26 juin 2009

Faithfull Marianne

En attente de notre chroniqueur Greg.

Falling Leaves

Originaire d’Oxford, The Falling Leaves connut une brève carrière, ponctué par deux singles entre 64 et 66, qui sont d’honnêtes collectors en matière de pop anglaise. Leurs plus jolis faits d’armes ? Assurément, leur victoire lors d’un Ready, Steady, Go ! de 1964 en tant que « meilleur groupe inconnu »… Tout un programme.

Leur plus belle réussite reste le morceau Beggar’s parade, que l’on retrouve sur le sixième volume des Rubble anglais. Gentille ballade bien arrangée par une production riche, dominée par l’utilisation d’un orgue qui donne toute la saveur à ce morceau qui aura tout de même du mal à résister à l’érosion du temps.

PERSONNEL :

Rod Stephens (chant), Will Patrick (guitare), Mal West (basse), Larry Nedel (batterie) et Neil Stanley (orgue)

DISCOGRAPHIE :

_ 1964 : She Loves To Be Loved/Not Guilty (SP Parlophone R 5233)

_ 1966 : Beggar's Parade/Tomorrow Night (SP Decca F 12420)

Fame Georgie

Une carrière auréolée de succès, une discographie pléthorique, un talent d’organiste doublée d’une voix douce et sensuelle, et un savant compromis entre la variétoche populaire et l’intégrité bluesy. Georgie a vendu des tonnes de disques à travers le monde, suscité l’admiration de ses compères, traversant les décennies, même celle des disertes mélomanes, avec une réussite certaine. Ou la preuve que l’on peut faire de la bonne musique tout en étant populaire. Si si…

Originaire du Lancashire, proche de Manchester, c’est dans la douceur grisâtre de ces villes industrielles que Georgie, de son vrai nom Clive Powell, apprend très tôt à jouer du piano. C’est en montant à Londres avec ses parents que la carrière de Georgie décolle. Ses influences vont alors de Fats Domino à Ray Charles, et après quelques prestations scéniques, il est repéré par Larry Parnes qui le prend sous son aile.

L’intégrant au combo de rythm&blues des Blue Flames, qui deviendront par la suite Georgie Fame & The Blue Flames, Georgie acquit une solide réputation des planches, et prend la tête du groupe à la fin de l’année 61. Les Blue Flames intègrent alors aux influences bluesy celles du jazz et du rock&roll, décrochant hit sur hit (Yeh Yeh, Getaway), avant de percer mondialement avec leur version cabaret de Bonnie & Clyde qui sera un énorme succès aux États-Unis. Georgie quitte les Blue Flames sur cet énorme succès et s’en va poursuivre une carrière solo, s’accompagnant de personnalités telles que Mitch Mitchell, ou encore John McLaughlin, avec une certaine réussite commerciale.

Peu de déchets dans sa discographie, mais on préférera toujours dans ces pages la voix caverneuse d’un Chris Farlowe. Simplement parce qu’elle nous procure plus d’émotions que la perfection de l’œuvre de Georgie.

DISCOGRAPHIE :

Ici

LIEN :

Yeh Yeh

9 juin 2009

Family

En attente de notre chroniqueur Greg.

Family Affair

Combo à connotation hispanique, auteur d’un unique album sur le label Saga, assez difficile à dénicher, et entre nous dispensable, de tendance pop aux guitares hawaïennes, avec une pincée de beat bien british. Il semblerait que le groupe sévissait déjà en Espagne avant l’apparition de cet opus de 68, qui résulterait d’un passage sur les terres anglos saxonnes. On n’en sait pas plus. Notons néanmoins quelques véritables réussites, comme ce sympathique World Of Sunshine dans lequel swinguent les notes d’un orgue particulièrement affuté, sur une structure des plus pop.

Au final, une curiosité qui se laisse écouter, sans surprise, sucrée, mais jamais diabétique !

  1. PERSONNEL :
Linda Cream (chant), Annie Keefer(basse, chant), Hermon Fernando (orgue), Hebert Fernando (batterie)
  1. DISCOGRAPHIE :
_ 1968 : LP Family Affair (Label Saga 2124)
  1. LIEN :
Myspace

Family Dogg

Note importante aux chineurs du dimanche ! Attention grosse arnaque en vue ! Ne pas se fier à la pochette du 45t qui fera le succès du groupe, et pavoiser les midinettes anglaises. On est en présence ici de la plus écœurante des pop, sucrée nauséabond, aux arrangements en grandes pompes dignes d’une émission de Noël, aux harmonies vocales pour mamies quinquagénaires en mal d’émotion disons… hormonales !

Fabriqué de toutes pièces par une industrie du disque aux aguets de la moindre planche a billets, et né de la rencontre entre deux chanteurs britanniques de groupes espagnols (Albert Hammond de Los Flaps, et Steve Rowland des Diamond Boys), ou comment ne pas mélanger la marmelade sucrée à la paëlla épicée, fin de citation culinaire, les Family Dogg représentent tout ce qu’il y a de plus répugnant dans le business de la musique. Un album en 1969, une poignée de single dont la fameuse guimauve A Way Of Life (tout un programme !) qui se classera à la 6ème place des charts, et l’arnaque qui s’écroule finalement en 1972 à la suite d’un second opus qui ne trompera plus personne.

L’honneur est sauf. Enfin, allez le dire aux deux compères du Led Zep’, Bonham et Jones, qui participèrent à quelques séances d’enregistrements de cette ignominie pop !

  1. PERSONNEL :
Albert Hammond (guitare, chant), Christine Holmes (chant) et Steve Rowland (chant)
  1. DISCOGRAPHIE :
  2. ALBUM :
_ 1969 : A Way Of Life (Label Bell SBLL 122)
  1. SINGLES :
  1. _ 1967 : Family Dogg/Storm (Label MGM 1360)
  2. _ 1968 : I Wear A Silly Grin/Couldn't Help It (Label Fontana TF 921)
  3. _ 1968 : Brown-Eyed Girl/Let It Rain (Label Fontana TF 968)
  4. _ 1969 : A Way Of Life/Throw It Away (Label Bell BLL 1055)
  5. _ 1969 : Arizona/House In The Heather (Label Bell BLL 1077)
  6. _ 1970 : When Tomorrow Comes Today/This Unhappy Heart Of Mine (Label Bell BLL 1100)
  1. LIEN :
A Way Of Life

Famous Jug Band

Soyons honnêtes de suite, les Famous Jug Band ne font pas partie du gratin du folk anglais, et ce, pour au moins deux raisons. La première, la plus évidente, tient au faite que le groupe n’a jamais sorti LA chanson, de celle qui vous fait fantasmer et vous pousse à reposer l’aiguille du diamant sur les mêmes sillons une quantité de fois non négligeable. La seconde, en corrélation avec la première, est que les Famous Jug Band sont un chouette groupe folk, de bons élèves en somme, mais ne parvenant jamais à s’immiscer dans les abymes de la pureté. Techniquement, pas grand-chose à redire, le groupe parvenant à varier les atmosphères, entre folk rock, bluegrass et arrangements traditionnels vaguement acides. Mais à l’écoute de leurs deux opus, point de sublimation, des harmonies vocales agréables qui ne parviennent cependant pas à décoller. Dommage serait on tenté de dire.

Le groupe se forme en 1967, sous l’impulsion de Clive Palmer (membre originel de l’Incredible String Band) et d’Henry Bartlett, qui ont une vision toute particulière du folk, s’engageant alors dans des reprises théâtrales où l’ironie fait bon ménage. S’entourant de la superbe voix de Jill Johnson et du chanteur guitariste Pete Berryman, les Famous Jug Band produisent alors un folk traditionnel, inspiré du blues et de la musique acoustique. Un premier album voit le jour en 1969, Sunshine Possibilities, qui n’a certes rien d’original, mais qui laisse entrevoir un fort potentiel. On retiendra surtout The Main Thing, et son jeu de corde empli de mélancolie.

Un an plus tard, le groupe compose son second album, toujours sans artifice, au plus proche du folk naturel. Chameleon sort en 1970, où l’on retrouve les composantes du premier, mais la richesse des harmonies en moins. Album plus fade, faiblesse des compositions ne mettant pas assez en avant les possibilités de Jill, Chameleon se laisse moins facilement digérer, et sur la longue ennuie passablement. Le groupe se séparera quelques mois plus tard dans une douce indifférence.

Quelques quarante années plus tard, l’écoute de ces deux galettes ne revête qu’un caractère historique d’une scène folk anglaise alors proche de ses racines, mais n’hésitant pas à s’ouvrir aux frontières du pop. Avec plus ou moins de réussite. En attendant, la découverte d’un groupe comme Pierre de Grenoble (préMalicorne), aux arrangements travaillés et aux compositions originales, ranimera notre petite flamme folky, avec un certain chauvinisme avoué (et toc, dans la face des britons !... Depuis le temps que je voulais la placer celle-là !)

