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14 oct. 2008

Request : Bo Street Runners (B)

Ah, voilà un groupe comme on les aime. Avec des arguments musicaux, des membres célèbres (de Mike Patto et Mick Fleetwood) qui ont montré le bout de leur nez, des disques rares, bref de quoi s'occuper un moment. Leur chanson éponyme nous révèle une sévère fixation sur Bo Diddley, avec de chouettes dialogues voix / harmonica, le tout expédié dans les dents en moins de trois minutes. Ca déménage vraiment, même si sur aurait aimé un peu plus de guitares dans le mix. Recommandé si vous aimez votre freakbeat bien saignant. Un très honnête concurrent pour les Rolling Stones des débuts. Si si. Laurent M.
  1. PERSONNEL :
John Dominic (chant, harmonica), Gary Thomas (guitare), Dave Cameron (basse), Nigel Hutchinson (batterie), Bobby O'Brien (claviers), Roy Fingers Fry (claviers), puis Glyn Thomas (batterie), Mick Fleetwood (batterie), Tim Hinkley (claviers), Mick Patto (chant), Barry Wilson (batterie)
  1. DISCOGRAPHIE :
EP :
  1. _ 1964 : Bo Street Runners (Label Oak RGJ 131 / Vu à près de 1000 Livres Sterling!)
SINGLES :
  1. _ 1964 : Bo Street Runner/Tell Me (Label Decca F 118096)
  2. _ 1965 : Tell Me What You're Gonna Do/I Do Just What I Want (Label Columbia DB 7488)
  3. _ 1965 : Baby Never Say Goodbye/Get Out Of My Way (Label Columbia DB 7640)
  4. _ 1966 : Baby You Can Drive My Car/So Very Woman (Label Columbia DB 7901)

11 avr. 2008

Bamboo Shoot

On ne sait pas grand-chose de ce groupe qui a sorti un unique single en 1968 sur Columbia (Reference DB 8370), et que l’on retrouve sur diverses compilations comme l’indispensable série Acids Drops Spacedust & Flying Saucers. Si ce n’est que le groupe vient de l’Université de Bristol, et que cette galette est estimée à près de 200 livres. Aucune information sur le line-up du groupe non plus.

N’empêche que chez les collectionneurs les plus frappants dingues, ce groupe est devenu mythique. On est pourtant loin du trip psychédélique d’un Aquarian Age. La face A, The Fox Has Gone To Ground est un bon morceau garage, porté par un chanteur qui en impose, sur des chœurs en écho. On se laisse agréablement bercer par les solos du guitariste, qui dans une veine freakbeat, s’en va caresser des sonorités acides. La rythmique du morceau est de celle qui vous trotte toute la journée dans la tête. La face B est malheureusement introuvable sur les compilations, nous laissant un arrière-goût d’inachevé sur ce groupe obscur de la scène sixties anglaises.

DISCOGRAPHIE :

_ 1968 : SP The Fox Has Gone To Ground / There And Back Again Lane (Label Columbia DB 8370)

Barrett Syd

Syd Barret fait partie de ces êtres humains, assez rares, dont l’héritage musical se juge à l’affectif, autant qu’à l’oreille. Qui a parcouru ses deux albums solos, et en est revenu intact, peut, très légitimement, commencer à se poser des questions.

Le sorcier fou du premier Floyd, le décavé rétamé à l’acide, seul devant son miroir, s’écrasant sur la tête une mixture de Mandrax et de gel capillaire, l’humain largué, aussi, quelquefois. Même Twink, pourtant réputé complètement cinglé, a pris une sévère leçon de déjante, quand il a voulu s’approcher du mythe. Seul Roky Ericson tient la distance, à l’étage du rock en camisole.

On a accusé Roger Waters de beaucoup de maux, d’être responsable de la chute de son rival, il y a certainement du vrai la dedans. Mais Barret était largement ingérable pour un groupe en pleine ascension, David Gilmour (qui l’a accompagné jusqu’au bout de son deuxième album) a souvent raconté combien il était difficile d’obtenir quelque chose de cohérent de Syd. Et encore, si il était d’humeur……..

Ses deux disques solos s’aborderont donc globalement, selon l’humeur du moment, la tendance à la compassion, le voyeurisme inné à chacun……….mais en tout cas, pas selon la notion de «normalité ». Rarement, en effet, on aura eu autant l’impression d’entendre, en direct, un type se noyer, se dissoudre dans sa propre démence. Comme ces étranges créatures qu’on rencontre seulement dans les grands fonds marins, déformés par une pression gigantesque, Syd invente son propre monde. A chacun d’y trouver pitance, entre les diamants et la purée.

Laurent M

DISCOGRAPHIE :

_ 1969 : SP Octopus / Golden hair (Label harvest 5009 / Cotation : 300Euros)

_ 1970 : LP The Madcap Laughs (Harvest SHVL 765)

_ 1970 : LP Barret (Harvest SHSP 4007) LIEN : Octopus

Barrier, The

On ne sait que très peu de choses sur The Barrier. Si ce n’est que des amateurs passionnés de cette pop londonienne des sixties leur ont rendu un vibrant hommage en sortant un Ep, First Last And Always, en 2002. Retraçant au détour de 4 chansons le parcours de ces Mods électrique proche des Small Faces. Une bien belle découverte.

