ici et là sur les dispensables compils’ Ripples, qui mènent le bon goût jusqu’à écœurement, suffisent pour appréhender leur musique.

Une pop bubblegum baignée dans des harmonies pour minettes des beaux quartiers, une rythmique disons mou du gland, bref on oubliera très vite ce combo. Six singles, tout de même, dont les deux premiers sur Immediate, comme quoi tout le monde fait des erreurs, les Factotums auront tout de même le mérite de traverser les sixties, s’éteignant en 69 après un dernier passage évitable sur CBS.

Ne nous reste qu’à imaginer la tronche des mods anglais pétés à la bière chaude devant cette inertie musicale. Rigolo finalement…

PERSONNEL :

Nidge Thomas (?), Jeff Lees (?), Ian Thornton (?) et Steve Knowles (?)

DISCOGRAPHIE :

_ 1965 : In My Lonely Room/Run In The Green And Tangerine Flaked Forest (SP Immediate IM 009)

_ 1966 : You're So Good To Me/Can't Go Home Anymore My Love (SP Immediate IM 022)

_ 1966 : Here Today/In My Room (SP Piccadilly 7N 35333)

_ 1966 : I Can't Give You Anything But Love/Absolutely Sweet Marie (SP Piccadilly 7N 35355)

_ 1967 : Cloudy/Easy Said, Easy Done (SP Pye 7N 17402)

_ 1969 : Mr. And Mrs. Regards/Driftwood (SP CBS 4140)

Fairfield Parlour

Supposons que votre groupe ne marche pas trop bien, vous pouvez essayer de vous relancer sous un autre nom. Sans trop changer votre style musical de base (sinon on va vous accuser de retourner votre veste). C’est ce qu’ont fait les gens de Kaleidoscope, fort estimable formation de pop Psyché, après avoir sorti deux disques aussi irritants qu’attachants. Bourrés de petites merveilles, quelque part entre les tubes accrocheurs des Bee Gees et un genre de Pink Floyd light. Marquant des essais, sans jamais les transformer. Donc, le nouveau départ s’est effectué sous le pseudo de Fairfield Parlour, en 1970.

Rien de vraiment révolutionnaire, une instrumentation un peu plus acoustique, des chansons à la joliesse très anglaise. Pas désagréable, avec des refrains accrocheurs. Simplement déphasé par rapport à son époque. On sent beaucoup de savoir-faire derrière tout cela, manque juste un peu de génie pour enflammer l’ensemble. C’est Elton John qui tient les claviers sur le second single, avec Graeme Edge (Moody Blues) à la batterie. À noter que dans l’intervalle, ils ont aussi enregistré un simple pour la promotion du second festival de l’Ile de Wight, sous le nom (imaginatif au possible) de I Luv Wight. L’album de Fairfield Parlour est assez rare. Le chroniqueur l’a croisé un jour dans un bac à soldes, mais comme il était jeune et ignorant, il a laissé passer. Quel crétin.

Laurent M.

PERSONNEL :

Peter Daltrey (chant, claviers), Eddie Pumer (chant, claviers, guitare), Steve Clarke (basse, flûte), Danny Bridgman (chant, batterie)

DISCOGRAPHIE :

ALBUM :

_ 1970 : From Home To Home (LP Vertigo 6360 001 / Côte : 75Euro)

SINGLES :

_ 1970 : Bordeaux Rose/Chalk On The Wall (SP Vertigo 6059 003)

_ 1970 : Just Another Day/Caraminda/I Am All The Animals/Song For You (SP Vertigo 6059 009)

LIEN :

Bordeaux Rose

Fairies, The

Pink Fairies, Pretty Things, Tomorrow..........ont tous vu passer Twink (encore John Adler) derrière la batterie. Et hors le fait qu’il soit loin de trimballer une réputation de samaritain (voir la zizanie qu’il a semé chez les Pink Fairies, en revendant plusieurs fois les droits des chansons), il a débuté sa carrière chez les Fairies, groupe de Colchester. Beaucoup d’énergie, un rythme qui galope sur des schémas de guitare primaire. Et puis le chanteur est bien énervant, quand même. On comprend que l’ami Twink et son gros ego s’y soient vite sentis à l’étroit.

Laurent M.