PERSONNEL :

Jill Johnson (chant, guitare), Clive Palmer (chant, guitare), Pete Berryman (chant, guitare) et Henry Bartlett (chant, percussions)

DISCOGRAPHIE :

ALBUMS :

_ 1969 : Sunshine Possibilities (Label Liberty LBS 83263)

_ 1970 : Chameleon (Label Liberty LBS 83355)

SINGLE :

_ 1969 : The Only Friend I Own/A Leaf Must Fall (Label Liberty LBF 15224)

LIEN :

The Main Thing

Fardon Don (& The Soul Machine)

Lorsque l’on a été le chanteur des fulgurants, mais explosifs Sorrows, déjà on en impose. Que l’on est établi derrière une somptueuse carrière solo, distillant des pépites pop à la face d’une Angleterre conservatrice, respect. Mais quand en plus on est capable d’écrire et de hurler de tels hymnes comme Belfast Boy, en conservant suffisamment de dignité, alors, il vous reste plus qu’une chose à faire. Ranger sa gratte, ses compos d’ado tourmenté, partir à la recherche des singles du monsieur, s’enfiler quelques Jack Daniel’s pour la voix, et psalmodier ce hurleur fou sous la douche !

OK, Belfast Boy est sorti à la gloire de George Best en 1972, et dépasse notre espace-temps. OK OK revenons à nos moutons. En 1966, les Sorrows obtiennent un hit mérité avec leur Take A HeartIndian Reservation, blues d’un certain John Loudermilk sorti des catacombes, qui donnera le nom à l’album, fait un carton dans le monde entier, même en France. Tout, sauf en Angleterre où incroyablement le single ne décolle pas. dévastateur. Les contrats se multiplient, les gigs aussi, la poule aux œufs d’or est pressée de toute part, et finalement doit les emmener le long d’une tournée marathon en Italie. Las de ces considérations du showbiz, Don Fardon laisse partir le groupe se faire oublier aux pays des spaghettis, et croit en un revival du rock & roll pur et dur. Il retrouve alors Miki Dallon, producteur des débuts, et travaille sur un projet solo qui sortira en 68. Le simple

Entouré d’un groupe au groove impeccable, Don donne alors une leçon de chant à toutes ces mignardises pop dont l’Angleterre portera en triomphe (on pense notamment à Dave Dee et son groupe ridicule) cette même année 67. Sorti d’une caverne au doux relent du malt, Fardon pose ses textes avec une incroyable retenue tout en se permettant quelques écarts frissonnants, mais maitrisés à la perfection. Si le succès commercial n’est pas au rendez-vous, les concerts donnés par son Soul Machine acquièrent une réputation de feu.

Le simple Indian Reservation ressort l’année suivante au Royaume-Uni qui redécouvre alors cette petite perle, ce qui permet au groupe de continuer à enregistrer, et à creuser dans une soul électrique. Son troisième simple, Good’ Lovin, démontre un groupe qui swingue dans tous les sens, la voix de Don Fardon en contrepoint. Sunshine Woman, face B du single français, est une très belle pop dominée par une ligne de basse hypnotique et sautillante. S’en suivra deux albums en 1970 sur le label Youngblood, inconstant certes, mais où la voix de Don s’époumone encore à merveille.

Puis viendra finalement la consécration en 1972 d’une Angleterre avide de ses héros footballistiques, on y revient, avec ce Belfast Boy technoïde avec comme seul rattachement cette voix si chaude qui vous enlace de ses raclements. Franchement pas grand-chose à jeter. On vous aura prévenu !

DISCOGRAPHIE :

ALBUMS :

_ 1968 : Lament Of The Cherokee Indian (Label GNP 2044)

_ 1970 : I've Paid My Dues (Label Youngblood SYB 4)

_ 1970 : Released (Label Youngblood SSYB 13)

EP's:

_ 1967 : The Letter (Label Vogue EPL 8583 Pressage Français / Côte : 50Euro)

SINGLES :

_ 1967 : (The Lament Of The Cherokee) Indian Reservation/Dreamin' Room (Label Pye International 7N 25437)

_ 1967 : The letter / Day Tripper (Label Vogue, pressage français)

_ 1968 : Treat Her Right / Goodbye (Label Hit On HT 300157)

_ 1969 : We Can Make It Together/Coming On Strong (Label Pye International 7N 25483)

_ 1969 : Good Lovin'/Ruby's Picture On My Wall (Label Pye International 7N 25486)

_ 1969 : I'm Alive / Keep on Loving Me (Label Youngblood YB 1003)

LIEN

Sunshine Woman

Farlowe Chris

Capable de reléguer Joe Cocker au rang de petit chanteur à la croix de bois, Out Of Time résonnant dans les oreilles de votre rédacteur, Chris Farlowe est de ceux qui ont connu les joies du succès, le grand public, la presse à ses pieds, sans perdre une once d'intégrité ! S'engonçant tout au long de sa carrière dans un R & B brûlant encore de ses cendres, de ceux capables de reprendre n'importe quelle pépite pour se l'accaparer et en rendre une copie encore plus personnelle, envoutante, en la dynamisant de son coffre caverneux et frissonnant d'une flamme éternelle.

Né le 13 octobre 1940 dans la banlieue de Londres, à Islington, de son vrai nom John Henry Deighton, Chris Farlowe débute à la fin des années 50 dans plusieurs combos de skiffle, avant de faire la rencontre du guitariste Bob Taylor et des Thunderbirds. Ces derniers pratiquent alors un R & B qui swingue à mort, à la réputation sans faille dans les pubs de la capitale. Chris apporte au groupe son timbre de voix proche des grands bluesmen, si bien que nombre d'anglais n'ayant jamais vu le combo sur scène le croit black ! Sa voix grave et chaloupée s'acoquine merveilleusement bien à la musique des Thunderbirds, permettant au groupe de travailler et d'improviser autour des syncopées de son chanteur. Un album (1966) et 5 singles plus tard pour le label Columbia, sans connaître le succès mérité, Chris Farlowe est repéré par le génial Andrew Loog Oldham qui le fait signer sur son label Immediate.

Producteur de génie, Andrew va lui signer ses plus belles perles, qu'il enchainera tout au long de ses quatre années passées (1965-69) en compagnie de musiciens comme Dave Greenslade, Albert Lee ou encore Carl Palmer. De ses 11 singles sortis sur le label Immediate, Out Of Time s'impose d'entrée comme ce petit chef-d'oeuvre intemporel, qui gravitera rapidement à la première place des charts. Mais il serait absurde de réduire le talent de Chris à cette splendeur du R & B anglais. Et inconscient de passer à côté d' Handbags And Gladrags, une merveille de mélancolie contrebalancée par l'espoir porté par ce timbre si profond à redresser le poil des plus dures. Ou encore de ce Paint It Black de légende aux arrangements mirifiques, voix sans artifice, brute, reléguant les versions des Stones et des Animals dans les oubliettes. On passera sur les somptueux The Fool, Think ou autre In The Midnight Hour, pour vous recommander tous simplement l'acquisition indispensable de l'anthologie Immediate, qui en 2 cd, vous fera chavirer dans l'extase de cette voix grandiose.

Il n'existe malheureusement pas assez de superlatifs pour décrire cette montée organique que distille Chris Farlowe tout au long de ses sixties. Finalement, on perdra sa trace à la fin des années 60, mais Chris continuera dans la musique, s'occupant notamment de l'enregistrement de certains albums de Colosseum avant de prêter sa voix pour deux albums d'Atomic Rooster. Nous, on préfère rester au chaud, à s'écouter le box Immediate, la bouteille de whisky à ses cotés, nos pensées perdues dans cet orgiesque effluve de sensation.

