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16 mars 2010

Galliard

Il est des groupes inclassables. De ceux qui, enivrés par le monde qui les entoure, explore les genres, les triture, les mélangent pour finalement créer leur propre musique. On imagine que les Galliard sont nés d’une rencontre fortuite entre des musicos qui ont chacun gratté dans leur coin, expérimenté leurs instrus, et écouté pas mal de musique. Que cette rencontre ait donné lieu à l’un des combos les plus éclectiques qu’il soit, fouinant dans les vestiges du passé (le folk traditionnel), s’acoquinant des modes du moment (rock progressif, jazz rock émergent) sans pour autant oublier de s’ouvrir au monde (influence hispanique et indienne). De tout ce bazar d’influences aurait pu en ressortir une musique qui se cherche, sans véritable ligne de conduite. Il n’en est rien.

Deux albums au compteur, Galliard sonne encore étonnement bien de nos jours, bricolant un folk progressif théâtral, où le jazz s’amourache à la pop. Le premier album, Strange Pleasure, porte à merveille son nom. Sorti en 1969, le combo composé de 7 musiciens se lance dans un panel de couleurs et d’influences aussi grandiloquentes qu’intimes. Malgré des morceaux relativement courts (enfin dans la moyenne), le groupe parvient à élaborer des mélodies progressives que vient éructer un saxo free, grande constance tout au long de ces dix morceaux. Un gémissement de ce dernier et place à une déferlante de guitare acide qui part en cavalcade (Children Of the sun, superbe !), une montée orgasmique du sax et le groupe s’épanche sur un long coït au paroxysme trippant (Blood) pour finir sur une débauche progressive exaltante où le groupe débecte un rock nerveux (I Wanna Be Back Home). Le reste oscille entre folk rural et pop urbaine, sans pour autant s’y perdre.

Cette dualité, on la retrouvera également sur le second album, où pas loin de cinq nouveaux musicos viennent s’ajouter à la polyvalence des instrus. New Dawn sort en 70, et creuse les sillons d’une musique éclectique, le sax y prend ses aises, ses interventions s’y font plus longues, mais il se voit renvoyer la balle par une trompette, un trombone, une flûte aventureuse. La basse est également omniprésente, voire quasi funky sur les deux derniers titres, le tout dans un magma sonore qui s’allonge, très proche du jazz rock. Sans doute moins impressionnant que ce Strange Pleasure, avec plus de longueurs aussi. Mais il suffit de se passer ce long délire à la cithare et à la flûte sur Ask For Nothing pour s’envoyer en l’air dans les détritus d’un univers qui n’a plus rien de rural ou d’urbain, mais dans les cieux d’un imaginaire apaisant et fantasmatique.

Le combo se sépare peu de temps après, retrouvant pour la plupart l’anonymat des pochettes de disques (Lyle Jenkins jouera entre autres pour Kevin Ayers et Siverhead, alors que l’on retrouvera Dave Caswell jouant les sessions man pour Ashton Gardner & Dyke, John Entwistle, Leigh Stephens et Kevin Ayers). À noter que la face B de leur single n’apparait pas sur les albums. Au final, un combo détonnant de dualité et d'ingéniosité qui peut en agacer plus d’un. Moi j’adore !

PERSONNEL :

Geoff Brown (chant, guitare), Richard Pannell (guitare, chant), John Smith (soprano, alto saxophone, tenor saxophone, 1968-69), Dave Caswell (trompette, flugelhorn), Leslie Podraza (batterie), Les Marshall (batterie, percussion, chant), Andy Abbott (basse, chant), Lyle Jenkins (soprano, alto saxophone, tenor saxophone, 1969-70), Harold Beckett (trompette, flute), John Hughes (trombone), John Morton (claviers), Tony Roberts (saxophone, flute), Tommy Thomas (percussion).

DISCOGRAPHIE :

ALBUMS :

_ 1969 : Strange Pleasure (Label Deram Nova (S) DN 4 / Côte : 150Euro)

_ 1970 : New Dawn (Label Deram SML 1075 / Côte : 150Euro)

  1. SINGLE :
_ 1970 : I Wrapped Her In Ribbons/Hermit And The Knight (Label Deram DM 306)
  1. LIEN :
Myspace

Gamblers, The

Un groupe pop bercé autant dans le beat que dans le garage de l’époque, sans jamais réellement trouver sa voix, et qui connut quelques succès aux States avec deux simples sortis uniquement chez l’Oncle Bill. Commença par être le groupe d’accompagnement de Billy Fury avant de tenter l’aventure de leurs propres ailes. Suffisamment anecdotique pour que l’on s’arrête ici.