Originaire de Fulham, connu sous le nom des Purple Barrier également, le groupe se compose des frangins Éric Francis (chant) et Alan Francis (basse), de Del Swyer (guitariste) et d’Alan Brooks (batterie). Trois singles au compteur, flirtant avec la Soul, le psychédélisme (ce superbe Spot the Lights) et la pop du Swingin’ London. Le groupe signe en 67 sur le micro label Eyemark et signe un premier single (côté à plus de 250 livres !), Dawn Breaks Through / Georgie Brown, deux compositions qui auraient pu faire chavirer les charts. Une pop dominée par une guitare accrocheuse, des refrains entêtants et qui n’a rien à envier, entre autres aux Creations. Si si…

Philips repère alors le groupe et le signe l’année suivante pour deux singles. Si le succès ne suit pas, le groupe y développe un certain penchant psychédélique, et le simple Spot The Lights, avec son intro caverneuse et ses riffs matraquant des refrains pop parfaits, rends l’écoute de cet Ep de 2002 indispensable pour tous les amoureux de freakbeat.

PERSONNEL : Éric Francis (chant) et Alan Francis (basse), de Del Swyer (guitariste) et d’Alan Brooks (batterie)

DISCOGRAPHIE :

_ 1968 : SP Georgie Brown / Dawn Breaks Through (Label Eyemark EMS 1013)

_ 1968 : SP Spot the Lights / Uh (Label Philips BF 1731)

_ 1968 : SP The Tide is Turning / Place in Your Heart (Label Philips BF 1692)

Bean George

George Bean a cette douce particularité d’avoir été le premier songwriter folk à reprendre une chanson des Rolling Stones. Enregistrée dès 1963 sur Decca, la reprise du Will You Be My Lover Tonight dans une optique acoustique et magnifiquement produit, ne sortira finalement qu’en 64, accouplé à une seconde cover des Stones, It Should Be You. Se faisant voler du coup ce fait d’armes par Gene Pitney qui fut donc le premier artiste a enregistré une chanson de la bande de sieur Jagger.

Il signe chez Decca 4 singles, à travers lequel il revisite les Stones et Bob Dylan (une interpretation interessante du She Belongs To Me avec son nouveau groupe, George Bean and the runners) sans pour autant connaître le succès. Son folk aventureux trouvera une expression encore plus utopique quand en 1968 il signe sur CBS pour deux singles, dont ce délicat Floatin’ en face B de son dernier single, enveloppant l’auditeur dans des paysages imaginaires. Son talent de songwriter commence alors à être reconnu, il participe même au tournage du film Privilège où il interprète Onward Christian Soldiers, jamais repris sur disque.

Il fonde en 1969 le groupe Trifle, managé alors par Robert Stigwood, avec Rod Coombes, futur Strawbs, et cherche enfin la reconnaissance. Un album est mis en boite pour le label progressif de Pye, Dawn record, mais George Bean décède avant la sortie officielle du disque. Qui sera retardé du coup pour finalement ne sortir qu’en 1971. Et laissant derrière lui l’image oubliée d’un talent certain et d’une malédiction rock&rollienne peu banale.

DISCOGRAPHIE :

_ 1963 : SP Secret Love/Lonely Weekends (Label decca F11762)

_ 1964 : SP A Sad Story / Er Um Er (Label decca F 11922)

_ 1964 : SP Will You Be My Lover Tonight?/It Should Be You (Label decca F11808)

_ 1965 : SP She Belongs To Me/Why Must They Criticise? (as George Bean and The Runners)

_ 1967 : SP The Candy Shop Is Closed/Smile From Sequin (Label CBS ???)

_ 1968 : SP Bring Back Lovin'/Floatin' (Label CBS 3374)

Beatles, The

On ne peut décemment ne pas parler des Beatles quand on évoque une anthologie du rock anglais sixties. C’est une réalité implacable, et ce, même si cette rédaction n’est pas de celle à s’extasier devant un Sergent Peppers à la pop un peu trop sucrée à notre goût. Les Beatles ont sorti quantité de singles mémorables, à vrai dire, ils n’ont sorti que des singles mémorables. Des albums qui frisent la perfection de bout en bout, constamment en avance sur leurs temps. Alors oui, les Beatles ont changé la face du monde dans les sixties, c’est un fait indéniable. Et resteront sans doute comme le seul groupe de rock que l’histoire préservera. John Lennon ne s’était pas trompé, dans les sixties, les Beatles ont été plus populaires que Dieu, à vrai dire, les Beatles furent le messie de cette décadence sixties.

Et le seront sans doute à l’infini. Across The Universe est même parti à la conquête de l’univers, distillant les bonnes paroles de la pop. Difficile donc d’aborder ces scarabées légendaires tant tout a été déjà dit. Peur de se répéter, angoisse de se tromper sur des faits d’armes, et de voire une armée entière de fans conspuait à la faute. On osera juste dire que le nirvana des Beatles n’est pas ce Sergent Peppers adoubé par des millions de critiques rock, mais bien Revolver. Que Georges Harrison était le plus talentueux des 4, et le seul à avoir sorti un album démentiel (All Things Must Pass) dans l’après Beatles. Que la plus grande chanson de ces quatre garçons est sans conteste I am the Walrus, quitte à s’attirer les foudres de la branchitude ambiante.

Oui, les Beatles ont changé la face du monde. On ne contestera pas cela. Mais, ici à rave Up, on préférera toujours et encore se rouiller nos bons vieux blues sur ces riffs acerbes et crades de Sieur Keith Richards. C’est une simple question d’éthique. Non, je veux dire, de Survie.