DISCOGRAPHIE :

ALBUMS :

_ 1966 : Chris Farlowe & The Thunderbirds (Label Columbia SX 6034)

_ 1966 : 14 Things To Think About (Label Immediate IMLP 005)

_ 1966 : The Art of Chris Farlowe (Label Immediate IMLP 006)

_ 1968 : The Best Of Chris Farlowe (Label Immediate IMLP/IMCP 010)

_ 1969 : The Last Goodbye (Label Immediate IMLP 021)

_ 1970 : From Here To Mama Rosa (Label Polydor 2425 029)

EP'S:

_ 1965 : Chris Farlowe (Label Decca DFE 8665)

_ 1965 : In The Midnight Hour (Label Immediate IMEP 001)

_ 1966 : Stormy Monday (Label Island IEP 709)

_ 1966 : Chris Farlowe's Hits (Label Immediate IMEP 004)

SINGLES :

_ 1962 : Air Travel/Why Did You Break My Heart? (Label Decca F 11536)

_ 1963 : I Remember/Push Push (Label Columbia DB 7120)

_ 1964 : Girl Trouble/Itty Bitty Pieces (Label Columbia DB 7237)

_ 1964 : Just A Dream/What You Gonna Do? (Label Columbia DB 7311)

_ 1964 : Hey, Hey, Hey, Hey/Hound Dog (Label Columbia DB 7379)

_ 1965 : Buzz With The Fuzz/You're The One (Withdrawn)(Label Columbia DB 7614)

_ 1965 : The Fool/Treat Her Good (Label Immediate IM 016)

_ 1966 : Think/Don't Just Look At Me (Label Immediate IM 023)

_ 1966 : Out Of Time/Baby Make It Soon (Label Immediate IM 035)

_ 1966 : Just A Dream/Hey, Hey, Hey, Hey (Label Columbia DB 7983)

_ 1967 : Ride On Baby/Headlines (Label Immediate IM 038)

_ 1967 : My Way Of Giving/You're So Good To Me (Label Immediate IM 041)

_ 1967 : Yesterday's Papers/Life Is But Nothing (Label Immediate IM 049)

_ 1967 : Moanin'/What Have I Been Doing? (Label Immediate IM 056)

_ 1967 : Handbags And Gladrags/Everyone Makes A Mistake (Label Immediate IM 065)

_ 1968 : The Last Goodbye/Paperman Fly In The Sky (Label Immediate IM 066)

_ 1968 : Paint It Black/I Just Need Your Lovin' (Label Immediate IM 071)

_ 1969 : Dawn/April Was The Month (Label Immediate IM 074)

LIEN :

With The Thunderbirds

Out Of Time

19 mai 2009

Farr Gary (and The T-Bones)

Doté d'une tronche de blondinet à faire tomber n'importe quelle groupie en rade de sensation, fils d'un boxeur qui connut ses heures de gloire dans les années 30 (Tommy Farr), Gary Farr ne pouvait pas être un honnête citoyen anglais, bossant dur pour le bien être de nos chères têtes pensantes. Non, Gary Farr fait partie de cette espèce que la grâce touche dès le berceau, aidé en cela par un contexte familial perturbé dans son déroulement traditionnel normalisé.

De la boxe, il n'héritera sans doute que très peu de choses. Son truc à lui, c'est la musique, qu'il partage avec les disques de son frangin, Ricky, que l'on retrouvera chargé de la promotion du premier festival de Wight. Qui plus est, la nature lui a confié une de ces voix qui voyage au travers des notes électriques, suspendant en vol ces déclamations d'idéal et ses rêves les plus intimes. Comme son père qui écumait les rings de boxe à travers tout le pays, Gary parcourt dès son plus jeune âge les pubs et autres clubs du Sussex, désireux de se faire remarquer par les orchestres d'alors.

C'est ainsi qu'il rejoint très tôt les T-Bones à la fin de l'année 1963. Le combo est alors un groupe de R&B en avance sur son temps, marchant sur les platebandes des Yardbirds et autres Stones naissants. Le timbre grave de Gary s'accommode idéalement à l'énergie déployée par le combo, et les premières prestations scéniques des T-Bones sont explosives. Giorgio Gomelsky ne s'y trompe pas, et dans la foulée du contrat liant les Yardbirds à Giorgio, ce dernier engage sous son autorité les T-Bones, désirant faire un énorme coup double.

Installé au Marquee Club, le groupe continue d'enflammer un public grandissant, mais pêche dans la composition et l'interprétation. Quelques singles plus tard, et une pochette historique (un EP français des T-Bones verra le jour en 65 avec en couverture une photo des Yardbirds !), la première mouture du groupe est disloquée, mettant fin au contrat les liant avec Gomelsky à la fin de l'année 65.

Toujours désireux de percer dans la musique, Gary reprend les choses en mains, et lors d'un de ses nombreux gigs, fait la rencontre de Keith Emerson et de Lee Jackson. Reformant de nouveaux T-Bones, le groupe s'affaire sur de nouvelles compositions, et continue de sillonner clubs et pubs. Faute de manager de la trempe de Gomelsky, c'est un nouvel échec. Fin 67, les T-Bones n'existent plus, et deviendront avec le temps l'une de ces légendes du R&B anglais.

Gary Farr insiste néanmoins, et parvient à dealer un contrat avec le label Marmalade. Délaissant alors le R&B pour une approche plus personnelle, Gary s'en va laisser libre cours à son imagination, combinant un folk progressif teinté de couleurs bluesy et empli de nostalgie. Le trip baba en bandoulière, il sort en compagnie de Kévin Westlake (ex Blossom Toes) un premier 45t en 69, Everyday/Green, puis un second la même année, Hey Daddy/The Vicar And The Pope. Revigoré par ces deux productions, Marmalade lui octroie une avance pour un album, Take Something With You, où on retrouve étrangement les deux faces B et aucune des deux faces A.

L'opus apparaît comme un savant mélange de folk et d'ambiances plus rock, duquel on se délecte de ses mélodies troussées d'imaginations et riches en arrangements. Du voyageur Don't know why you brother child à l'oriental Goodbye, qui ferme la parenthèse de cet album, on découvre un Gary Farr particulièrement inspiré, aux compositions savamment produites, aux textes lyriques et quasi mystiques (voire l'excellent Time Machine). Au final, une très belle réussite à laquelle on pourrait reprocher un brin de surenchère hippisante, mais qu'on oubliera bien vite par la beauté des compositions.

Fort de cette réussite artistique, Gary s'en ira par la suite explorer le grand ouest, partant aux États-Unis distillé son folk mystique, en compagnie notamment des membres du Mighty Baby, avec au compteur un somptueux album, Strange Fruit (1971), à la pochette si pure que les inquisiteurs de la pédophilie auraient de nos jours interdit la publication. La pureté n'étant pas une variante de notre époque pré mâchée et jouée d'avance. Mais c'est une autre histoire...

  1. DISCOGRAPHIE (avec les T-Bones) :
  2. EP :
  1. _ 1964 : Dem Bones Dem Bones Dem T-Bones (Label Columbia SEG 8414 / Côte : 150Euro)
  2. _ 1965 : I Am Louisana Red (Pressage français, Label Riviera)
SINGLES :
  1. _ 1964 :How Many More Times/I'm A Lover Not A Fighter (Label Columbia DB 4701)
  2. _ 1965 :Won't You Give Him (One More Chance)/Hamish's Expree Relief (Label Columbia DB 7489)
  3. _ 1965 :Give All She's Got/Don't Stop And Stare (Label Columbia DB 7608)
  1. DISCOGRAPHIE (en solo) :
  2. ALBUM :
_ 1969 : Take Something With You (Label Marmalade 608 013 / Côte : 300Euro)
  1. SINGLES :
  1. _ 1969 : Everyday/Green (Label Marmalade 598 007)
  2. _ 1969 : Hey Daddy/The Vicar And The Pope (Label Marmalade 598 017)
LIEN : Give all she's Got

Farren Mick

Écrivain, anar, buveur, journaliste, tel est le CV de Mick Farren. La tête pensante des Deviants n’a pas été, musicalement parlant, très prolifique, depuis son éjection du groupe, lors d’une catastrophique tournée canadienne. Son premier album solo, toutefois, s’inscrit parfaitement dans notre échelle de temps. Et puis la connotation Deviants/Pink Fairies, ici on aime.

Donc Mona un des disques les plus impitoyables que je connaisse. Pas un mot, pas un regard pour l’auditeur éventuel. Et encore un geste de pitié qui l’aiderait, un tant soit peu, à comprendre quelque chose à ce… on va dire manifeste. Qui se reçoit comme le CRS encaisse le pavé. Dans les dents de devant.

Le personnel ? Deux membres de Quatermass, Twink, feu Steve Took (l’ex Tyranosaurus Rex, crédité sous le nom de Shagrat The Vagrat personnage complètement dément, raconte ici une arrestation pour dope) un certain Steve Hammond, américain rencontré dans un bar, tient la guitare, et un nommé Raul est aux percussions. Tandis que Paul Buckmaster, arrangeur d’Elton John et de Bowie, tient le violoncelle acide.

La musique ? Un collage bizarre de vieux rocks (Eddie Cochran, Bo Diddley) et de diverses interventions parlées. Autant dire qu’à moins d’être sur la même longueur d'onde que Farren, et diplômé en anglais, vous risquez de vous endormir. Si vous êtes vraiment curieux, jetez une oreille sur la réédition Psycho de 1984, mais vous savez ce que vous encourez.

De l’aveu même de l’auteur, l’ensemble est un gigantesque bras d’honneur adressé à cette société qui pue. La preuve que les vrais révolutionnaires, les plus désintéressés, sont souvent condamnés à ruminer leurs échecs.

Bizarrement (tu parles), l’objet est aujourd’hui devenu très rare et cher. Un sacré paradoxe, qui fait bien ricaner ce vieux Mick.