PERSONNEL :

Twink (batterie), John Acutt (guitare), Mick Weaver (guitare), Nick Wymer (chant), Fred Gandy (basse)

DISCOGRAPHIE :

_ 1964 : Don't Think Twice, It's Alright/Anytime At All (SP Decca F 11943)

_ 1965 : Get Yourself Home/I'll Dance (SP HMV POP 1404 / Côte : 150Euro)

_ 1965 : Don't Mind/Baby Don't (SP HMV POP 1445 / Côte : 90Euro)

LIEN :

Get Yourself Home

Fairport Convention

Toujours difficile de s’attaquer à un monstre de l’envergure du Fairport Convention, tant ce dernier a empilé les perles de folk rock. Encore plus laborieux quand on sait l’histoire conflictuelle du groupe, les changements permanents au sein du personnel… Ian Matthews, Sandy Denny, deux des plus belles voix du folk anglais… Un conflit perpétuellement entretenu tout au long de la carrière de cette grande famille, qui a engendré une créativité subliminale, et ouvert bien des portes, défoncée bien des barrières. Un peu à la manière des Byrds…

Tout commence en 67 sous l’impulsion de Ian Matthews, très attaché alors à l’œuvre des groupes californiens. Ou comment combiner les spécificités du folk anglais à l’explosion du pop. Il s’entoure d’une ribambelle de musiciens rencontrés dans les milieux underground de Londres, qu’ils fréquenteront tout au long de cette année 67. L’UFO, le Middle Earth sont les lieux de prédilection du Fairport première mouture. Le combo s’exerce alors dans un folk rock aux harmonies vocales somptueuses, sur des arrangements pop d’une richesse harmonique sublime, mais complexe et progressif.

Repérées par le manager américain Joe Boyd, qui voit en lui les dignes héritiers des Byrds sur le sol anglais, les choses s’accélèrent très vite, et le groupe rentre dès 68 en studio réaliser son premier album. Sorti sur Polydor, Fairport est un petit bijou de folk rock, qui se déguste au fil des écoutes, foisonnant d’idée mélodique et au final très éclectique. Sur des structures à l’apparence complexe du pop se pose la simplicité du folk anglais, savant bordel d’influences frisant avec les délires acides des groupes West Coast. La plupart des compositions sont signées Ian Matthews, mais l’on retrouve également des titres coécrits par Joni Mitchell, alors illustre inconnu.

Ce premier album présage d’une créativité débordante, ouvrant les vannes de la pop anglaise comme les Byrds l’ont fait sur le territoire de l’Oncle Sam. Il n’en sera rien, l’arrivée de Sandy Denny à la place de Judy Dyble la même année changera la donne. On pourrait être en mesure de le regretter, tant les possibilités exprimées sur Fairport furent grandioses. Mais on oubliera très rapidement cette sensation d’inachevée tant les albums suivants deviendront ces petites perles du folk anglais que l’on se repasse avec délectation.

What We Did On Hour Holidays, Unhalfbricking, Leige And Lief. Ou le triptyque Fairport-Sandy Denny, qui coïncidera avec le départ du génial Ian Matthews à la fin de l’enregistrement d’Unhalfbricking. Sandy y apporte toute la puissance et la beauté d’une voix résonnante éternellement, dans un répertoire certes plus traditionnel du folk, mais en combinant ingénieusement arrangement acoustique et délires électriques sur des schémas d’une simplicité touchante, ce qui contraste avec la complexité du travail d’Ian Matthews sur le premier album. Jusqu’au sublime Leige And Lief, les Fairport construisent un univers empli de nostalgie et de mélancolie, mais également d’espoir, voyageant au grès de leurs compositions sur les chemins de leurs ancêtres, à la recherche d’une innocence que ce bas monde ne connaît point.

Sandy quitte le navire en 1970, partant enrichir le combo de son petit ami Trevor Lucas, Fotheringay, pour des aventures tout aussi subliminales. Et laisse le soin au guitariste Richard Thompson de mener la barque à sa guise. Le dernier grand album du Fairport, Full House, emprunte alors ses influences au Pentangle de Renbourn, s’aventurant dans un folk médiéval de bonne tenue. Mais on n’y retrouve ni la magie enchanteresse de la voix de Sandy, ni la complexité harmonique d’un Ian Matthews. Duquel on vous conseille chaudement de redécouvrir ce premier album !