PERSONNEL :

Jim Crawford (chant, guitare), Alan Sanderson (basse), Andy mac (batterie), Ken Brady (sax), Tomy Damond (trompette, guitare) et Alain George (claviers)

DISCOGRAPHIE :

_ 1963 : You've Really Got A Hold On Me/Can I See You Tonight (SP Decca F 11780)

_ 1964 : Nobody But Me/It's So Nice (SP Decca F 11872)

_ 1965 : Now I'm All Alone/Find Out What's Happening (SP Decca F 12060)

_ 1966 : Doctor Goldfoot/It Seems So Long (SP Decca F 12399)

_ 1967 : Cry Me A River/Who Will Buy (SP Parlophone R 5557)

The Game

Pour tous ceux qui passent des heures à fouiner sur les compilations de garage rock, les Game ne devraient pas leur être inconnus. Souvent compilé, autant oublié, ce quintet en provenance du conté du Surrey n’a sorti que 4 singles, sur 3 labels différents, mais quels singles ! Autant de baffes dans la gueule à grand coup de riffs s’approchant de la hargne des Who comme à la classe électrique des Creation. Rien de moins !

Formé sur les cendres des Secrets dès 64, le groupe adopte son nouveau patronyme en signant dans la boite de management Original Sounds Production où ils font la rencontre de Terry Brown, dans leur bonne vieille ville de Mitcham. Après quelques répét’, le groupe est signé par Pye pour un premier effort honorable de freakbeat. Avec un son dégueulasse qui sera leur marque de fabrique, Gotta Keep On Moving Baby/But I Do s’inscrit dans la mouvance de l’époque, et sera un relatif échec. Pourtant, on y dénote déjà cette touche d’acidité peu présente chez leurs compères. Premier licenciement.

Zou, les gars sont signés l’année suivante sur Decca où ils sortent un nouveau simple, dans la même lignée, et avec cette manie d’asséner un gros riff bien gras dès l’intro de chaque morceau. Gonna Get Me Someone reprend quelques influences Mods évidentes, jusqu’à ce break de guitare saturé sorti d’on ne sait où, et qui te dégaine un effet d’enfer. La face B, au contraire, rompt complètement avec leurs passés, s’immisçant dans une pop nerveuse, mais bien fichue (Gotta Wait). Si le groupe escompte avec ce simple de rencontrer le succès, chose qu’il ne parviendra pas, ils deviendront une véritable légende avec les deux suivants.

Renvoyé par Decca affolé par leurs dégaines et leurs sons sortis tous droits de troglodytes enfumés, le groupe se retrouve sans label au début de l’année 67. En bonnes teignes anglaises, les gars persistent, quelques changements s’opèrent dans le groupe, et les Game délivrent deux pépites de garage psychédélique totalement jouissives, après avoir signé sur Parlophone.

Flagellant la dictature des charts sur leur troisième face A avec le terrible The Addicted Man, toute guitare dehors, ciselant une pop à grands coups de butoirs électriques, le combo change radicalement d’atmosphère, plus sombre, finie les costards et la pop bien torchée, sans pour autant abandonné ce son si caverneux. La voix de Tony Bird prend de la dimension dans ce magma électrique, impétueux, provocant, et dandyesque à mort. La face B, Help Me Mummy's Gone, creuse les sillons d’un rock apocalyptique dans un break foutoir extasiant !

Mais vous n’en avez pas finis les gars, le quatrième simple est une pure merveille, incontestablement la grande réussite du groupe, même si la face B reprend celle du troisième 45t. Sur une intro totalement chaotique suivie d’un riff d’une classe folle, le groupe bricole LA pépite garage, celle que l’on retrouvera sur les indispensables Perfumed Garden. It's Shocking What They Call Me vous emmène directe en pleine défonce sonore, complètement dézingué, salement violente pour un trip de 2minutes 40. Énorme !

Évidemment, le succès n’est pas là, le groupe se disloque en 68, Tony Bird ira rejoindre Kind Hearts, alors que Terry Spencer, l’acharné de la six cordes ira fonder en compagnie de Stan Decker (basse) les obscures Grail (un seul album sur Metronome sorti en Allemagne en 1971). À la fin des années 90 sortira une anthologie du groupe, It's Shocking What They Call Us, reprenant les quatre 45t plus quelques démos franchement anecdotiques, rendant le tout moins immédiat que la fraicheur des derniers simples.

PERSONNEL :

Terry Boyes (chant, harmonica), Reg Charsley (chant), Terry Spencer (lead guitare), Tony Bird (guitare), Allan Janaway (basse), Jimmy Nelson (batterie), Terry Goodself (batterie)

DISCOGRAPHIE :

_ 1965 : Gotta Keep On Moving Baby/But I Do (SP Pye 7N 15889)

_ 1966 : Gonna Get Me Someone/Gotta Wait (SP Decca F 12469)

_ 1967 : The Addicted Man/Help Me Mummy's Gone (SP Parlophone R 5553)

_ 1967 : It's Shocking What They Call Me/Help Me Mummy's Gone (SP Parlophone R 5569)

LIEN :

It's Shocking What They Call Me

The Addicted Man

23 févr. 2010

Elmer Gantry's Velvet Opera

Souvent assimilé à la scène psychédélique anglaise, le Velvet Opera de Dave Terry alias Elmer Gantry est en faite un hybride pop mêlant divers influences, une sorte de hard rock progressif avant l’heure, qui doit une grande majorité de sa popularité à son single, assez jouissif il est vrai, Flames. Le reste tombe malheureusement le plus souvent en désuétude, et comme la plupart des groupes pop anglais de l’époque, ne put s’empêcher de parsemer au grès de deux albums son réel manque d’homogénéité.