Laurent M

PERSONNEL :

Mick Farren (chant), Steve Peregrine (basse), Twink (batterie), Victor Brox (claviers), Paul Buckmaster (violoncelle), John Gustafson (basse), Steve Hammond (guitare)

DISCOGRAPHIE :

_ 1970 : Mona (The Carnivorous Circus) (LP Transatlantic TRA 212 / Côte : 150Euro)

LIEN :

I Don't Want To Go That Way

Fat Mattress

En attente de notre chroniqueur Greg.

Favourite Sons

www.marmalade-skies.co.uk

Walkin', walkin', walkin'... Dès l'intro électrifiée de cette pépite beat, ses quatre notes qui vous agressent les tympans et ce refrain martelé, jusqu'au final tout en digression, décharge électrique d'à peine 2 minutes, on sait qu'on tient là l'une de ces petites merveilles anglaises. Bien avant que les Who scandalisent les petites Anglaises, les Favourite Sons sont en quelque sorte les précurseurs d'un rock dur, sauvage et outrageant ! Sorti en 1965, couplé en face A au très swinguant That Driving Beat (standard de Willie Mitchell), joué à tous berzingue, ce single détonnant fait tout simplement partie de toutes les listes de recherches freakbeat qui se respectent. Et qui se négocie bien évidemment au-delà des 100 euros.

Reconnaissons que la claque que vous procure cette galette dès la première écoute est cinglante ! Originaire d'Hatfield, le gang sévit dans un premier temps sous le nom des Juniors (un simple sur Columbia) puis sous celui des Hi Numbers (à ne pas confondre avec les pré Who, un single au compteur sur Decca). Le groupe s'adonne alors dans de violentes reprises de R&B, et après plusieurs gigs, notamment au Marquee Club, est repéré par Mike Hurst. Impressionné par leurs gueules de minets (âgés d'à peine 16 piges !) et l'énergie déployée, Hurst les signe en 1965 pour la firme Mercury.

Très vite, Hurst les fait bosser sur une de ces compositions (Walkin', walkin', walkin '), destinées à cartonner à sa sortie. Sur de son fait, Hurst cherche même à conquérir le marché américain en leur proposant (exigeant ?) d'enregistrer une version du That Driving Beat de Willie Mitchell. Le 45t en boite, des tensions apparaissent entre leur manager et le groupe. Ces teigneux du rock binaire n'appréciant que très peu les obligations contractuelles, ils mettent fin à l'histoire pourtant pleine de promesses, après avoir joué quelques dates en compagnie des Birds. Le simple s'échouera dans les profondeurs du billboard, et l'on ne reparlera plus des Favourite Sons. Avant que l'histoire et le business du disque de collection ne passent par là...

PERSONNEL :

Alan Shacklock (guitare), Mick Taylor (guitare), John Glascock (basse), Brian Glascock (batterie) et Brian Redmond (chant)

DISCOGRAPHIE :

_ 1965 : That Driving Beat/Walkin' Walkin' Walkin' (SP Mercury MF 911)

5 mai 2009

Felder's Orioles

Bien avant de nous cirer les pompes et de nous abrutir les tympans de sa soupe commerciale avec les pathétiques Supertramp, Paul Hodgson a sévi dans plusieurs combos pour le moins intéressant. Les Felder's Orioles en font parti, s'essayant à un R & B jazzy, qui permit entre autres de lancer la carrière du batteur John Halsey (futur Timebox et Patto, session man pour Roger Chapman et Roy Harper).

Le groupe débute sous le patronyme des Beat Society, et tourne dans la banlieue londonienne. Le sextet signe son premier contrat en 1965 sur Pye, et sortira 4 SP de bonne facture. Sans être grandioses, les Felder's Orioles se montrent appliqués, et Paul Hodgson démontre déjà ses qualités à la gratte, bien loin des excès auxquels il nous habituera au sein des Supernazes.

Bref, passons. Le combo recueillera un succès d'estime en rapport à son talent, et l'on peut aisément dire que sa meilleure interprétation reste sa reprise du Turn On Your Lovelight du Bobby Bland. Au final, un joli exemple des orchestres qui sévissaient chez nos amis londoniens, bien loin de nos mièvreries accordéonistes.

PERSONNEL :

Barry Heiband (chant, orgue), Paul Hodgson (guitare), Nick O'Brien (basse), John Halsey (batterie), Peter Newman (saxophone tenor) et Rod Mealeston (saxophone bariton)

DISCOGRAPHIE :

_ 1965 : Down Home Girl/Misty (SP Piccadilly 7N 35247)

_ 1965 : Sweet Tasting Wine/Turn On Your Lovelight (SP Piccadilly 7N 35269)

_ 1966 : I Know You Don't Love Me No More/Only Three Can Pay (SP Piccadilly 7N 35311)

_ 1966 : Back Street/Something You Got (SP Piccadilly 7N 35332)

LIEN :

Turn On Your Lovelight

Felius Andromeda

Source : Marmalade-Skies

Enregistré selon la légende au sein même d'une Église du Nord de Londres, l'unique single publié par Felius Andromeda fait l'objet d'une fascination démesurée de la part de certains collectionneurs, affublé en prime d'une parenté sonore avec le merveilleux Procol Harum de Gary Brooker. À croire aveuglément que la simple utilisation d'un orgue renvoie à la beauté troublante d'un Whiter Shade Of Pale rentré dans la légende du pop !

Il n'en est rien. Si Meditations, en face A, est chaloupé d'un orgue tout au long du morceau, supportant des gémissements sporadiques pseudo mystiques, il ne dispose en aucun cas de la force mélodique de l'un des plus beaux slows au monde. Son étiré, arrangement de corde noyé dans la masse, chant à la ramasse, esprit gothique trainassant difficilement derrière les couches abondantes de l'orgue. Meditations loupe son coup, et ce n'est pas la face B qui rattrapera cette tentative de rock christianisante, la section rythmique courant après la mélodie sur ses deux morceaux qu'on oubliera finalement très vite.

Il paraîtrait que l'histoire des Felius Andromeda ne serait que le résultat d'illumination et d'apparition. Heureusement, les gars ont délaissé à temps leurs mauvais trips pour s'arrêter là. Quant à Gary Brooker et les siens, point d'hallucination. Du génie tous simplement.

PERSONNEL :

Bill Haine (chant), Pete Parks (guitare), Alan Morgan (basse), Dennis Couldry (orgue), Mick Richardson (batterie)

DISCOGRAPHIE :

_ 1967 : Meditations/Cheadle Heath's Delusions (SP Decca F 12694 / Cotation : 50Euro)

LIEN :

Meditations

29 avr. 2009

Fernbach Andy

Il est des musicos qui parcourent les décennies sans prendre une ride, participant à une quantité phénoménale d'albums, distillant ici et là leur virtuosité, en toute modestie. Des mecs qui ne se la racontent pas, mais qui savent torcher le riff au bon moment. Pour le bonheur des autres. On pense irrémédiablement à Chris Spedding, ou Nicky Hopkins, pour les plus connus. Andy Fernbach fait partie également de ces Sessions Man, guitariste de son état, et fan de blues. Participant à de nombreux projets, ses premières traces discographiques remontent à une apparition remarquée sur la compilation Me And The Devil, sortie sur Liberty en 1969, jouant de l'harmonica sur deux compositions signées Nick Whiffen, et proposant un morceau de sa patte, Hard Time Killing Floor.

Originaire de Bournemouth, Andy passe ses journées à gratter sa guitare acoustique et sa basse, tout en écoutant des montagnes de blues. Il vouera tout au long de sa carrière une admiration sans bornes à l'acoustique, pureté originelle de la musique. C'est de là que lui vient l'idée de consacrer tout un projet sur la guitare acoustique, qui se concrétisera sur son unique effort solo, If You Miss Your Connexion (Liberty, 1969). Un recueil d'une dizaine de chansons toutes jouées à la gratte acoustique, blues viscéral traversant ses veines. Le chant est assuré, les arrangements excellents (écouter le swinguant titre éponyme de l'album, joué au piano) et le tout confèrent à l'opus un chouette coté nostalgique que l'on réécoute avec délectation. Autant vous le dire de suite, l'album est de nos jours une petite rareté difficile à se procurer. Sur cet album, Andy se fait accompagner de Philip Crowther (batterie), de J.D. Langer (guitare) et de Rob Rowe (basse).

On retrouvera Andy, avant de sortir de notre espace-temps, sur une compilation la même année, I Asked For Water And She Gave Me Gasoline (Liberty) où il contribue de sa gratte sur les titres She's Gone et Built My Hopes Too High. Avant de s'embarquer un temps avec John Clark au sein des Loose Change, puis de créer son propre studio d'enregistrement. Une carrière loin des flashs, mais l'écoute de son unique effort solo est plus que recommandée !