Beat Merchants, the

Si les Beatles ont changé la face du monde par leur pop en constante évolution, les Rolling Stones ont permis quant à eux, de l’Angleterre jusqu’aux États Unis en passant par le trou du cul du monde, a des tas de gamins de gratter leurs doigts sur de vieux blues, de lever des armées de nana en furie, et de se taper des pintes de bière pour unique raison. Les Beat Merchants, originaires de Brighton, font partie de cette dernière catégorie.

Formé dans un premier temps comme un groupe instrumental à la Shadows, sous le nom des Hustler’s, c’est avec la rencontre du chanteur Chris Boyle que le groupe se tourne vers les standards de Chuck Berry, après avoir été impressionné par les débuts de Mick Jagger et ses comparses. Dès lors, les Beats Merchants adoptent autant leur musique que leur look, et signent un premier contrat pro avec la maison de disque Emi - Columbia. Et sortiront deux singles détonants de 64 à 65, du pur rythm&blues morveux et jouissif à souhait.

Ce premier single couple Pretty Face et son harmonica tourbillonnant, sur une rythmique infernal torché en moins de 2 minutes, à Messin’ with the man où l’on jurerait entendre les Stones. Ce premier 45 tours marche plutôt bien dans la région de Manchester et de Birmingham, se classant à chaque fois dans le top 10. Pretty Face sera notamment repris quelques années plus tard par Dr.Feelgood.

En 65, le groupe sort un second single dans la même veine, So Fine/She Said Yeah, qui ponctuera une tournée de 2 ans entamée dans les pubs, accompagnant tout de même Gene Vincent et les Honeycombs. Et si après ce single le groupe se sépare par trop de mouvance au sein du Line up, ils auront la bonne surprise de voir leur second 45 tours traversait l’Atlantique avec une face B inédite pour le marché US, You were made for me, un classique de Freddie & the dreamers mettant en avant leur puissance scénique.

Ces deux 45 tours sont trouvables aux alentours d’une cinquantaine d’euros, ce qui reste raisonnable vu leurs qualités. En 2003, le label Circle Records a la fantastique idée de sortir une compilation hyper bien documenté des Beat Merchants, reprenant des titres malheureusement jamais sortis sur la cire. Immanquable donc. PERSONNEL :

Chris Boyle - vocals

Ralph Worman - guitar

Gavin Daneski - guitar (died 199?)

Geoff Farndell - bass guitar

Vic Sendall - drums

DISCOGRAPHIE :

_ 1964 : SP Pretty Face/Messin' With The Man (Label Columbia DB 7367)

_ 1965 : SP So Fine/She Said Yeah (Label Columbia DB 7492)

Beatmen, The

Il est des groupes à la carrière discographique impressionnante. De ceux qui parcouraient les salles de concert tous les week-ends. Sans pour autant les connaître pour leur musique. C’est l’histoire même des Beatmen, qui se sont formés à la fin des années 50 du côté de Nottingham. Et qui ont participé à creuser le sillon de la pop beatlesienne. En accompagnant énormément de chanteurs pour des labels de petites fortunes.

Début des sixties, les Beatmen sentent le vent tourner du côté d’Hambourg, et rejoignent les Dave Dee, Dozy, Beaky, Mick and Titch sur les planches allemandes du Star Club. Où ils développeront une pop proche de celle des Poets . De retour à la maison en 1964, ils signent pour deux singles sur Pye, dont une très douce comptine Now the sun has she gone, vaporeuse et innocente, qui aurait mérité plus d’auditeurs à l’époque de sa sortie. Ce second single, on peut le retrouver sur la série des Ripples.

Malheureusement devant le peu d’enthousiasme suscité à la sortie de ce dernier single, Pye les lâche et les Beatmen s’évaporent dans une indifférence générale. Miracle des années 2000, les gars viennent de se reformer en 99 pour une réunion qui en a appelé d’autres depuis.

En attendant on ira balader son blues sur ce très beau Now the sun has she gone, à réhabiliter dans le panthéon de la pop britannique.

PERSONNEL : Bill Brazier (guitare), Paul Mountain (basse), Rob Duffy (guitare chant), John Landon (batterie)

DISCOGRAPHIE :

_ 1964 : SP You Can't Sit Down/Come On Pretty Baby (Label Pye ??)

_ 1965 : SP Now the Sun Has Gone / Please Believe (Label Pye 7N15792)

Beatstalkers, The

En provenance de Glasgow, les Beatstalkers sont à l’Écosse ce que furent les Beatles à l’Angleterre. Le joyau pop écossais, malencontreusement rangé dans le rayon beat par la plupart des historiens es rock. Car si dans la discographie touffue du groupe, on trouve trace dans certains morceaux de fuzz, d’orgue swinguant, il n’en reste pas moins que les Beatstalkers n’étaient qu’un groupe pop. Souvent façonné d’ailleurs par des producteurs avides de tendances.

Le groupe voit donc le jour en 1962, et ses premiers enregistrements, signés sur Decca en 1965, les amènent vers les atmosphères développées notamment au Star Club d’Hambourg. La bande est alors composée de Davie Lennox (chant), Eddie Campbell (orgue), Ronnie Smith (guitare), Alan Mair (basse), Tudge Williamson batterie), remplacé par Jeff Allen en 1967. De 1965 à 67, le groupe signe 3 single et un EP Français voit le jour, devenu collector (a près de 600 euros le disque). Les Beatstalkers sont alors propulsés par leur modeste hit beat, You’de Better Get A Better Hold On. Qui contraste alors avec leurs autres morceaux beaucoup plus sucrés. Ici, le groupe se fait plaisir, et se lâche pour un morceau caverneux.