PERSONNEL :

Judy Dyble (Chant), Ian Matthews (chant), Simon Nicol (guitare, chant), Richard Thompson (guitare, chant), Ashley Hutchings (basse), Martin Lamble (batterie), Sandy Denny (chant), Dave Mattacks (batterie), Dave Swarbrick (chant), Dave Pegg (basse, chant)

DISCOGAPHIE :

ALBUMS :

_ 1968 : Fairport Convention (Label Polydor 583 035)

_ 1969 : What We Did On Our Holidays (Label Island ILPS 9092)

_ 1969 : Unhalfbricking (Label Island ILPS 9102)

_ 1969 : Leige And Lief (Label Island ILPS 9115)

_ 1970 : Full House (Label Island ILPS 9130)

SINGLES :

_ 1967 : If I Had A Ribbon Bow/If (Stomp) (Label Track 604.020)

_ 1968 : Meet On The Ledge/Throwaway Street Puzzle (Label Island WIP 6047)

_ 1969 : Si Tu Dois Partir/Genesis Hall (Label Island WIP 6064)

_ 1970 : Sir B. McKenzie's Daughter Lament/Now Be Thankful (Label Island WIP 6089)

_ 1970 : If (Stomp)/Chelsea Morning (Label Polydor 2058 014)

LIEN :

Fairytale, The

Une carrière éclaire ponctué par deux simples sur le label Decca en 1967, autant dire que les Fairytale n’auront pas marqué la pop anglaise. Pour autant, ce combo originaire de Warrington avait plus d’un tour dans sa poche, se démenant avec une certaine réussite à torcher des mini tubes pop qui se fredonnent agréablement.

Un premier simple réussi, dans l’ère ambiante de 67, où l’on appréciera particulièrement l’intro à l’orgue de Guess I Was Dreaming, petit collector aujourd’hui ! Le second 45T est le plus recherché par les amateurs du genre, petite pop psyché aérienne très agréable. L’intérêt suscité sur les plateformes du net ne vaut surtout que par les amoureux transits de l’orgue. Car il faut le reconnaître, on a entendu mieux. Au final, une gentille pop pour aristocrates en manque de sensation. Rien de plus.

PERSONNEL :

John Weston (guitare), Chaddy Penketh (basse), Mally Rabbit (orgue) et Billy Fagg (batterie)

DISCOGRAPHIE :

_ 1967 : Guess I Was Dreaming/Run And Hide (SP Decca F 12644)

_ 1967 : Lovely People/Listen To Mary Cry (SP Decca F 12665)

26 juin 2009

Faithfull Marianne

Il y a deux carrières distinctives chez Marianne : les années défonce et les années musique… À choisir j’aurais préféré chroniquer celles qui sonnent clair, mais elles ne cadrent pas à la démarche de Rave Up, à savoir tabler sur les 60’s. Et pourtant, elle avait une jolie voix quand elle était toute minette, la jupette à ras le frisou, et le sourire candide d’une petite fille à qui on avait promis un bonbon. Malheureusement, sa période Swinging London aura plus permis aux tabloïds de se gaver de ragots et autres grivoiseries bien réelles, qu’a faire le bonheur de la presse musicale (encore en gestation à l’époque, certes…). Ses plus belles chansons sont des reprises, il faut l’admettre, la demoiselle passait plus de temps à rouler qu’à écrire à l’époque… De sa rencontre avec les frères pétards naîtra son plus gros succès, As tears go by en 1964, poperie clean et bien pensante. Et comme tout le monde n’a pas le génie mesquin de Jagger, on oubliera assez vite le reste de sa discographie, dont la plupart offrent une naïveté mal feinte ou peu inspirée. Textes cucu la praline, arrangements mielleux et ronronnants, production poussive, tout est réuni pour vous décourager d’emblée ! Marianne chante à cette époque comme le faisait la Bardot, parce qu’elle était jolie et s’en donnait à cœur joie façon midinette, parce qu’elle attirait les lumières et les dingos un peu aussi, parce qu’elle n’avait rien de mieux à faire sûrement.

Après sa grosse désintox à la fin des 70’s, Marianne émerge du brouillard et sort Broken English, une œuvre pure et sans artifices en ces années d’âneries disco et de goujateries punk. Il aura fallu 20 ans d’excès à la demoiselle pour devenir une dame, une grande dame. Moralité il me reste 15 ans de came dure pour devenir quelqu’un… courage mon grand, et rame plus fort !