DISCOGRAPHIE :

_ 1969 : If You Miss Your Connexion (LP Liberty LBL/LBS 83233 / Côte : 200Euros)

Filby Pauline

La présence de Pauline Filby dans ses colonnes ne vaut que pour la rareté de son unique album, Show me a rainbow, paru sur le méconnu label Herald, coté à un peu plus de 120 euros. Un folk loin d'être original, des fleurs dans les cheveux et une voix assez singulière. Néanmoins s'y dégage une certaine pureté qui peut rendre l'opus attachant. Aucun artifice, les arrangements sont basiques, et destinés à soutenir les pulsions de la dame.

On retrouvera Pauline Filby au cours des seventies au sein des Narnia. Franchement pas de quoi s'égosiller dessus...

DISCOGRAPHIE :

_1969 : Show Me A Rainbow (LP Herald LLR 567)

Finders Keepers

La genèse de Deep Purple est bien connue. Chaque membre a vu sa carrière bien détaillée, à l’aide de compilations conséquentes. Un fan-club actif maintient une lumière constante sur l’héritage d’un des groupes les plus surestimés (et rentables) de l’histoire du rock. Rave Up, petit site futé, se devait d’apporter sa contribution. Puisque, par essence, tout anglais ayant touché une guitare vers 1966 nous intéresse.

Le rédacteur, pas spécialement porté sur la Pourpre Profonde, s’est vu attribuer Finders Keepers. Un groupe de Wolverhampton, ou Glenn Hughes a tenu la basse avant Trapeze. Pas spécialement une bonne nouvelle d’ailleurs. L’homme a rejoint un Deep Purple décadent, pour finir de l’enfoncer, avec des influences soul malvenues. Il nous est peu sympathique, de plus.

Écoutons donc ce que nous avons sous la main. On The Beach, titre calqué sur le meilleur Beatles (A Day In The Life dans ce cas). Tentative de ballade psychédélique, lente et hypnotique. Étrangement, pour un morceau censé refléter une poussée organique, la basse claque au vent, très haute dans le mix. Sèche et métallique, elle est d’autant plus incongrue qu’elle ne sert à rien. Sinon à décorer, surtout pas à entraîner ailleurs. Ce serait d’ailleurs difficile, au milieu de tant de mélasse. Arrangements lourdingues, popasses. Tout ceci est taillé pour passer en radio. Raison de plus pour se repasser encore ces bons vieux Artwoods.

Laurent M

  1. PERSONNEL :
Alan Clee (guitare), Jake Elcock (basse, chant (left in 1967), Roy Kent (chant (left in 1969), Ralph Oakley (guitare, chant (left in 1966), David Williams (batterie), Phil Overfield (basse (joined 1967 - left 1969) Ian "Sludge" Lees (chant), Mel Galley (guitare), Glenn Hughes (chant, basse) et Dave Holland (batterie)
  1. DISCOGRAPHIE :
  1. _ 1966 : Light/Power Of Love (SP CBS 202249)
  2. _ 1967 : On The Beach/Friday Kind Of Monday (SP Fontana TF 892)
  3. _ 1968 : Sadie (The Cleaning Lady)/Without Her (SP Fontana TF 938)

Fingers, The

Intro doucement inquiétante et foutraque, refrain pop parfaitement susurré, beat martelé et final aux claviers schizophrènes...Circus With A Female Clown fait mouche d'entrée et n'a pas pris une ride 40 ans après ! Et reste l'une des traces les mieux conservées des débuts du psychédélisme anglais.

Ce titre fut composé par The Fingers, quatuor originaire du Southend, dont le bassiste fut l'un des tout premiers à jouer du violoncelle dans un groupe de rock. Mieux, il paraîtrait que le groupe était complètement déjanté sur scène, jouant plus fort que la moyenne d'alors (ils ont débuté en 1966), accompagné d'un singe répondant au doux nom de Freak Out, et se proclamant psychédélique bien avant l'heure !

Le groupe signera deux simples, le premier en 1966 (qu'il ne m'a pas été permis d'entendre), et un second en 67 présentant Circus With A Female Clown en face B. Assurément, le groupe disposait d'un excellent sens de la mélodie pop, et d'une imagination sans faille dans la structuration de leurs morceaux, aidé en cela par quelques substances disons hallucinatoires...

PERSONNEL :

Rick Mills (chant), Mo Witham (guitare), John Robin (basse) et Bob Clouter (batterie)

DISCOGRAPHIE :

_ 1966 : I'll Take You Where The Music's Playing/My Way Of Thinking (SP Columbia DB 8026)

_ 1966 : All Kinds Of People/Circus With A Female Clown (SP Columbia DB 8112)

LIEN :

Finn Simon

La religion peut sévèrement vous taper sur le citron, attention à l’abus d’hosties. Surtout avec un peu d’acide dessus. C’est à peu près ce que nous démontre Simon Finn dans son Pass The Distance sorti en 1970 sur Mushroom Records. Micro label dirigé par le producteur Vic Keary, dont les albums, gravement anti commerciaux, sont très rares aujourd’hui (Magic Carpet, Second Hand). Alors Simon Finn, où l’archétype du gars conscient de la pourriture rampante de ce monde, mais toujours à espérer qu’un prophète nous tire de la boue où nous baignons. Tels des hippopotames se roulant dans le lucre, sans avoir conscience d’occulter notre futur spirituel, et la couleur de notre âme. Sans vouloir (sans être capable de ?) voir le démon, qui ricane derrière le rideau consumériste et hédoniste. Musicalement, tout ceci se traduit en un excellent folk acide, tout juste assez décalé pour refléter les souffrances internes du damné en puissance, pas empêché de vivre, mais suffisamment torturé pour se taper la tête contre une église, dés qu’il a cinq minutes. Sans adhérer à la secte des bigots, la curiosité est quand même de mise. Tout bien pensé, une sorte de Jérome Bosch, sans les pinceaux, mais avec une guitare. Voir le long et épique Jérusalem flippant et flippé comme Belzébuth dans un bénitier. Ou la crucifixion de Jésus, revu et corrigé façon bad trip. Simon Finn devait avoir des ancêtres croisés, ou il a loupé sa vocation de diacre. En tout cas, son album est à utiliser avec précaution, bien qu’il ait fort bien vieilli. La pochette vaut qu’on s’y arrête cinq minutes, deux personnages un peu grotesques, perdus dans un univers qui se résume à une perspective si vide…On a compris Simon, repose ta bible.

Laurent M.

PERSONNEL :

Simon Finn (chant, guitare, percussions), David Toop (guitare, mandoline, basse, flûte, violons et claviers), Ken Elliot (orgue), Paul Burwell (percussions)

DISCOGRAPHIE :

_ 1970 : Pass The Distance (Label Mushroom 100 MR 2 / Côte : 300Euro)

LIEN :

Myspace

Fire

L'histoire des Fire débute en 1966, dans la région du Middlesex (Hounslow), sous le nom des Friday's Child. Cherchant à tout prix à réaliser leurs rêves d'ado mal torché, David Lambert et ses compères Dick Dufall et Bob Voice contactent plusieurs maisons de disques dans l'espoir de graver leurs premiers 45t. Impressionné par leurs démos, Decca les signe en 1967 avec dans les bagages une signature pour deux simples. Dans le même temps, le groupe est en pourparler avec Mike Berry, à la tête d'Apple Records. Fin 67, leur premier single Father's Name Is Dad / Treacle Toffee World est dans la boite. La face A est alors une petite perle de pop destiné à grimper très vite dans les charts, dominée par le son du Swinging London. Avec son refrain tournoyant et ses breaks électriques au beat parfait, Decca détient un nouveau tube… qu'ils ne sortiront que plusieurs mois plus tard, en 68, avant de le retirer du marché une semaine plus tard !

Paul McCartney, enchanté à l'écoute de ce premier simple, leur propose de bosser avec eux, et de réenregistrer cette face A, doublant les guitares de David Lambert. Mais Decca s'oppose à ressortir de nouveau le simple. Les mois qui suivent sont difficiles pour le groupe. Leur maison de disque refuse de nombreuses démos, jugées peu rentables. Finalement, cette dernière leur impose une composition signée Mike Berry, que le groupe accepte d'enregistrer en vertu du contrat qui les lie. Round The Gum Tree/ Toothie Ruthie est un fiasco, et le groupe refuse de jouer ces deux titres en concerts. Ce qui leur coutera finalement leur place.

Débarrassé des contraintes de rentabilité de Decca, le groupe est récupéré par le label Pye à la fin de l'année 68, et laisse le groupe bricoler ses propres compositions. Libéré artistiquement,et accompagné de Dave Cousins au banjo (Strawbs) et du guitariste Paul Brett (Elmer Gantry's Velvet Opera,) le groupe pond alors une petite merveille de pop psychédélique, en janvier 70, sur la base d'un concept-album totalement délirant et digne de l'univers déjanté de Lewis Carroll. Racontant les aventures d'un cordonnier et de sa paire de chaussures magiques, le groupe s'adonne aux plus belles fantaisies mélodiques, triturant leurs morceaux dans toutes les directions, explosant les carcans pop pour étirer leur univers vers des contrées bucoliques et psychédéliques (Tell You A Story et son final hypnotisant), accouchant de multiples comptines illusoires et innocentes (Magic Shoes, Only a Dream). On regrettera tout juste les intermèdes narrés, pour se concentrer sur ses envolées électriques épousant à merveille les délires fantastiques du combo (Flies Like A Bird), avant de s'amouracher de ce petit bijou larmoyant qu'est Shoemaker, final mélancolique à la démesure de cet album.