Ceci étant dit, le combo mérite qu’on s’y attarde. Formé dans la banlieue de Coventry en 66, le groupe s’amuse dans un premier temps à reprendre de vieux blues, comme la plupart de ses contemporains, sous le nom des Five Proud Walkers. Le groupe est alors composé de Richard Hudson à la batterie, Colin Forster à la guitare, Jimmy Horrocks (orgue, flûte), John Ford à la basse et Dave Terry au chant et à l’harmonica. Avant de se prendre en pleine poire les excentricités du Floyd Barrettien. Désireux de suivre ces chemins tortueux, ils immiscent alors dans leur musique d'agréables petites touches surréalistes sur des formats conventionnels, qui les rendent de suite repérable.

Le groupe prend alors le patronyme du Velvet Opera, jusqu’au jour où Dave Terry se pointe lors d’une répet’ vêtu d’une longue cape noire et coiffé d’un chapeau de Chaman. Le combo croit reconnaître en lui Elmer Gantry (personnage principal et au combien attachant du film Le Charlatan sorti en 1960), et décide d’adopter ce nom à rallonge.

Ils sont repérés quelque temps après par le label Direction, qui les signe pour un premier single. Le groupe torche alors sa plus belle composition, avec le couple Flames/Salisbury Plain, qui connaît un mini succès, dû notamment à sa présence sur l’inestimable compilation CBS The Rock Machine Turns You On. Sur une rythmique saccadée tenue par une ligne de basse démente, le groupe balance un excellent rock ponctué par un déferlement de stridences électriques. Dave Terry assure comme une bête au chant, et le morceau, prometteur, donne de l’assurance au combo qui s’installe en studio fin 67 pour concocter son premier album.

Bourrées d’idée, les musicos s’attèlent à développer un son qui leur sera propre, tentant l’alchimie de leurs diverses influences. L’album sort au tout début de l’année 68, mais pêche par manque de continuité et de ligne directrice. Si quelques titres sortent du lot, on reste agacé par ces changements perpétuels de direction. On pense notamment à l’intro de l’album où en moins d’une minute le groupe signe son meilleur morceau, Dave Terry poussant de sa voix rauque une espèce de jams sessions où tous les musicos embrayent à fond. Alors qu’on est en droit de s’attendre à une déferlante de guitare heavy, le groupe sombre dès le troisième morceau dans une pop d’une absurdité totale. Et le plus incroyable, c’est que le groupe choisit cette farce qu’est Mary Jane (diatribe en faveur d’une célèbre herbe) pour promouvoir cet album sur leur second single !!!

L’opus se poursuit sur un excellent son jazzy I Was Cool, effectivement cool et allumé, une nouvelle fois très bien chanté. On reprend espoir, notamment grâce à l’instrumental Walter Sly Meets Bill Bailey (où le groupe prend enfin son pied sur un son heavy jouissif) suivi du très oriental Air sur fond de cithare et de chant stoned. Avant de retomber dans les travers infâmes d’une pop arty sur la face B, qui se cherche sans se trouver. Ici et là quelques plans intéressants, mais sans jamais dénicher la magie d’une mélodie simple ou torturée.

Un sentiment de gâchis que ne viendra pas enrayer le troisième single d’Elmer Gantry’s Velvet Opera, véritable infamie de pop grandiloquente (Volcano), même si la face B sauve les meubles, dernière petite merveille balancée par Dave Terry avant que ce dernier ne quitte le navire et laisse les Velvet Opera en solo. Mais ceci est une autre histoire sur laquelle on s’attardera !

PERSONNEL :

Dave Terry (chant, guitare), Colin Forster (guitare), Richard Hudson (batterie) et John Ford (basse)

DISCOGRAPHIE :

ALBUM :

_ 1968 : Elmer Gantry's Velvet Opera (Label Direction 8-63300)

SINGLES :

_ 1967 : Flames/Salisbury Plain (Label Direction 58-3083)

_ 1968 : Mary Jane/Dreamy (Label Direction 58-3481)

_ 1969 : Volcano/A Quick 'B' (Label Direction 58-3924)

LIEN :

Elmer Gantry's Velvet Opera

Garden Odyssey Enterprise

Obscur combo de Manchester qui n’enregistra qu’un seul single sur le label progressif Deram. Sad & Lonely, la face A, fut écrite par Graham Gouldman, dont on a déjà parlé, chouette ritournelle langoureuse qui respecte le format pop à la perfection, avec ses refrains tout en douceur, sa petite touche jazzy distillée en arrière-plan via un piano qui sait se faire discret, une guitare aux accents répétitifs conférant peut être au morceau sa place sur la compil Decca consacrée à la scène psychédélique. Sky Pilot, sur la face B, n’a jamais été compilé, mais on peut penser qu’il s’agit d’une reprise du classique d’Éric Burdon période psyché. On ne sait rien d’autre sur ce groupe.