N’empêche, les années Decca ne sont pas essentielles. En 67, le groupe passe chez CBS et se fait manager par Ken Pitt, qui a sous le coude un certain David Bowie. L’objectif étant de faire jouer les Beatstalkers sur des compositions de ce dernier. Chose faite en 67 avec Silver tree top school for boys, gentille critique du tabagisme dans les écoles publiques anglaises. Bowie leur signera deux autres singles tout aussi dispensables Everything Is You et When I'm Five.

Mais 69, après 7 singles et un EP là où d’autres n’auraient sortis qu’une démo avec davantage de talent, le groupe se dissout. On retrouvera Eddie Campbell au sein des Tear Gas, et Jeff Allen avec les Dr. K's Blues Band et East Of Eden. Les Beatstalkers se sont reformés il y a peu pour un concert à Barrowland, recueillant de beaux succès d’estime. On passera néanmoins sur ce groupe qui aura enregistré des choses certes intéressantes, mais pas non plus cruciales. PERSONNEL : Davie Lennox (vocals), Eddie Campbell (organ), Ronnie Smith (guitar, vocals), Alan Mair (bass), Hugh "Tudge" Williamson (drums), Jeff Allen (drums) DISCOGRAPHIE :
  1. _ 1965 : SP Everybody's Talking 'Bout My Baby / Mr. Disappointed (Label Decca F12259)
  2. _ 1965 : EP You'd Better Get a Better Hold On (Label Decca 457 112 M)
  3. _ 1966 : SP A Love Like Yours / Base Line (Label Decca F12460)
  4. _ 1966 : SP Left Right Left / You'd Better Get a Better Hold On (Label Decca F12352)
  5. _ 1967 : SP My One Chance to Make It / Ain't Got No Soul (Left in These Old Shoes) (Label CBS 2732)
  6. _ 1967 : SP Silver Tree Top School for Boys / Sugar Coated Man (Label CBS 3105)
  7. _ 1968 : SP Rain Coloured Roses / Everything is for You (Label CBS 3557)
  8. _ 1969 : SP When I'm Five / Little Boy (Label CBS 3936)
LIEN : Myspace

Beautiful

Fouiner du coté des obscurités sixties anglaises, c’est forcement tomber un jour ou l’autre sur un dilemme, de ceux qui vous torturent l’esprit, coincé entre un sentiment d’impuissance et une excitation sans faille face au morceau énorme trouvé sur l’une de ses nombreuses compilations de raretés.

La série des Rubble anglais donc. Disque 20. Titre 14. Un groupe nommé Beautiful et un titre, Walter’s dream qui vous rappelle forcement quelque chose. Une complainte jazzy un peu folle comme seul le Soft Machine originel de K.Ayers et R.Wyatt savait vous en pondre. D’ailleurs, on jurerait entendre le timbre de voix ironique de Kévin.

Alors immanquablement, la sensation d’être en possession d’un inédit de la Machine Molle est jouissive. Et vous partez indéniablement dans une espèce de course au trésor, recherchant des infos sur l’existence d’un tel disque à travers les biographies des deux groupes, ou sur les sites de collectionnites aigus.

Et ce qui est particulièrement frustrant, c’est de se retrouver avec certaines informations contrastées qui se recoupent certes, mais qui n’affirment jamais réellement l’existence d’un tel disque. Pour la petite histoire, ce titre Walter’s Dream serait issu des chutes de studio pendant la période auquel un certain Kim Fowley, producteur génial, mais o combien douteux, enregistrait les premières prises de Soft Machine en cet été 67.

De retour à Los Angeles la même année, il aurait ressorti pour le marché américain deux morceaux de ses bandes sous le nom des Beautiful, sur le non moins ponctuel label Cyclops, et ce, en toute légalité. D’autre part, ce Walter’s dream ressemble étrangement au premier single des Soft Machine Feelin Reelin 'Squealin', produit également par K.Fowley.

Pour autant, je n’ai trouvé aucune trace matérielle de ce disque, collector ultime s’il existe. Alors, simple légende, simple démo ou 45 tours à la valeur dantesque que seuls certains collectionneurs fortunés en détiendraient l’existence ? L’équipe de Rave Up se tourne vers vous pour un début de réponse.

_ 1969 : Walter's Dream / Shadows In The Sun (Label Cyclops CS-71X ????)

Beck Jeff

Je me suis toujours demandé si Jeff Beck avait un avocat. Vous imaginez l’état nerveux (et mental) du pauvre gars, toujours à l’affût d’une nouvelle embardée, ou d’une tocade de dernière minute. La période qui nous intéresse ici, si la moins créative de Jeff, la plus basique, est, autant que je sois concerné, la meilleure. Le premier Jeff Beck Group, a posé des jalons incontournables dans l’histoire du rock, définit le nouveau code de la route, avant d’exploser dans l’indifférence générale, comme tous les novateurs.

Tout ce qui relève aujourd’hui du cliché a été mis en page, codifiée, érigée en dogme, dans Truth (1968) inaliénable diamant. En vrac, guitare sanglante, chanteur qui gueule ses tripes (Rod Stewart, pas encore atteint du syndrome de la perruche) bassiste moelleux (Ron Wood) batteur sec et précis (Mick Waller ou Tony Newman) pianiste précieux (Nicky Hopkins)…….Et beaucoup de blues, de bons goûts à l’anglaise, Jeff Beck dans son meilleur numéro, la brillance du laser de bout en bout, le reste du monde réduit à rien, et les collègues (la mâchoire sur les genoux) réduits à lui piquer ses plans. En l’occurrence, Jimmy Page saura s’en souvenir, en notant les références du moteur, pour faire décoller son propre dirigeable.