Greg.

DISCOGRAPHIE :

ALBUMS :

_ 1965 : Come My Way (Label Decca LK 4688)

_ 1965 : Marianne Faithfull (Label Decca LK 4689)

_ 1966 : North Country Maid ( Label Decca LK 4778)

_ 1967 : Love In A Mist (Label Decca LK/SLK 4854)

_ 1969 : World Of Marianne Faithfull (LabelDecca SPA 17)

EP'S :

_ 1964 : Greensleeves (Label Decca 457 094 - Pressage français)

_ 1965 : Marianne Faithfull (Label Decca DFE 8624)

_ 1965 : Come and Stay With Me (Label Decca 457 068 - Pressage français)

_ 1965 : Summer Nights (Label Decca 457 085 - Pressage français)

_ 1966 : A bientôt nous deux (Label Decca 457 094 - Pressage français)

_ 1966 : Yesterday (Label Decca 457 097 - Pressage français)

_ 1966 : Si demain (Label Decca 457 119 - Pressage français)

_ 1966 : Counting (Label Decca 457 125 - Pressage français)

_ 1967 : Hier ou Demain (Label Decca 457 139 - Pressage français)

SINGLES :

_ 1964 : As Tears Go By/Greensleeves (Label Decca F 11923)

_ 1964 : Blowin' In The Wind/The House Of The Rising Sun (Label Decca F 12007)

_ 1965 : Come And Stay With Me/What Have I Done Wrong? (Label Decca F 12075)

_ 1965 : This Little Bird/Morning Sun (Label Decca F 12162)

_ 1965 : Summer Nights/The Sha La La Song (Label Decca F 12193)

_ 1965 : Yesterday/Oh Look Around You (Label Decca F 12268)

_ 1966 : Tomorrow's Calling/That's Right Baby (Label Decca F 12408)

_ 1966 : Counting/I'd Like To Dial Your Number (Label Decca F 12443)

_ 1967 : Is This What I Get For Loving You?/Tomorrow's Calling (Label Decca F 12524)

_ 1969 : Something Better/Sister Morphine (Label Decca F 12889)

LIEN :

As Tears Go By

Falling Leaves

Originaire d’Oxford, The Falling Leaves connut une brève carrière, ponctué par deux singles entre 64 et 66, qui sont d’honnêtes collectors en matière de pop anglaise. Leurs plus jolis faits d’armes ? Assurément, leur victoire lors d’un Ready, Steady, Go ! de 1964 en tant que « meilleur groupe inconnu »… Tout un programme.

Leur plus belle réussite reste le morceau Beggar’s parade, que l’on retrouve sur le sixième volume des Rubble anglais. Gentille ballade bien arrangée par une production riche, dominée par l’utilisation d’un orgue qui donne toute la saveur à ce morceau qui aura tout de même du mal à résister à l’érosion du temps.

PERSONNEL :

Rod Stephens (chant), Will Patrick (guitare), Mal West (basse), Larry Nedel (batterie) et Neil Stanley (orgue)

DISCOGRAPHIE :

_ 1964 : She Loves To Be Loved/Not Guilty (SP Parlophone R 5233)

_ 1966 : Beggar's Parade/Tomorrow Night (SP Decca F 12420)

Fame Georgie

Une carrière auréolée de succès, une discographie pléthorique, un talent d’organiste doublée d’une voix douce et sensuelle, et un savant compromis entre la variétoche populaire et l’intégrité bluesy. Georgie a vendu des tonnes de disques à travers le monde, suscité l’admiration de ses compères, traversant les décennies, même celle des disertes mélomanes, avec une réussite certaine. Ou la preuve que l’on peut faire de la bonne musique tout en étant populaire. Si si…

Originaire du Lancashire, proche de Manchester, c’est dans la douceur grisâtre de ces villes industrielles que Georgie, de son vrai nom Clive Powell, apprend très tôt à jouer du piano. C’est en montant à Londres avec ses parents que la carrière de Georgie décolle. Ses influences vont alors de Fats Domino à Ray Charles, et après quelques prestations scéniques, il est repéré par Larry Parnes qui le prend sous son aile.