DISCOGRAPHIE :

_ 1969 : Sad And Lonely/Sky Pilot (SP Deram DM 267)

Gary Walker & The Rain

Miroir, mon beau miroir, donne-moi un groupe dont l’album est super vachement rare. Que je puisse rouler ma caisse, dans un cercle ébahi. Autant par ma science imparable, que par ma rock and rollienne syntaxe. Le miroir fit la gueule un moment, et finit par exhiber une réédition du mythique disque japonais de Gary Walker And The Rain. Sa moue en disait long. Américain exilé en Albion, un temps batteur des Standells, le nommé Gary Leeds n’avait rien d’autre à offrir. Toujours est-il qu’il se retrouva bombardé tabasseur de peaux chez les Walker Brothers. Fonction toute honorifique, puisque, par contrat, il ne jouait pas sur les disques. De toute façon, son réputé difficile leader lui montra vite la porte. Relancé à la conquête du monde dans Rain, il eut son petit quart d’heure, avant de quitter le business. Laissant quelques singles, et un album sorti uniquement en terre nippone. Pour capitaliser sur la cote des Walker Brothers. L’objet vaut une fortune, et franchement, une fois qu’on l’a écouté...

Magazine Woman est pourtant une bonne façon de démarrer. La guitare de Joey Molland (future Badfinger) dit des choses intéressantes. Et même si tout cela ressemble FORTEMENT à une démo des Who, on a déjà entendu pire. Notons pudiquement la partie de batterie ultra basique. Et un fichu piano, trop haut dans le mix, qui amollit considérablement la sauce. La suite, puisque hélas il y a, est bien insipide (incapacité totale à faire décoller le tempo). Jolies harmonies (leur point fort) et toujours cette six cordes futée, certes. Mais reposant sur si peu. Comme cette soudaine embardée Hendrixienne, qui les voit pirouetter en tous sens, sans logique aucune. Le casse-croûte est au total bien maigre. Grands carnassiers, vous allez connaître le régime salade. Quand surgit Francis au coin de l’ennui. Leur classique à eux. Scandaleusement réduit à servir de face b. Pour un machin englué de cordes, visant directement les gamines de dix ans. Francis y va franco de port, mouille son maillot, et sent enfin la sueur. À défaut d’avoir les relents de bouc, qui font tant défaut au reste. Intro turbocompressée, lames de rasoir partout, et le régime qui monte enfin dans les tours, sans faire de manière.

Enfin, la constipation semble vaincue, et tout le monde semble prendre son pied, à appuyer sur le turbo. Walker le premier, qui consent enfin à se faire un tantinet mal aux poignets. Trois minutes. Toutes rondes. Et on retombe dans le pot de confiture. Ce coup-ci, c’est avec des bottes en ciment. Leur approche de la ballade diabétique (avec bruitage pseudo far out) s’avère également redoutable. Le seul groupe anglais, à ma connaissance, qui fasse passer les Smoke pour une bande d’arsouilles débraillés, et mal coiffés. Parce que (visez la chouette photo) les types de GWATR avaient de chouettes chemises blanches. Ceci explique peut-être cela.

Laurent.

  1. PERSONNEL :
John Lawson (basse), Paul Crane (guitare, chant), Joey Molland (guitare, chant) et Gary Walker (batterie)
  1. DISCOGRAPHIE :
  2. ALBUM :
_ 1968 : Number One (Label Philips SFX 7133) / Uniquement sorti au Japon!
  1. SINGLE :
  1. _ 1968 : Spooky/I Can't Stand To Lose You (Label Polydor 56237))
  2. _ 1968 : Come On In You'll Get Pneumonia/Francis (Label Philips BF 1740)

16 févr. 2010

Gass

En attente de notre chroniqueur Greg qui s'est à nouveau perdu dans les rayons vinylistiques de son Troc de L'Ile à la recherche de nouveaux EP des VIP's!!!

Gass Company

Une petite rareté que ce 45t de Gass Company, de l’écurie President, enregistrée en 67 dans la province de l’Essex. Doucement teintée d’influence psychédélique, la face B, Nightmare, est une agréable ballade pop qui doit tout son charme à son intro acidifiante. Rythmique lourde, vocaux bien placés, et un petit refrain qui se dégringole tranquilou pour relancer le morceau. Sympa, mais sans grande originalité !