Faute de promotion, le groupe passe encore à côté du succès. Les Fire splittent quelques semaines plus tard, leur rêve de gosse en bandoulière. On retrouvera Dick et Bob au sein de l'épisodique Paul Brett's Sage. David Lambert, quant à lui, se retrouvera à jouer les Sessions Man, enregistrant quelques parties pour les Strawbs de Rick Wakeman. Lui qui aurait dû toucher les sommets de la pop anglaise avec son Father's Name Is Dad. Ainsi va le monde de la pop music...

  1. PERSONNEL :
David Lambert (chant, claviers, guitare), Dick Dufall (basse, chant), Bob Voice (batterie, chant)
  1. DISCOGRAPHIE :
  2. ALBUM :
_ 1970 : The Magic Shoemaker (Label Pye NSPL 18343 / Côte : 300Euro)
  1. SINGLE :
  1. _ 1968 : Father's Name Is Dad/Treacle Toffee World (Label Decca F 12753)
  2. _ 1968 : Round The Gum Tree/Toothie Ruthie (Label Decca F 12856)
LIEN : Myspace

15 avr. 2009

Firing Squad

Où l'on retrouve Shel Talmy ! En provenance de la banlieue d'Hampstead, proche de Manchester, les Firing Squad ont connu un mini succès local avec leur unique 45tours sortit en 1964 sur le label Parlophone. Fréquentant la scène locale sous le patronyme The Defenders, ils changent de nom au moment de la signature de leur contrat. La face B est la plus intéressante, avec son rythme primaire, martelé et sa guitare beat tout en divagation. Un bel exemple de freakbeat sans lendemain.

PERSONNEL :

Bernard Shelmerdine (guitare, chant), Kevin Nally (basse) et Franck Shelmerdine (batterie)

DISCOGRAPHIE :

_ 1964 : A Little Bit More/Bull Moose (SP Parlophone R 5152)

First Gear

Ou comment retrouver l'indéboulonnable Jimmy Page en guitariste de studio ! Produit par Shel Talmy, les First Gear ont gravé deux singles sur le label Pye, véritables pépites de freakbeat que les collectionneurs s'arrachent à prix indécent ! Originaire de Barnsley, dans la région du Yorkshire, les First Gear gravent leurs premiers morceaux en 1964, le simple A Certain Girl/Leave My Kitten Alone, que les Yardbirds, entre autres, reprendront. Bien loin de la mièvrerie des Beatles de l'époque, le groupe s'aventure dans un rock électrique et tendu, dominé par le double jeu des deux guitaristes, Phil Birkenshaw et Raymond Wafer, aidé en cela par l'intervention de Jimmy Page sur les breaks de Leave my kitten alone.

Le beat développé y est énorme, les guitares swing dans tout les sens, et le solo de Jimmy Page sur cette face B tout bonnement fantasmagorique. Assurément l'un des fleurons du freakbeat anglais. Un second simple sort l'année suivante, moins rentre-dedans, plus pop, et du coup plus ennuyeux. Si la patte de Shel Talmy est indéniable, les limites du groupe sont criantes sur ce second SP. Qu'on préfère oublier pour se repasser ce Leave my kitten alone d'anthologie !

PERSONNEL :

Phil Birkenshaw (guitare), Raymond Wafer (guitare), Dave Walton (chant), Michael Ryal (basse), Ian Colling (batterie)

DISCOGRAPHIE :

_ 1964 :A Certain Girl/Leave My Kitten Alone (SP Pye 7N 15703)

_ 1965 : The 'In' Crowd/Gotta Make Their Future Bright (SP Pye 7N 15763)

LIEN :

Leave My Kitten Alone

Five Day Rain

Véritable chasse aux trésors, objet de tout les mythes, bien souvent réservés à une élite, fortunée soit dit en passant, et qui s'échangent généralement dans un cercle très fermé, sous le manteau entre gens de bonne compagnie. Les Private Press, ou pressage privé, ou auto production, appelez cela comme vous voudrez, ces disques sortis dans les années 60 et assujettis aux légendes les plus folles, parfois même les plus infâmes, juste histoire de soutirer un max de blé à un beauf incrédule... Et voilà que le net pointe son nez, balance toutes ces conventions malsaines, fait la nique aux rééditions douteuses, et vlan, l'album des Five Day Rain devient à la portée de tout le monde !

Cette petite merveille écossaise fut pressée à 25 exemplaires, envoyée à plusieurs compagnies de disques, et reste l'un des secrets les mieux gardés du rock anglais. Qui plus est, le groupe n'a jamais tourné, ni fréquenté les pubs, préférant passer leurs après-midi à triturer des mélodies au Homegrown Music. C'est de ses sessions que le groupe enregistre la maquette de son opus, bricolant des atmosphères torturées dominées par la puissance du mellotron, qui est ici exploité au maximum de ses possibilités, entortillant de ses couches vaporeuses les savantes interventions guitaristiques. Le génial Rough Cut Marmalade et ses 11mn de divagation en deviennent par la même un summum du mellotron !

Néanmoins, on peut regretter l'absence d'improvisation ou d'initiative. De plus, le combo n'apparait pas soudé comme n'importe quel groupe ayant usé leurs semelles sur les planches caverneuses des pubs de Glasgow. Il n'en reste pas moins que les Five Day Rain ont un sens inné de la composition, de la mélodie. Sea Song, ou encore Goodyear, n'auraient pas dépareillé sur la scène du Swinging London, renvoyant à ces petits bijoux pop anglais. Et lorsque le groupe balance un rock tendu, comme sur Fall Out, il n'en oublie pas le swing originel.

Au final, les neuf morceaux composant la maquette sont d'excellentes factures et s'inscrivent dans la lignée d'une pop psychédélique à l'anglaise, enchanteresse et délicieuse. Ironie de l'histoire, 6 mois après avoir reçu l'acétate, un ponte du label Polydor envoie dépêcher de toute urgence ces pouilleux d'écossais, et installe des négociations qui dureront près d'un an ! Las, le groupe splitte alors qu'un accord était sur le point d'être signé ! Où comment passer à côté d'une carrière qui semblait prometteuse ...

PERSONNEL :

Graham Maitland (claviers, mellotron), Rick Sharp (guitare), Clive Burges (basse), Kim (batterie).

DISCOGRAPHIE :

_ 1969 : Five Day Rain (Pressage privée / Côte : 1000 euro)

6 avr. 2009

Five Day Week Straw People

Pour tous ceux qui ont suivi nos aventures depuis le début, ou tous simplement pour les amateurs de rock anglais, le nom de John Du Cann ne vous laissera pas indifférent. Pour les autres (ou ceux qui n'ont pas suivis), John fut ni plus ni moins le fantastique guitariste des scandaleux The Attack, jouant plus fort que les Who, plus agressifs que les Creation, plus hargneux que les Stones... J'en rajoute pas, mais personnellement, j'adore le jeu de John, cette attaque si spécifique du manche, ces divagations à la frontière de la défonce et d'une rage violemment contenue.

Alors que The Attack patauge dans la semoule en cette année 67, malgré de sérieuses performances scéniques, John profite de son temps libre pour aller fricoter des sons torturés en compagnie du bassiste Mick Hawksworth (Andromeda) et du batteur Jack Collins. Le Power trio y prend tellement goût qu'ils se retrouvent fin 67 à l'initiative du label Saga. Partant avec l'idée d'un album concept, le groupe s'affaire alors pour 3 francs six sous a constituer la parfaite bande sonore d'un weekend routinier d'un travailleur anglais.

Des idées pleins la tête, le nez dans la poudreuse à coup sûre, John, Mick et Jack finissent les prises en 4heures, dans une salle de classe de la banlieue londonienne. Le résultat, qui ne sortira que l'année suivante en quantité ultra limitée, est détonnant à plus d'un titre. Flirtant avec le style psyché anglais qui nous permet d'apprécier au plus haut point le jeu de John (le splendide morceau d'ouverture quasi heavy Five Day Week Straw People), mais avec moins de réussites sur les titres pop. Le jeu rythmique de Jack Collins y est également à l'honneur, primaire, tribal, apportant une superbe assise aux divagations de John.