L’intégrant au combo de rythm&blues des Blue Flames, qui deviendront par la suite Georgie Fame & The Blue Flames, Georgie acquit une solide réputation des planches, et prend la tête du groupe à la fin de l’année 61. Les Blue Flames intègrent alors aux influences bluesy celles du jazz et du rock&roll, décrochant hit sur hit (Yeh Yeh, Getaway), avant de percer mondialement avec leur version cabaret de Bonnie & Clyde qui sera un énorme succès aux États-Unis. Georgie quitte les Blue Flames sur cet énorme succès et s’en va poursuivre une carrière solo, s’accompagnant de personnalités telles que Mitch Mitchell, ou encore John McLaughlin, avec une certaine réussite commerciale.

Peu de déchets dans sa discographie, mais on préférera toujours dans ces pages la voix caverneuse d’un Chris Farlowe. Simplement parce qu’elle nous procure plus d’émotions que la perfection de l’œuvre de Georgie.

DISCOGRAPHIE :

Ici

LIEN :

Yeh Yeh

9 juin 2009

Family

  • Family est ce qu’on pourrait appeler un « gros dossier » comme Deep Purple ou Jethro Tull, il faudrait voir à pas bâcler le travail !! C’est un groupe parmi les précurseurs anglais qui ouvre son blues rock à d’autres styles pour en faire un melt soyeux et cassant à la fois. Sa touche de jazz, de pop, de folk élève Family au rang des groupes géniaux à ne pas négliger ! Et je n’ai pas mis longtemps à m’en rendre compte ! Alors ne faites pas l’erreur de passer à coté de ce groupe fantasque et créatif.
  • Le groupe est fondé dès 1962 sous un nom de guerre sans originalité à l’époque, The Farinas (non, pas The Fajitas…) et devient Family en 1966, soi-disant en référence à la mafia à cause de leur style vestimentaire, quand Kim Fowley les découvre. Le groupe est alors composé de son ossature historique, à savoir Roger Chapman au chant, Ric Grech au violon et à la basse, Jim King au saxo et à l’harmonica, John Whitney à la gratte et aux claviers, et 1967 voit l’arrivée de Rob Townsend aux fûts.
  • Après le succès mitigé de leur premier single Scene Through The Eye Of A Lens/Gypsy Woman, le groupe s’attache à la réalisation d’un album qui sortira au début de l’année 1968, Music in a dolls house, qui reste un de leur plus créatif. Produit par Dave Mason et sorti sur Reprise, il rappelle parfois assez fortement le premier album éponyme de Traffic, patte de Mason oblige ; cet album qui oscille entre psychédélisme soft, blues rock tendu et pop progressive va lancer le groupe sur les traces des Pink Floyd, Nice ou Move, et Family devient une attraction de la scène londonienne. La voix éraillée de Chapman, qui en rebutera plus d’un (quel dommage), leurs prestations scéniques agressives deviennent leur marque de fabrique.
  • Leur second album, Family entertainment sort l’année suivante : le virage progressif est amorcé, le producteur a changé, et même si personne n’a abandonné le navire coté musicos, l’évolution est perceptible, mais le résultat est loin d’être décevant, au contraire. L’album ouvre avec The weaver’s answer, pièce multi-ambiance progressive à la Jethro Tull où se bagarrent saxo, violon et guitare entre électricité furibarde et langueur acoustique. Le reste de l’album est totalement représentatif de la musique de Family, ondoyant de pop en blues rock, tantôt une rythmique entêtante, tantôt une mélodie envoûtante… un album à soigner !
  • 1969, King est débarqué et Grech a rejoint Clapton/Winwood/Baker pour former l’éphémère Blind Faith, mais Weider fait des merveilles au violon et Palmer à la flûte ! C’est la nouvelle formation qui va tenter de gagner le cœur des ricains, en tournant des mois durant aux US en 1970, alors que leur première incartade début 1969 a été un fiasco. Leur troisième opus intitulé A song for you qui sort début 1970 sera leur meilleure vente, en Angleterre surtout. Le groupe a pris son destin en main en produisant l’album, et globalement il est très réussi ; toujours marqué par cette diversité de style, entre une pop/folk acoustique évoquant le John Barleycorn de Traffic, ou certains morceaux blues rock aux riffs typiquement zeppeliniens, comme le morceau de clôture A song for me, et cela même si Whitney n’est pas Page…À la fin 1970 sort un album qui mélange prises live et nouveaux morceaux intitulé Anyway. Surfant sur les bonnes ventes du précédent, Anyway connaît un certain succès mais annonce surtout le déclin du groupe, qui peine désormais à renouveler sa musique. Malgré cela, cet album reste plaisant, mais Weider va quitter à son tour le groupe, qui va finir par perdre le fil d’Ariane alors que déferle la nouvelle vague prog. Quoi qu’il en soit, Family a déjà écrit une des plus belle page de la naissance du rock progressif anglais de la fin de la décennie, le reste devenant anecdotique alors que les groupes qu’ils ont en parti inspirés vont cartonner…
Greg.
  1. Personnel :
Roger Chapman (Chant, harmonica, saxophone tenor, percussions), John "Charlie" Whitney (Guitare, sitar, claviers), Rob Townsend (Batterie, percussions), Rick Grech (Basse, violon, violoncelle, chant), Jim King (Saxophones, harmonica, flûte, piano, chant), Harry Overnall (Batterie, percussions), John Weider (Basse, guitare, violon), John "Poli" Palmer (Claviers, flûte, vibraphone, synthétiseurs)
  1. Discographie :
LPs:
  1. _1968 : Music in a Doll's House (Label Reprise R(S)LP 6312)
  2. _ 1969 : Family Entertainment (Label Reprise R(S)LP 6340)
  3. _ 1970 : A Song for Me (Label Reprise RSLP 9001)
  4. _ 1970 : Anyway (Label Reprise RSX 9005)
SPs :
  1. _ 1967 : Scene Through The Eye Of A Lens / Gypsy Woman (LabelLiberty LBF 15031)
  2. _ 1968 : Me My Friend / Hey Mr. Policeman (Label RepriseRS 23270)
  3. _ 1968 : Second Generation Woman / Hometown (LabelReprise RS 23315)
  4. _ 1969 : No Mule's Fool / Friend Of Mine (Label Reprise RS 27001)
  5. _ 1970 : Today / Song For Lots (LabelReprise RS 27005)
  6. _ 1970 : Strange Band / The Weaver's Answer (remix) / Hung Up Down (remix) (Label
Reprise RS 27009)
  • LIEN :
Myspace