PERSONNEL :

Bill Hurd, John Richardson

DISCOGRAPHIE :

_ 1967 : Everybody Needs Love/Nightmare (SP President PT 170)

Gates Of Eden

Une fois n’est pas coutume, la politique du 45tours 4 titres en France nous surprendra toujours ! Alors que certains artistes anglais et ricains n’ont jamais pu s’introduire sur le territoire français (on pense entre autres aux Fleur de Lys, Attack, etc. la liste est longue), d’autres totalement anecdotiques ont eu les honneurs d’un pressage franchouillard avec des titres qui ne sont même pas sortis dans leurs pays. Et qui du coup deviennent de jolis collectors sur le marché anglais.

Que fallait-il pour cela ? Une pop bien sucrée, à la limite du surf, un truc bien commercial sans excentricité électrique, des paroles qui se chantonnent sous la douche, sans pour autant que cela puisse faire de l’ombre à nos zézettes locales. L’exemple typique des Gates Of Eden quoi.

Etiqueté Groupe de Freakbeat par certains journaleux désirant vendre le produit, ce groupe trouve sa source en empruntant son nom à un célèbre titre de Robert Zimmerman, Gates Of Eden. Signé sur Pye à l’orée de l’année 66, le combo y signera 3 singles sur le marché anglais (déclinés avec des pochettes en Italie, Allemagne, Hollande). Parsemé de reprises sans surprise, puisque le groupe reprend notamment Too Much on My Mind des Kinks, ou encore Snoopy vs. the Red Baron des Royal Gardsmen.

La France, donc, se verra crédité du seul EP du groupe, avec deux morceaux introuvables ailleurs (Mini Shirts et Yha da da), que l’on peut cependant trouver sur l’une des compilations Magic, label français spécialisé dans le re-pressage de nos si chers EP’s. Une simple curiosité en somme.

PERSONNEL :

Roger Matthews (chant, guitare), ...????

DISCOGRAPHIE :

EP:

_ 1966 : Mini Shirts (Label Pye PNV 24181 / Press. Français)

SINGLES :

_ 1966 : Too Much On My Mind/I'm Warning You (Label Pye 7N 17195)

_ 1967 : Snoopy Versus The Red Baron/In Your Love (Label Pye 7N 17252)

_ 1967 : One To Seven/Hey Now (Label Pye 7N 17278)

Geesin Ron

Si je vous dis que ce monsieur est le coauteur d’Atom Heart Mother, qu’il a entre autres produit l’album de Bridget St John, Songs For A Gentle Man en 71, qu’il fut pote avec Roger Waters (avec lequel il travailla sur le concept de The Body, film documentaire de 70 à la réputation laborieuse). Que pour finir, ce gars était un défricheur de sonorités environnementales et attiré par la connivence Musique/Vidéos … Vous pensez à un génie de la production ?

Hum, disons qu’à l’écoute d’A Raise Of Eyebrows, son premier opus de 67, on a plutôt affaire à un bad trip empli de mauvaises vibrations. Une espèce de collage sonore de plusieurs atmosphères sentant le souffre, étouffant la moindre mélodie dans un arpège de bizarrerie incongrue et sombre, quasi satanique. Brzzzzzzz…

Ron Geesin se fait d’abord connaître dans les seventies via le biais de son propre label, Headscope, pour lequel il produira plusieurs albums expérimentaux (c’est le moins que l’on puisse dire!) faits d’expériences sonores et visuelles. Souvent considéré comme artiste avant-gardiste, Ron Geesin jouit d’une réputation sans borne dans les milieux intellos défoncés à la mauvaise came. De plus, son amitié avec Roger Waters et sa connivence avec les Floyd lui attireront nombre de sympathie bien pensante (portante ?).

Tout débute pour lui via le piano et son amour du blues. Profitant d’une certaine aisance familiale, il développe sa propre technique sur le piano familial, expérimentant une combinaison à trois doigts par main. Quand l’adolescence se pointe, il rejoint les Downtown Syncopators en 62 avec lesquels il développe cette fâcheuse manie de bricoler les sons tirés de ces instruments. En 65’, il autoproduit lui-même un EP, chose rare à l’époque, complètement barré où il triture les sons dans une ambiance délurée. Le monde du pop n’en est encore qu’aux singeries innocentes des Beatles quand Ron Geesin se fourvoie dans les possibilités infinies que lui procure la technologie.

Eté 67. L’Angleterre se découvre des fleurs dans les cheveux ; l’acide et autres cames apparaissent comme éléments moteurs de toute créativité. Découvrant les incroyables ressources des premiers computers et autres techniques de studios, Ron se concentre pour sa part dans l’exploration des champs sonores et visuels. Il signe en 67 un contrat avec la firme Transatlantic, pour lequel il enregistre un album, le fameux A Raise Of Eyebrows.

Sous une pochette bariolée typiquement accrocheuse pour l’époque, Ron Geesin signe une parfaite bande sonore déjantée sans continuité, s’amusant à coller diverses atmosphères les unes derrière les autres, explorant les redondances sonores qui filent à cet album son côté malsain, hallucinatoire. Ron y joue de tous les instruments (chant psalmodié, harmonica, piano, banjo, guitare, percus, et autres tribulations excentriques) sans chercher à les combiner. Non, il préfère mettre en avant chaque instrument, délicatement lancinant, ponctuant les silences de longues remontées angoissantes.