L’autre exercice favori de Beck, hélas son plus connu, reste l’ego surdimensionné, et le disque erratique. Fidèle à lui-même, il ruinera donc sa chance de jouer à Woodstock (en restant bouclé dans sa chambre d’hôtel) et le deuxième essai du JB Group (Beck Ola 1969) est consternant de manque de direction, malgré quelques belles envolées de guitare, qui résonnent bizarrement, dans un ensemble disjoint et mal fagoté. Échec que Rod Stewart attribuera au manager Mickie Most (« Pendant qu’on enregistrait, Most se dorait sur son Yacht »).

On connaît la suite, l’accident de voiture, le parcours en zigzag du héros ombrageux, mais Truth avait dit l’essentiel, et ricanera longtemps à l’ombre du blues boom anglais.

Laurent M

DISCOGRAPHIE : SP

  1. _ 1967 : Hi Ho Silver Lining/Beck’s Bolero (Columbia DB 8151)
  2. _ 1967 : Tallyman/Rock My Plimsoul (Columbia DB 8227)
  3. _ 1968 : Love Is Blue/I’ve Been Drinking (Columbia DB 8359)
  4. _ 1969 : Plynth/Hangman Knee (Columbia DB 8590)
ALBUM :
  1. _ 1968 : Truth (Columbia SCX 6293 / Cotation : 40Euros)
  2. _ 1969 : Beck Ola (Columbia SCX 6351 / Cotation : 40Euros)
LIEN : You Shook Me /Let me love you Live 1968

10 avr. 2008

Bee Gees

Soyons exhaustifs, Rave Up est un blog dur, mais fondamentalement juste, donc il nous a semblé juste d’inclure des artistes « difficiles » dans notre sélection.

Et j’en surprendrais plus d’un en affirmant, sans honte aucune, que les Bee Gees des débuts, leurs harmonies vocales, leur pop sucré (pas un gramme d’acide à l’horizon) et la mélancolie qui émerge des arrangements tarabiscotés, sans être un fan hardcore, j’apprécie plutôt.

Jusqu’à 1969, leurs disques sont truffés de petites pépites méconnues, des classiques de l’école mélodique, qui sont un vrai bonheur, quand on est englué dans Radio Nostalgie. Sans jamais arriver à se rappeler le nom du groupe.

Pas dénués de talents les frères Gibb, simplement jamais en retard d’un anachronisme. Romantique à l’époque psyché, auteurs d’un ambitieux album conceptuel (Odessa) alors que le métal lourd commençait à donner de la fuzz, ringardisée pendant des années, et puis le retournement de veste disco (et archi rentable) et toute la crédibilité qui s’en va…..

Regardez-la plâtrée de singles magiques. Tout çà bourré d’idées miraculeuses, commerciales à fond, mais imparable quand bien reçu, conçu pour le manuel de l’emballage miraculeux.

Le verdict sera à reconsidérer pour la première période, et à pendre pour le reste.

Laurent M

PERSONNEL : Barry Gibb (guitar, lead vocals), Robin Gibb (lead vocals, 1958-69, 1970-2003), Maurice Gibb (bass, piano, vocals), Vince Melouney (guitar, 1967-68), Colin Petersen (drums, 1967-69)

DISCOGRAPHIE : SP

  1. Spicks And Specks/ I’m The World (1967. Polydor 56727).
  2. New York Mining Disaster 1941/I Can’t See Nobody (1967.Polydor 5161).
  3. To Love Somebody/Close Another Door (1967. Polydor 56178).
  4. Massachusetts/Barker Of The UFO (1967.Polydor 56192).
  5. World/Sir Geoffrey Saved The World (1967.Polydor 56220).
  6. Words/Sinking Ships (1968. Polydor 56229).
  7. Jumbo/The Singer Sang His Songs (1968. Polydor 56242).
  8. I’ve Gotta Get A Message To You/Kitty Can (1968. Polydor 56273).
  9. First Of May/Lamplight (1969.Polydor 56304).
  10. Tomorrow Tomorrow/Sun In My Morning (1969.Polydor 56381).
  11. Don’t Forget To Remember/The Lord (1969. Polydor 56343).
  12. I.O.I.O/Sweetheart (1970.Polydor 56377).
  13. Lonely Days/Man For All Seasons (1970.Polydor 2001/104).
ALBUM :
  1. First (1967. Polydor 583 012).
  2. Horizontal (1968. Polydor 582/83 020).
  3. Idea (1968. Polydor 582/583 036).
  4. Odessa (1969. Polydor 583 049/050).
  5. Cucumber Castle (1970. Polydor 2383/010).
  6. Two Years On (1970. Polydor 2310/069).
LIEN : I Started A Joke

Belfast Gypsies

Quand les Them explosent en 1965, le bassiste émigre aux USA, en emmenant le nom, le temps de survivre à deux albums, assez peu convaincants. Quant aux frères Jackie et Pat McAuley, ils tombent dans la main de Kim Fowley (comme tant d’autres) et deviennent Belfast Gypsies. Pour un seul, mais magnifique album, uniquement distribué en Suède. Fort heureusement largement disponible en CD, et qui plus est, bardé de bonus, chansons uniquement disponibles sur les Ep’s français. Lesquels, bien sûr, font le désespoir de beaucoup, à commencer par l’équipe de Rave Up .