Family Affair

Combo à connotation hispanique, auteur d’un unique album sur le label Saga, assez difficile à dénicher, et entre nous dispensable, de tendance pop aux guitares hawaïennes, avec une pincée de beat bien british. Il semblerait que le groupe sévissait déjà en Espagne avant l’apparition de cet opus de 68, qui résulterait d’un passage sur les terres anglos saxonnes. On n’en sait pas plus. Notons néanmoins quelques véritables réussites, comme ce sympathique World Of Sunshine dans lequel swinguent les notes d’un orgue particulièrement affuté, sur une structure des plus pop.

Au final, une curiosité qui se laisse écouter, sans surprise, sucrée, mais jamais diabétique !

  1. PERSONNEL :
Linda Cream (chant), Annie Keefer(basse, chant), Hermon Fernando (orgue), Hebert Fernando (batterie)
  1. DISCOGRAPHIE :
_ 1968 : LP Family Affair (Label Saga 2124)
  1. LIEN :
Myspace

Family Dogg

Note importante aux chineurs du dimanche ! Attention grosse arnaque en vue ! Ne pas se fier à la pochette du 45t qui fera le succès du groupe, et pavoiser les midinettes anglaises. On est en présence ici de la plus écœurante des pop, sucrée nauséabond, aux arrangements en grandes pompes dignes d’une émission de Noël, aux harmonies vocales pour mamies quinquagénaires en mal d’émotion disons… hormonales !

Fabriqué de toutes pièces par une industrie du disque aux aguets de la moindre planche a billets, et né de la rencontre entre deux chanteurs britanniques de groupes espagnols (Albert Hammond de Los Flaps, et Steve Rowland des Diamond Boys), ou comment ne pas mélanger la marmelade sucrée à la paëlla épicée, fin de citation culinaire, les Family Dogg représentent tout ce qu’il y a de plus répugnant dans le business de la musique. Un album en 1969, une poignée de single dont la fameuse guimauve A Way Of Life (tout un programme !) qui se classera à la 6ème place des charts, et l’arnaque qui s’écroule finalement en 1972 à la suite d’un second opus qui ne trompera plus personne.