Sur la longue, l’album est déconcertant, et il est difficile de juger parcimonieusement tel album. Ce n’est surement pas un disque de rock, il n’est ni psychédélique ni progressif, avant-gardiste, pas sur. Mais totalement original, oui. Qu’on imagine bien comme BO pour un remake de Dracula, ici au pays du LSD. D’ailleurs, Ron travaillera par la suite pour de nombreux programmes télé, torchant des génériques à gauche à droite avant de revenir sur le devant de la scène au début des 90s. Au final, une sacrée curiosité pour tous les amateurs de Library Music assurément…

DISCOGRAPHIE :

ALBUMS :

_ 1967 : A Raise Of The Eyebrows (Label Transatlantic (S)TRA 161)

_ 1970 : Music From The Film The Body (Label Harvest SHSP 4008)

EP's :

_ 1965 : Mr.Mayor Stomp Your Head (Private Pressing)

Gemini

Une pirouette balancée par les Tornados, qui sous ce pseudo signe un simple qui a surtout l'avantage d'être produit par Joe Meek, et reconnaissable assez aisément. Parfaite bande sonore totalement kitsch digne d'un nanar de science-fiction. On passe.

DISCOGRAPHIE :

_ 1965 : Space Walk/Goodbye Joe (SP Columbia DB 7638)

LIEN :

Ici

Genesis

Phil Collins est atteint d’une sale maladie, ai-je lu récemment. Quelque chose au niveau des nerfs, qui l’empêche totalement de pratiquer la batterie. Cas total d’assimilation d’une entité à une seule personne, le bonhomme incarne Genesis à lui tout seul, reléguant ses collègues au placard.

Inventeur de ce redoutable son de caisse claire, qui a pourri les années 80, géniteur de hits omniprésents dans les supermarchés (véritables plaies sonores) l’homme nous est peu sympathique. Mais difficile de passer à côté, puisque le groupe qu’il a rejoint pour Nursey Crime (troisième album, le meilleur, comme quoi…) nous occupe aujourd’hui.

Sans passion, disons-le d’entrée. Bouffi et surestimé, Genesis est la preuve que les Pink Fairies auraient dû régner, pour électrifier les corps et les esprits. Si seulement la rock critique des années 70 avait eu bon goût.

M’étant remis Trespass dans les oreilles il y à peu, disque que je croyais bien aimer pourtant, j’ai souffert le martyre. Ok, Peter Gabriel chante bien, mais le reste a salement vieilli. Suite de plans occupés à échapper à une quelconque influence bluesy, le coté « charmantes comptines très anglaises » a l’attrait d’un papier peint déteint par les ans. Autant de présence aussi. Peu aidé, il est vrai, par un son minable, sans dynamique aucune. L’alternance de plans rapides/lents/et on recommence dans un autre ton sentait déjà le rance avant la première répétition des Damned. Bref, c’est minable, on oublie vite. N’attendez aucune pitié du temps, seul lui survivent les plus forts. Et surtout pas à la vacuité d’un mellotron qui sait être intouchable.

Le premier album ayant évité de parvenir jusqu’à moi, peut-être Lou nous fera-t-il une brève. Certains singles sont hautement collectors, ceci dit.

Laurent

PERSONNEL :

Peter Gabriel (chant, flûte), Tony Banks (claviers), Anthony Phillips (guitare, chant), Mickael Rutherford (basse, guitare, chant), John Silver (batterie), John Mayhew (batterie), Chris Stewart (batterie)

DISCOGRAPHIE :

ALBUMS :

_ 1969 : From Genesis To Revelation (Label Decca LK/SLK 4990)

_ 1970 : Trespass (Label Charisma CAS 1020)

SINGLES :

_ 1968 : The Silent Sun/That's Me (Label Decca F 12735)

_ 1968 : A Winter's Tale/One-Eyed Hound (Label Decca F 12775)

_ 1969 : Where The Sour Turns To Sweet/In Hiding (Label Decca F 12949)

_ 1970 : Looking For Someone/Visions Of Angels (Label Charisma GS 1)

LIEN :

Trespass

Gentle Giant

Loin de moi de vouloir résumer la carrière des Gentle Giant avec cet album éponyme sorti en 70, et qui rentre pile poile dans notre espace-temps. Mais force est de reconnaître que ce premier opus est loin, bien loin derrière les extravagances des Simon Dupree & The Big Sound dont on a déjà parlé. Et la preuve une nouvelle fois que l'on peut regretter l'innocence du rock des sixties, celui des seventies étant malheureusement celui de l'âge adulte et de ses contradictions.