Partagé entre rocks sauvages (Gloria revisité en Gloria’s Dream à faire rougir les Pretty Things) reprises ratatinantes (Boom Boom et surtout St James Infirmary, qui vous étouffe d’une seule main) l’album est un sommet de garage punk sans concession aucune, comme rarement (jamais ?) l’Angleterre en aura livré. En plus, Jackie McAuley imite Van Morisson comme personne, d’un ton guttural, sans jamais tomber dans la parodie. Petit problème, en 1967 on voulait tout, sauf un combo sauvage, hurlant son R'n'B, comme un coyote défendrait son territoire. Une production dépouillée s'ajoutant encore à l’impact de cette musique, toujours aussi indomptable, de nos jours.

En toute logique, le succès tournera le dos à cette bande d’affreux, (aussi coupables d’un single sous le nom de Freaks Of Nature) laissant, pour l’éternité, ce merveilleux chapitre du rock anglais, à découvrir pour les générations futures.

Laurent M

PERSONNEL : Jackie McAuley (vocals, keyboards), Pat McAuley (drums), Ken McCleod (guitar), Mark Scott (bass)

DISCOGRAPHIE :

  1. _ 1967 : Belfast Gypsies (LP Grand Prix Gp 9923 / Cotation : 120Euros)
  2. _ 1966 : SP Gloria’s Dream/Secret Police (Island W1 3007)
  3. _ 1966 : EP Gloria's Dream (Label Vogue 18 079 / Cotation : 90Euros) Pressage francais
  4. Freaks Of Nature : _ 1967 : SP People Let’s Freak Out/Secret Police (Island W1 3017)
LIEN : Myspace

Bennett Duster

Le fantasme ultime du collectionneur de disques (obsédé moyen, avançant dans la vie l’esprit ailleurs, loin des préoccupations mesquines de ses contemporains) reste la pêche au label miraculeux, et hors de prix. Dérivation totale de l’esprit original, bien sûr. Vertigo, par exemple, se voulait expérimental et ouvert, accueillant aussi bien Black Sabbath que le jazz-rock de Bob Downes.

Le premier à se présenter sur notre route sera donc Blue Horizon, prototype parfait. La petite compagnie artisanale des frères Vernon, unie à jamais au blues boom anglais, a laissé son empreinte sur 100 albums et 60 singles, pas tous inoubliables, mais certains incontournables, dans l’époque bénie qui nous préoccupe.

C’est l’homme-orchestre Duster Bennett qui s’y colle le premier, avec son chouette country blues, cool et sans prétention. Mort très jeune (à 33 ans) alors que Jimmy Page venait de le signer sur Swan Song, c’est lui qui a écrit le Jumpin At Shadows popularisé par Fleetwood Mac. Restée relativement inconnue hors des cercles spécialisés, sa musique garde de ce fait une fraîcheur réjouissante (superbe harmoniciste) tout en affichant une vraie intégrité de puriste, dans l’esprit de Jo Ann Kelly. Pas un petit exploit.

Intégrale facilement disponible en CD.

Laurent M

DISCOGRAPHIE : SP

  1. It’s A Man Down There/Things Are Changing (Blue Horizon 573141). 1968.
  2. Rainin In My Heart/Jumpin For Joy. (Blue Horizon 573148). 1968.
  3. Bright Lights Big City/Fresh Country Jam (Blue Horizon 573154). 1969.
  4. I’m Gonna Wind Up Endin’ Up Or I’m Gonna End Up Windin’Up With You/Rock Of Ages Cleft For Me (Blue Horizon 5373164). 1969.
  5. I Chose To Sing The Blues/If You Could Hang Your Washing Line Like You Hang Your Lines (Blue Horizon573173). 1970.
  6. Act Nice And Gentle/I Want You To Love Me (Blue Horizon 573179). 1970.
ALBUM :
  1. Smiling Like I’m Happy (Blue Horizon 7/63208). 1968.... / Cotation : 75Euros
  2. Bright Lights (Blue Horizon 7/63221). 1969.... / Cotation :75Euros
  3. 12 DB’s (Blue Horizon 7/63868). 1970.... / Cotation : 60Euros
  4. Justa Dusta (Promo US, Blue Horizon 4804).
LIEN : Myspace

9 avr. 2008

Big Boy Pete

Quand on s’intéresse à l’archéologie musicale, il faut se faire une philosophie, ce n'est pas une croisière, tout peut arriver à tout moment.

Exemple, le dénommé Big Boy Pete (né Pete Miller). Pour les encyclopédies officielles, il a sorti un seul single en 1968, un classique du freakbeat anglais, repris sur plusieurs compilations.

Tiens, c’est bizarre, je possède un recueil avec une douzaine de morceaux (Homage To Catatonia) il existe donc des inédits ?

Surtout que c’est plutôt pas mal. De la bonne pop psychédélique, intransigeante sur elle, pleine d’idées, de sons goûteux. Dans un format court (pas d’errances lysergiques) qu’on imagine très bien passer sur Radio Caroline. Sans compter une voix irrésistible (quelque part entre Reg Presley et Syd Barret). Et mis à part un morceau qu’on jurerait pompé sur Georges Brassens (vu le contexte, ça heurte quand même), on a ici un colossal potentiel, non exploité. Et qui aurait pu, les doigts dans le nez, donner des coliques à la concurrence de l’époque .

En investiguant un peu (http://www.bigboypete.com/welcome.html) je me suis aperçu que ce zèbre était loin d’être un simple OVNI. Ex-membre d’un groupe nommé Peter Jay And The Jaywalkers, sa carrière a débuté en 1957. En fait, dans une période 1965/69, il a dû vivre bouclé dans un studio, pas moins de sept compilations proposant un large choix de démos. Et pas franchement des brouillons infâmes.