Si au final l'album donne irrémédiablement la trique aux amateurs de psyché anglais, comme ce bordélique Postmen, blues explosant de toutes parts, il s'avère également inégal, et loin de la perfection. Il faut reconnaître que Five Day Week Straw People reste surtout le projet de John Du Cann, lui permettant de faire étale de ses qualités techniques, et la symbiose nécessaire à tous Power trio fait particulièrement défaut sur les sillons de cette galette avoisinant tous de même les 200 euros. Malgré toutes ces imperfections, un charme indéfinissable se dégage de cet opus bâclé en 4heures, distillant de somptueuses parties de guitare, sans oublier une innocence accomplie comme en témoigne ce dernier morceau magnifique, Dust in my eyes, symptomatique d'une époque propice aux plus doux rêves enfumés.

PERSONNEL :

John Du Cann (guitare), Mick Hawksworth (basse) et Jack Collins (batterie)

DISCOGRAPHIE :

_ 1968 : Five Day Week Straw People (LP Saga FID 2123 / Côte : 200Euro)

LIEN :

Five's Company

Souvent considéré comme une pièce pour collectionneurs avide de Fleetwood Mac par la simple présence de Bob Brunning (basse), c'est donc plein d'espoir que l'on aborda ce Ballad of the Fred Pixie. Espoir vite déchu par la médiocrité des thèmes, que Bob lui-même préfère oublier. On peut le comprendre, on a beau chercher la note bluesy, le riff cradingue qui vous rattacherait à cet effort, rien. Le vide total, aucune émotion ne transpirant de ces 12 morceaux calibrés pop.

Le groupe, formé par l'ancien bassiste de Peter Green, a vu ses premiers efforts sortir en 1966 sous la forme de 3 singles. Et déjà à 10000 lieux du blues authentique de la machine Mac. Lorsque celle-ci s'emballe fin 67, Bob a l'astucieuse idée de délaisser ce projet, mais dans un élan égocentrique, et dans un contexte où l'industrie du disque dégueule le moindre effort arty, Bob replonge en 1969. S'engouffrant dans un opéra rock absurde à peine audible de bout en bout, le quatuor squatte les terrains du cabaret anglais et des comptines enfantines. Si une certaine innocence se dégage de cet opus, elle n'en reste pas moins imbuvable, longue et ennuyeuse.

Mais comment un amoureux du blues, fréquentant le Mac de Peter Green et Mike Fleetwood, déchirant le blues de multiples complaintes au sein des excellents Brunning (Hall) Sunflower Blues Band, a t'il pu se laisser abuser de l'art bobo? On pose la question aux amateurs de Five's Company !

PERSONNEL :

Colin Jordan (chant, guitare), Bob Brunning (basse), E.Broadridge (chant, piano) et Eddie St.John (orgue)

DISCOGRAPHIE :

ALBUM :

_ 1969 : Ballad of the Fred Pixie (Label Saga FID 2151)

SINGLE :

_ 1966 : Sunday For Seven Days/The Big Kill (Label Pye 7N 17118)

_ 1966 : Some Girls/Big Deal (Label Pye 7N 17162)

_ 1966 : Session Man/Dejection (Label Pye 7N 17199)

Flaming Youth

Toujours se méfier des concepts-albums. Souvent de piètres qualités, boursouflées de thèmes absurdes ou s’embourbant dans la grandiloquence la plus écoeurante, on peut objectivement compter les réussites sur les 10 doigts de sa main. Si en plus, je rajoute que les Flaming Youth constituent la première trace discographique de Phil Collins, futur Genesis, et qu’il y a dans cet album une tentative de mystification quasi religieuse, ordonnée par un chant langoureux des plus crispants et un orgue distillant ces notes spirituelles qui tournent à la démonstration technique, autant vous dire de suite que l’écoute d’Ark 2 me fut particulièrement pénible. Loin d’être touché par la grâce, Ark 2 concentre tout ce qu’il y a de plus vomissant dans de tels procédés.

Les Flaming Youth, c’est au départ Hickory, groupe dans lequel on retrouve Phil Collins au chant et à la batterie, accompagné de Ronnie Caryl (guitare, basse, chant), Brian Chatton (piano, claviers, chant) et Gordon Smyth (guitare). Un combo d’étudiants qui parcourt alors les clubs de la capital, avant d’être repéré par le duo Ken Howard et Alan Blaikley, qui surfant sur la vague de la science-fiction et du mysticisme, leur propose un contrat pour un disque. L’objectif étant de mettre en musique leurs délires fictifs, ils plongent le groupe dans des semaines de studios, lequel va finir par s’immiscer, que dis je, par se submerger dans le contexte, arrangeant et produisant tous les titres de cet album.

La tête dans le guidon, le groupe propose alors une musique arty, racontant une épopée héroïque ayant pour thème l’évacuation d’une planète en danger de mort. Tout un programme. L’album sort en octobre 69, et reçoit même l’appuie des critiques, préférant délaisser les merveilles d’acid folk dissimées dans toute l’Angleterre de cette fin sixties. Ah, quel groupe ambitieux que voilà ! Le Melody Maker lui décerne même la palme d’album du mois dans ces colonnes !

Si l’album se vend bien, le retour sur terre (sic) de la bande à Phil Collins est brutal. Le groupe part enregistrer quelques démos en 1970 dans un studio allemand, mais las et dépourvu d’imagination, le groupe finit par se dissoudre rapidement. Les appels du pied de son pote Peter Gabriel, rencontré sur les bancs de l’école, pour rejoindre les Genesis se font insistants. Et plus passionnant à vrai dire.

Ainsi se termine l’odyssée spatio-temporelle de ces sauveurs de l’humanité. Ouf !

PERSONNEL :

Phil Collins (chant, batterie), Gordon Smith (guitare), Ronnie Caryl (basse) et Brian Chatten (claviers)

DISCOGRAPHIE :

ALBUM :

_ 1969 : Arc II (Label Fontana STL 5533)

SINGLE :

_ 1969 : Guide Me Orion/From Now On (Label Fontana TF 1057)

_ 1970 : Every Man Woman/Child (Label Fontana 6001 002)

_ 1970 : From Now On/Space Child (Label Fontana 6001 003)

LIEN :

Ark II

Fleetwood Mac (par Laurent)

1978. Il fait chaud, c’est un été superbe. Le long des autoroutes de Denver, Chicago ou Kalamazoo (Californie), un beat lourd claque soudain dans toutes les bagnoles. Pour accompagner un rock lessive/lessivé/lessivant, qui, bien décoré d’harmonies vocales flasques, se répand sur les sièges. Le texte est crétin, mais la clientèle ne s’arrête pas à ces détails. Mick Fleetwood et John Mac Vie marquent le tempo solidement, sans trop penser à John Mayall. Pendant ce temps, Peter Green est peut-être interné, ou clochard, ou fossoyeur à Bombay. Personne ne sait, et franchement tout le monde s’en fout. Après Fleetwood Mac, ce sera les Bee Gees, ou Supertramp, ou… Mais pas de blues, surtout pas. Mick Vernon, loin de là, jugule la débâcle de Blue Horizon comme il peut. En fait, une seule chose importe encore, c’est que Fleetwood Mac new-look, ait vendu plus de 25 millions de son dernier opus.

Condamnant ainsi une bien belle page du rock anglais à l’oubli total, pour le grand public. Dont on dirige et manipule les goûts, avec douceur, mais fermeté. Au pire, pour les consuméristes, à un truc ringard et embarrassant, dont il vaut mieux se débarrasser très vite. Pensez donc, faire référence à un obscur groupe qui a eu quelques hits vers 1968, c’est de la sénilité grande modèle. Non, mais franchement, vous préférez vraiment ce comment… Peter Green (qui ?) au talent éblouissant de Stevie Nicks ?

Oui. Pour faire simple. D’abord parce que l’histoire est trop connue pour la ressasser encore. Et puis trop triste. Celle de Peter Greenbaum, émule surdoué de BB King, formé à la rude école des Bluesbreakers. Lui qui avait déjà une façon toute personnelle d’aborder les douze mesures sur le premier FM, et n’aura de cesse d’évoluer. Jusqu’à la splendeur électrique de Then Play On. Fut-ce au mépris de la sacro-sainte crédibilité. Merde, on était pas Chicken Shack, non plus (Christine Perfect, déjà, qui pointait le bout de son nez). Avant de péter les plombs gravement. Et de devenir l’exemple même du loser parfait. Comme on soupire pudiquement en évoquant Johnny Thunders, on a du chagrin pour Peter Green. Capable de braquer un flingue sur le patron de sa maison de disques, pour qu’il arrête de lui faire gagner tout ce fric dégueulasse. Aussi facilement qu’il fît beaucoup avec si peu (Albatross).

La tourmente a aussi emporté Jeremy Spencer, imitateur doué. C’était son seul talent. Impressionnant quand il se prenait pour Elmore James. Sorti de ce pré carré, il avait à peu près l’envergure artistique de Franck Dubosc. Et puis Danny Kirwan, à réhabiliter. On lui doit beaucoup de bonnes choses sur Then Play On. Disque qu’il faut citer encore et toujours.