L’honneur est sauf. Enfin, allez le dire aux deux compères du Led Zep’, Bonham et Jones, qui participèrent à quelques séances d’enregistrements de cette ignominie pop !

  1. PERSONNEL :
Albert Hammond (guitare, chant), Christine Holmes (chant) et Steve Rowland (chant)
  1. DISCOGRAPHIE :
  2. ALBUM :
_ 1969 : A Way Of Life (Label Bell SBLL 122)
  1. SINGLES :
  1. _ 1967 : Family Dogg/Storm (Label MGM 1360)
  2. _ 1968 : I Wear A Silly Grin/Couldn't Help It (Label Fontana TF 921)
  3. _ 1968 : Brown-Eyed Girl/Let It Rain (Label Fontana TF 968)
  4. _ 1969 : A Way Of Life/Throw It Away (Label Bell BLL 1055)
  5. _ 1969 : Arizona/House In The Heather (Label Bell BLL 1077)
  6. _ 1970 : When Tomorrow Comes Today/This Unhappy Heart Of Mine (Label Bell BLL 1100)
  1. LIEN :
A Way Of Life

Famous Jug Band

Soyons honnêtes de suite, les Famous Jug Band ne font pas partie du gratin du folk anglais, et ce, pour au moins deux raisons. La première, la plus évidente, tient au faite que le groupe n’a jamais sorti LA chanson, de celle qui vous fait fantasmer et vous pousse à reposer l’aiguille du diamant sur les mêmes sillons une quantité de fois non négligeable. La seconde, en corrélation avec la première, est que les Famous Jug Band sont un chouette groupe folk, de bons élèves en somme, mais ne parvenant jamais à s’immiscer dans les abymes de la pureté. Techniquement, pas grand-chose à redire, le groupe parvenant à varier les atmosphères, entre folk rock, bluegrass et arrangements traditionnels vaguement acides. Mais à l’écoute de leurs deux opus, point de sublimation, des harmonies vocales agréables qui ne parviennent cependant pas à décoller. Dommage serait on tenté de dire.

Le groupe se forme en 1967, sous l’impulsion de Clive Palmer (membre originel de l’Incredible String Band) et d’Henry Bartlett, qui ont une vision toute particulière du folk, s’engageant alors dans des reprises théâtrales où l’ironie fait bon ménage. S’entourant de la superbe voix de Jill Johnson et du chanteur guitariste Pete Berryman, les Famous Jug Band produisent alors un folk traditionnel, inspiré du blues et de la musique acoustique. Un premier album voit le jour en 1969, Sunshine Possibilities, qui n’a certes rien d’original, mais qui laisse entrevoir un fort potentiel. On retiendra surtout The Main Thing, et son jeu de corde empli de mélancolie.

Un an plus tard, le groupe compose son second album, toujours sans artifice, au plus proche du folk naturel. Chameleon sort en 1970, où l’on retrouve les composantes du premier, mais la richesse des harmonies en moins. Album plus fade, faiblesse des compositions ne mettant pas assez en avant les possibilités de Jill, Chameleon se laisse moins facilement digérer, et sur la longue ennuie passablement. Le groupe se séparera quelques mois plus tard dans une douce indifférence.

Quelques quarante années plus tard, l’écoute de ces deux galettes ne revête qu’un caractère historique d’une scène folk anglaise alors proche de ses racines, mais n’hésitant pas à s’ouvrir aux frontières du pop. Avec plus ou moins de réussite. En attendant, la découverte d’un groupe comme Pierre de Grenoble (préMalicorne), aux arrangements travaillés et aux compositions originales, ranimera notre petite flamme folky, avec un certain chauvinisme avoué (et toc, dans la face des britons !... Depuis le temps que je voulais la placer celle-là !)

PERSONNEL :

Jill Johnson (chant, guitare), Clive Palmer (chant, guitare), Pete Berryman (chant, guitare) et Henry Bartlett (chant, percussions)

DISCOGRAPHIE :

ALBUMS :

_ 1969 : Sunshine Possibilities (Label Liberty LBS 83263)

_ 1970 : Chameleon (Label Liberty LBS 83355)

SINGLE :

_ 1969 : The Only Friend I Own/A Leaf Must Fall (Label Liberty LBF 15224)

LIEN :

The Main Thing