C'est donc sur les cendres des Big Sounds que se forme le nouveau combo autour des frangins Shulman (le trio Derek, Ray et Phil) et du batteur Martin Smith. Malgré un succès indéniable avec Kites, imposé par leur précédent manager, les frères Shulman souhaitent retrouver leur indépendance, et donner plus d'ampleur à leurs idées progressistes. Ils s'adjoignent fin 69 les services du claviériste Kerry Minnear et du guitariste Gary Green, et signent un contrat avec le manager Gerry Bron (la petite histoire veut d'ailleurs que le nom du groupe fût suggéré par l'une des secrétaires de Gerry). Après quelques tournées au début de l'année 70, dont une première partie d'un certain Jimi Hendrix, et d'une participation au Festival Jazz de Monterrey, le groupe s'adjoint les services de Tony Visconti, connu pour ses productions Bowiesque !

Les Gentle Giant rentrent alors en studio pour y graver leur premier opus sur le mythique label Vertigo. Et jettent les bases d'un rock progressif original, parfois pompeux, à la limite du subliminal comme proche des pires sacrifices que le courant prog put faire à la pop mondaine. Difficile d'accroche par ces incessantes cassures de rythmes qui polluent tous les titres de l'album, le disque s'apprivoise avec le temps pour ceux qui souhaiteront lire entre les complexités mélodiques que les frangins Shulman bricolent. Teintés de délires genesien (Giant) et de surcouches jazzy (voire le délicat et incohérent Isn't it quiet & cold qui s'enrayent dans un mélange des genres empruntant autant au cabaret qu'au sempiternel et ennuyeux solo de batterie qui n'a rien à foutre ici !), le disque parvient à s'extirper de ce fouillis sonore le temps d'un excellent break lyrique (le futur classique Funny Ways) ou via le swinguant technoïde Alucard et ses sons tirés des machines électroniques, tout en saturation.

Gentle Giant (1970) marque le début d'une saga qui s'arrêtera à l'orée des années 80, le groupe traversant les seventies et les genres, s'engonçant même dans une tentative de disco pop à leurs toutes fins. Mais gravant deux petits bijoux progressifs en 72 avec Three Friends et Octopus, qui marquèrent à jamais la musique progressive. Si ce premier opus vous déconcerte, un conseil, n'abandonnez pas et procurez-vous ces deux derniers disques suscités, où le combo parvient à simplifier leurs démarches. Sans toutefois parvenir à l'unité mélodique et limpide d'un King Crimson.

PERSONNEL :

Derek Shulman (chant, guitare, basse), Phil Shulman (saxo), Ray Shulman (chant), Martin Smith (batterie), Kerry Minnear (claviers) et Gary Green (guitare)

DISCOGRAPHIE (1970) :

_ 1970 : Gentle Giant (LP Vertigo 6360 020)

LIEN :

Alucard

Gentle Influence

Malgré sa présence sur les Rubble anglais avec son simple Easy To Know, les Gentle Influence sont voués à une amnésie totalement consciente de la part des amateurs d'obscurités anglaises. Deux singles pour ces musiciens en provenance d'Oxford, foutraque, tentant à chaque instant de se rattraper aux branches du prog', du rock psychédélique et à la plus infâme des pop bardée de cuivres et de surenchères sonore. À zapper.

PERSONNEL :

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DISCOGRAPHIE :

_ 1969 : Never Trust In Tomorrow/Easy To Know (SP Pye 7N 17666)

_ 1969 : Always Be A Part Of My Living/Captain Reale (SP Pye 7N 17743)

11 févr. 2010

Gerrard Denny

Enregistré avec les musicos d'High Tide, cet album solo de Denny Gerrard (ex-Warm Sound, un temps dans l'écurie Immediate) porte bien son nom. Sinister Morning est une collection de bonnes chansons où se mêlent amertume, nostalgie et mélancolie exacerbée. Enregistré en 1970, en pleine période où les kids se cramaient la tête à coup de riffs métalleux du Black Sabbath, on se doute bien que cet opus a dû passer totalement inaperçu. Hors de son époque, le disque a plutôt bien vieilli, et si on y revient pas forcément tous les jours, il correspond à ces matins pluvieux à vous ratatiner tout optimisme.

Sur des arrangements épurés (trop ?) des High Tide, Denny pose sa voix larmoyante le temps d'un folk rock enlevé (l'excellent Native Sun) pour ensuite contempler les sinistres instants d'une matinée délicate. Si par moment, on peut regretter que le disque ne décolle pas (pour se scratcher magnifiquement en douceur avec le très aérien Atmosphère), en résulte néanmoins un sentiment agréable de flottement où s'entrecroisent influence folky et countrysante (ah cet harmonica plaintif). Au final, une galette intemporelle qu'on vous conseille de griller modérément, de préférence le matin les jours difficiles.