Et la Cadillac (ou la Pontiac) roule toujours. Le volume est au maximum maintenant. Le DJ s’excite comme une bête, enchaînant le dernier Rod Stewart au nouveau Earth Wind And Fire. Dans un quart d’heure, ce sera de nouveau Dreams ou Don’t Stop. Moi j’ai treize ans, et encore une décennie pour découvrir ce drôle de disque, avec un chien et une poubelle, sur la couverture. Par contre, l’année d’après, mon jeune esprit sera assez gravement secoué par Green Manalishi. Rock puissant, distillé par un Mac poussant les feux à bloc, avant calcination interne du moteur. La mauvaise graine était semée.

Le reste est moins important.

Laurent M.

2 avr. 2009

Fleetwood Mac (par Lou)

Difficile de séparer ces deux personnalités que sont Peter Green et Mike Vernon tant ces deux amoureux du blues originel ont œuvré ensemble pour prêcher la bonne parole de ces 12 mesures. Le premier au sein des Fleetwood Mac, le second en créant avec beaucoup de panache, de culot, d’ingéniosité, et surtout de passion, l’un des plus authentiques labels, Blue Horizon. Car il s’agit bien de cela, d’intégrité musicale, expression galvaudée de nos jours sur nos FM zombiesque. Ba ouais mes amis, de vrais puristes du riff black à vous arracher des larmes de crocodile, ou à vous foutre le feu au cul le plus simplement du monde. Par amour de sa musique, de son blues, de son swing, sans artifices, avec tout le respect que l’on doit envers ses maitres…

On ne reviendra pas sur l’histoire des Fleetwood Mac tant tout a déjà été dit. On passera simplement sa soirée à griller clope sur café à s’avaler la discographie de Peter Green et les siens, du plus pur Fleetwood Mac (1968) et ses ambiances de pub retranché au fin fond de l’Amérique, échappatoire d’un monde sans avenir, à Mr.Wonderful (1968) qui rabâche son lot de note bluesy en flirtant avec l’âme du diable en personne. Parfaite expression d’une banalité réjouissante, plaisir simple de s’asseoir guitare en bandoulière a ressasser des accords primaires découlant comme un long fleuve tranquille.

On s’enthousiasmera sur cette rencontre avec Otis Spann, seringue de blues amer et viscéralement authentique dans les veines, sur The Biggest Thing Since Colossus (1969), jusqu’à Then Play On ou Blues Jam At Chess, parfait témoignage de ce que la musique du Fleetwood Mac sut apprivoiser, de ses racines les plus profondes jusqu’à son âme, rognée dans ses moindres détails. Mais bien plus que de simples puristes, les Fleetwood Mac ont su s’accaparer l’esprit originel du blues tout en proposant une musique étonnamment moderne, riche, personnelle et originale. Albatross et ses 12 mesures lancinantes s’amourachant d’une structure pop bien dans l’époque n’en est que la plus belle démonstration.

La suite dépasse le cadre de Rave Up, et finalement nous intéresse peu. Tout a été dit sur ses 4/5 albums que l’on réécoute toujours près de 40 après, sans que ces dernières n’aient pris la moindre ride. La recette ? L’intégrité mes chères…

PERSONNEL :

Peter Green (guitare, chant, 1967-70), Mick Fleetwood (batterie), John McVie (basse), Jeremy Spencer (guitare, chant, 1967-71), Bob Brunning (basse, 1967), Danny Kirwan (guitare, 1968-72), Christine McVie (chant, piano, 1970-94, 1997), Bob Welch (guitare, chant, 1972-74), Bob Weston (guitare, 1973-74), Dave Walker (guitare, chant, 1973), Lindsey Buckingham (guitare, chant, 1975-87, 1993-present), Stevie Nicks (chant, 1975-93, 1997-present),

DISCOGRAPHIE :

ALBUMS :

_ 1968 : Fleetwood Mac (Label Blue Horizon 7-63200)

_ 1968 : Mr.Wonderful (Label Blue Horizon 7-63205)

_ 1969 : The Biggest Thing Since Colossus (Label Blue Horizon 7-63217)

_ 1969 : Pious Bird Of Good Omen ( Label Blue Horizon 7-63215)

_ 1969 : Then Play On (Label Reprise RSLP 9000)

_ 1969 : Blues Jam At Chess (Label Blue Horizon 7-66227)

_ 1970 : Kiln House (Label Reprise RSLP 9004)

SINGLE :

_ 1967 : I Believe My Time Ain't Long/Rambling Pony (Label Blue Horizon 57-3051)

_ 1968 : Black Magic Woman/The Sun Is Shining (Label Blue Horizon 57-3138)

_ 1968 : Need Your Love So Bad/Stop Messin' Around (Label Blue Horizon 57-3139)

_ 1968 : Albatross/Jigsaw Puzzle Blues (Label Blue Horizon 57-3145)

_ 1969 : Man Of The World/Somebody's Gonna Get Their Head Kicked In Tonight (Label Immediate IM 080)

_ 1969 : Oh Well Pts 1 & 2 (Label Reprise RS 27000)

_ 1970 : The Green Manalishi (With The Two-Prong Crown)/World In Harmony (Label Reprise RS 27007)

LIEN :

Ici

23 mars 2009

Fleur de Lys

Quand l’archéologie et le rock anglais se rejoignent, pensez à consulter Rave Up. Et à fournir deux aspirines au chroniqueur, dès lors qu’il se frotte à une histoire aussi simple que celle des Fleur de Lys. L’héritage de ce groupe de Southampton est fort intéressant, mais leur histoire absolument chaotique. Donc, on avancera prudemment, sans trop s’appuyer sur des certitudes. Tout juste peut-on affirmer que seul le batteur a traversé la dizaine d’incarnations différentes, qu’ont connues ces gens. Pour s’aider un peu, il existe une excellente compilation (Reflexions), qui arrive à couvrir le tout, dans un méticuleux bordel chronologique. Fleur de Lys est surtout connu des amateurs de psyché pour son Liar (leur dernier single en fait, petit bijou écrit par le futur King Crimson Gordon Haskell) et qui figurait en bonne place sur Perfumed Garden, LA référence des anthologies anglaises, pour l’époque bénie. Et, bien sûr, c’est la partie la plus visible de l’iceberg.

Côté musique, tout ceci est plutôt excellent, sans avoir à rougir devant les copains plus connus. Un bon moment de pop psychédélique en perspective. Notons que leurs deux premiers singles étaient produits par un tout jeune Jimmy Page. Tandis que Wait For Me apparemment non rattaché à la discographie officielle (mais je peux m’y perdre aussi) est exactement une des chansons qu’on s’est évertué à présenter comme un bœuf Page/Clapton, sur des milliers de compilations. Allez-y comprendre quelque chose. Sinon, et pour faire simple, Fleur de Lys a aussi enregistré sous le nom de Chocolate Frog, de Shyster, de Waygood Ellis, et de Rupert’s People. Ces derniers, outre une genèse également atroce, étant responsables du fabuleux Reflexions Of Charles Brown pompage éhonté de Procol Harum.

Vous suivez ? Bon, pour corser le tout, ils ont aussi accompagné Aretha Franklin, Isaac Hayes, et la chanteuse sud-africaine Sharon Tandy, celle-là même dont les singles font tant fantasmer mon camarade Lou. Et l’obscur John Bromley ? Bien sûr qu’ils ont joué avec lui. Ce n’est pas simple ? On vous avait prévenu. La meilleure solution est encore d’écouter. Surtout maintenant que vous avez la carte des lieux.

Laurent M.

PERSONNEL :

Frank Smith (guitare, chant), Alex Chamberlain (orgue), Gary Churchill (basse), Keith Guster (batterie), Gordon Haskell (basse), Pete Sears (claviers), Phil Sawyer (guitare), Chris Andrews (chant), Bryn Haworth (guitare, chant), Tony Head (chant), Graham Maitland (guitare), Tago Byers (basse)

DISCOGRAPHIE :

_ 1965 : Moondreams/Wait For Me (SP Immediate IM 20)

_ 1966 : Circles/So Come On (SP Immediate IM 32)

_ 1966 : Mud In Your Eye/I've Been Trying (SP Polydor 56124)

_ 1967 : I Can See A Light/Prodigal Son (SP Polydor 56200)

_ 1968 : Gong With The Luminous Nose/Hammer Head (SP Polydor 56251)

_ 1968 : Stop Crossing The Bridge/Brick By Brick (Stone By Stone) (SP Atlantic 584 193)

_ 1969 : You're Just A Liar/One City Girl (SP Atlantic 584 243)

ADDITIF :

_ 1967 : Sharon Tandy - Hold On / Stay With Me (SP Atlantic 650.116 / Côte : 80Euro)

LIEN :

Myspace