Précipitez-vous sur World War IV de toute urgence. Voila un concept album comme l’époque les aimait, à base de préoccupations humanitaires, et d’état catastrophique du monde. Bien qu’encore au stade expérimental, tout ceci est facilement de l’exigence d’un Pete Townshend. Beaux arrangements (beaucoup de guitares acoustiques) mélodies partout, partie vocale superbe, influence des Bee Gees très présente, tout un art aujourd’hui englouti. Un grand trésor à exhumer rapidement, tant il a bien résisté au temps.

Alors, héros sans emploi, grande feignasse, je m’en foutiste de génie ? Un peu des trois ?

Laurent M

DISCOGRAPHIE :

_ 1968 : SP Cold Turkey/My Love Is Like A Spaceship (Camp 602 005)

COMPILATIONS :

  1. Homage To Catatonia (Bacchus 1123). 1998.
  2. Return To Catatonia (Gear Fab 139) 1999.
  3. Psycho Relics (Bacchus 1137). 1999.
  4. World War IV (Gear Fab 157). 2000.
  5. Summerland (Gear Fab 147). 2000.
  6. The Margetson Demos (Gear Fab 206). 2004.
  7. The Perenial Enigma (Angel Air 224). 2006.
LIEN : Myspace

Birds, The

Certains paieraient, cher, pour un voyage dans le temps, ils sont les premiers à l’admettre. Oh pas loin, Londres 1966/1967, faire le plein de disques, et surtout voir quelques concerts. Dans un pub enfumé d’Hampstead ou de Richmond, vous me voyez venir, avec mes gros sabots.

Avec un peu de chance, on pourrait, par exemple, accrocher les Birds anglais (ne pas confondre avec leur quasi homologues américains, çà leur a valu assez d’ennuis) un des tout meilleurs groupes de sa génération, sur le pont dés 1964, et qui serait resté scandaleusement obscure sans la présence du jeune Ronald Wood. Celui-là même qui, dix ans plus tard, décrochera le contrat d’intérim du siècle, dans une formation un poil plus célèbre, ou mieux managée.

Plus connus pour la rareté de leur unique EP français que pour leurs qualités intrinsèques, les Birds avaient pourtant de sérieux arguments à faire-valoir. Comme l’auditeur pourra en juger sur l’excellent Collector’s Guide To British Birds, compilation exhaustive, indispensable à toute fixation sérieuse sur le British Beat.

Très rentre-dedans (grosse influence de Bo Diddley) direct sans être primaire, jamais pris en flagrant délit de faiblesse vocale, en originaux ou en reprises (Leavin Here, un vieux classique Motown, le Run Run Run des Who, à la hauteur les doigts dans le nez) et surtout La Poupée Qui Fait Non, vous lisez bien, déclinée en électrique et en acoustique, parfaitement restituée, et qui méritait le hit en bronze massif. Celui qui fait vendre des années après.

Pendant ce temps, les Birds se débattaient avec l’avocat des Byrds, se voyaient obligés de changer de nom, et constataient que chaque gamin qui demandait leurs disques, repartait avec une galette de folk rock acide, propulsée par des Américains aux petites lunettes.

Alors, histoire connue, ils ont laissé leurs ambitions à la consigne de Waterloo Station, et Ron a continué son chemin tortueux. Devenant un des portes flingues les plus connus de sa génération, avec un CV en béton.

J’aime beaucoup, personnellement, les quelques morceaux (signés Gus Dudgeon, futur alter ego d’Elton John) qu’il a usiné dans Santa Barbera Machine Head, un projet sans grand lendemain. Avec quand même Jon Lord aux claviers (qui côtoyât le défunt grand frère de Ronnie, chez Artwoods) feu Kim Gardner (Creation) à la basse, et un batteur inconnu (Twink ?). Tout l’embryon du son Deep Purple est déjà la, à un stade de gestation très avancé. Pourquoi on retrouve ces vestiges sur les compilations de blues du label Immediate, un projet était-il en cours, autant de questions condamnées à rester sans réponse. Laurent M. PERSONNEL : Ron Wood (guitar, vocals), Tony Munroe (guitar, vocals, -1966), Kim Gardner (bass, vocals), Ali McKenzie (vocals, harmonica), Pete McDaniels (drums, 1964-66), Bob Langham (drums, 1963-64), Clem Cattini (drums, 1966) DISCOGRAPHIE :
  1. _ 1964 : SP You're on My Mind / You Don't Love Me (You Don't Care) (Label decca 12031)
  2. _ 1965 : SP Leaving Here / Next in Line (Label Decca F 12140)
  3. _ 1965 : SP No Good Without You Baby / How Can It Be (Label decca 12257
  4. _ 1966 : SP Say Those Magic Words / Daddy Daddy (Label Reaction 951 005)
  5. _ 1966 : EP No Good Without You Baby (Label Decca 457.114 / Cotation : 400Euros)
LIEN : Myspace

Billmuss Trevor

Cet album de Trevor Billmuss, Family Apology, fait sans doute partie du Graal du label progressif Charisma, côté à près de 250 euros. On ne le trouve d’ailleurs ni sur la toile, ni sur les listes de recherches des requins du vinyle, ni même sur la quantité foisonnante de réédition qui inonde toutes les semaines les bacs à solde de leur énième concert inédit de Jimi Hendrix…

Difficile alors pour le chroniqueur de vous en faire un compte rendu objectif. Un unique titre présent sur les compilations Fading Yellow n’étant pas suffisant pour juger l’appréciabilité d’une œuvre entière. Produit par John Anthony en 1970, Family Apology serait un disque anglais à part entière, où l’ironie côtoie l’absurde. Un opus tourné vers une musique de troubadour plutôt qu’un rock soigné et lyrique. Trevor Billmuss aurait accompagné sur la route des icônes de la scène Canterbury, tel que Caravan ou Blodwyn Pig. Ouvrant généralement pour ces ténors du progressif anglais.

Il serait ensuite monté en 71 aux États-Unis pour retomber dans un anonymat des plus abouti. Si vous lecteurs en savez un peu plus sur ce disque, la rédaction de Rave Up se ferait l’écho de votre avis.

DISCOGRAPHIE :

_ 1970 : LP Family Apology (Label Charisma CAS 1017)

_ 1970 : SP Whoops Amour! / Sunday Afternoon in Belgrave Square (Label Charisma CB130)

_ 1971 : SP English Pastures / Fishing Song (Label Charisma CB 158)

Ritchie Blackmore Orchestra

La terreur des caméras et des stratocasters blanches, pour son premier et rarissime single solo, où il est accompagné par deux membres des Outlaws. Deux instrumentaux, dont une reprise de Glenn Miller. Pour les fans de Blackmore, deux compilations (Rock Profile et Take It ! Sessions 63/68) proposent du matériel inédit. Laurent M DISCOGRAPHIE : _ 1965 : SP Getaway/Little Brown Jug (Oriole CB 314)

8 avr. 2008

Black Cat Bones

Black Cat Bones fait partie de ces groupes, pas si rares que ça, dont la somme des parties sera toujours supérieure au résultat global. Un collector de valeur, des membres de grande réputation, et au total un résultat assez piteux. Les marchands de disques s’empresseront de clamer que les racines de Free émergent dans ce médiocre opus, à la pochette si repoussante (ils auront vraiment tout loupé). Rave Up a, c’est notoire, une vision des choses un peu différente.

Reprenons au départ. Un groupe anonyme, qui accompagnait les stars du blues, de passage en Angleterre. C’est là que Paul Rogers a remarqué ses futurs compagnons de route.

Certes, Paul Kossof et Simon Kirke y ont fait leurs premières armes, et deux des membres ont joué chez Leaf Hound, mais sur l’album c’est Rod Price (future Foghat) qui tient la guitare.

Et on s’y ennuie sur ces deux faces………le blues rock dans ce qu’il a de pire. Sans imagination, sans éclairs, même pas mauvais, juste gris et monotone. Malgré la belle voix de Brian Short. Cherchez ailleurs pour les plus belles réussites du blues boom. Laurent M PERSONNEL : Paul Kossoff (guitar, 1966-68), Stu Brooks (bass), Paul Tiller (vocals, 1966-67), Derek Brooks (guitar), Frank Perry (drums, 1966-68), Brian Short (vocals, 1967-69), Simon Kirke (drums, 1968), Rod Price (guitar, vocals, 1968-69), Phil Lenoir (drums, 1968-69) ***************************** DISCOGRAPHIE : _ 1968 : Black Cat Bones (Nova SDN 15 / Cotation : 250Euros)

Black Sabbath

Mais si, eux aussi, parce que du strict point de vue époque, ils rentrent de justesse dans le créneau. Question originalité, leur premier album se pose quand même un peu là. Au premier riff urticant qui déchire Black Sabbath, la face de l’univers a changé. Leur détonnant mélange jazz/blues cuit au four/messe noire, véritable pierre philosophale, sonne toujours comme une bouffée de souffre dans un bénitier.

Même Blue Oyster Cult, pourtant l’élève le plus doué, accuse vite ses limites parodiques.

Ozzy Osbourne (pas encore tombé dans la catégorie des clowns lassants) braille comme un demeuré. Derrière on usine correctement, ce qui mettra peu de temps à devenir une boîte à clichés.

Promu grand maître de la fonderie (avant d’en être le dictateur) et armé de sa seul Gibson SG, Tony Iommi, limité physiquement, donne les clés d’un nouveau langage. Lequel est condamné d’avance à être pillé, tant il est révolutionnaire . Puis livré en pâture pour surconsommation de masse.

Ce ballon d’essai, est le seul d’une imposante discographie à ne pas sonner comme un disque de plus après une autre tournée après……… Rivé au sol par le succès de Paranoid, arnaqué par tout le monde (certainement le seul groupe du monde a voir vu débarquer un huissier sur scène) pris à la gorge par des engagements colossaux, Black Sabbath a poursuivi sa longue histoire jusqu’à aujourd’hui.

Lamentable rabâchage de reformations foireuses, de purges incessantes, et de rabibochages éphémères, sentant surtout l’appel du tiroir-caisse, sans jamais retrouver l’aura maléfique de ce damné premier album.

PERSONNEL : Tony Iommi (guitare), Ozzy Osbourne (chant), Terence Butler (basse), William Ward (batterie), Jimmy Phillips (slide guitar, 1968), Alan "Aker" Clarke (saxophone, 1968)

Laurent M

DISCOGRAPHIE : SP

_ 1970 : Evil Woman/Wicked World (Fontana TF 1067)

_ 1970 : Evil Woman/Wicked World (Vertigo V2)

_ 1970 : Paranoid/The Wizard (Vertigo 6059 010)

ALBUM :

_ 1970 : Black Sabbath (Label vertigo VO 6)

_ 1970 : Paranoid (Label Vertigo 6059010)

LIEN : Myspace