PERSONNEL :

Denny Gerrard (chant), Tony Hill (guitare), Simon House (piano), Peter Pavli (basse), Roger Hadden (batterie)

DISCOGRAPHIE :

_ 1970 : Sinister Morning (LP Deram Nova SDN 10)

Gerry and The Pacemakers

Pour tous ceux qui connaissent un tant soit peu le foot, plus particulièrement l'antre d'Anfield, You We'll Never Walk Alone ne sera pas une illustre chanson jouée par un obscur groupe du Merseybeat Anglais. À vrai dire, il s'agit du plus gros tube anglais des Gerry & The Pacemakers, l'une des figures du courant beat qui agitèrent toute l'Angleterre en ce début des sixties. Une carrière proche de celle des Beatles, début dans un club d'Hambourg, le Top Ten, une renommée basée sur une pop sucrée et bien ficelée qui traversera l'Atlantique. 1963 consacre l'apogée du groupe, passage dans le Ed Sullivan Show, tournée harassante à travers le monde, distillant leur penchant R&B à une foule conquise d'avance. Plus de 40 ans après, tout cela a bien tristement vieilli.

Le groupe démarre sa carrière dès la fin des années folles (1959), exerçant sous le nom des Mars Bars, puis se doit de changer de patronyme sous les menaces d'une célèbre compagnie de barres chocolatières. Le combo emmené par Gerry et son frangin Freddie se renomme donc les Pacemakers, et joue le jeu du skiffle& rock dans un premier temps. En 1961, on retrouve les Pacemakers jouant au Cavern Club en compagnie des Beatles, les deux groupes s'échangeant alors les instruments. Brian Epstein, qui a déjà signé les Scarabées, tente le coup double en enrôlant Gerry & les siens dans l'aventure. S'en suit une carrière auréolée de succès jusqu'en 65', jusqu'au jour où les Pacemakers, incapables de dépasser leur pop sirupeuse, se font avaler tout cru par la jeune garde Mods.

Beaucoup de succès, de classement élogieux dans les charts, des albums qui respirent d'insouciance, mais finalement une musique trop propre, trop carrée, trop dans son temps. Les Gerry & the Pacemakers restent cependant dans les mémoires collectives par les dieux du ballon rond, grâce leur en soient faites.

PERSONNEL :

Gerry Marsden (guitare, chant), Les Macguire (basse, chant), Les Chadwick (piano), Freddie Mardsen (batterie)

DISCOGRAPHIE :

Ici

LIEN :

29 janv. 2010

Gethsemane

Une énigme de plus pour Rave Up. Ce combo composé de Martin Barre, Bryan Stevens, Mike Ketley et Malcolm Tomlinson, n’a jamais rien enregistré d’officiel, si ce n’est une démo dans les studios Liberty de Londres, qui n’est jamais ressorti (Grease Monkey / Lady Samantha). Ils ont souvent œuvré en première partie du Jethro Tull, avant que Martin Barre les rejoigne fin 1968. Malgré pas mal de gigs en 68, il ne reste rien de ce groupe. On retrouvera Tomlinson un temps chez les américains de Rhinocéros.

Ghost

Le fantasme ultime, l’album parfait qui résiste à l’usure du temps et de la platine. La bête sonore fulgurante, qui roule sans jamais s’arrêter pour faire de l’essence. Ou changer une roue, et en profiter pour traîner en route. Scénario classique de l’ennui préprogrammé.

Comme on connaît les détours curieux de l’Histoire, le Graal du rédacteur (fan transi) pourrait se situer du côté de Birmingham. Cité qu’on imagine radieuse, et propre à l’accomplissement d’un idéal poétique et musical.

Comme celui de Ghost ? Me souffle un Lou, avide de savoir où mon délire du matin va mener son blog. Précisément. Curieuse synthèse, en vérité, que celle qui illumine les sillons de When You’re Dead One Second.

D’un coté, des vocaux mixtes, qui flamboient sur un blues rock west coast, brillant et calé au micron. Le tout bien arqué sur une basse colossale, et punaisé sur un clavier véloce. Alchimie qui réussit son coup à chaque fois. Grâce à une rouée science du plan qui va bien, au bon moment, et au bon endroit.

Pas une scorie, un solo de trop, une merde sous le tapis, la perfection vous dis je. Chapeau bas à la production, pour son côté net et sans bavures. Le manque de moyens a peut-être empêché une catastrophe, qui sait.

En face, les chansons plus posées de Shirley Kent, sa voix aux impressionnantes modulations. Dont j’arrive à me demander si Ronnie James Dio n’est pas fan, en secret. Tant leur façon de construire les vocaux est similaire. Ne riez pas je suis sérieux. Impression renforcée, par la curieuse sensation que Black Sabbath (seconde période) a piqué des plans ici et là.

Comme Mungo Jerry, dont l’hideux, et fort heureusement unique tube, se révèle être un décalque parfait de Night Of The Warlock. Le rock est un grand charnier, où n’importe qui se nourrit de l’autre. C’est parfois réjouissant, souvent injuste quand on s’aperçoit de la supercherie.

Ghost a donc sombré sans bruit, après avoir enregistré un dernier single. Dont le titre principal figure sur la contrefaçon de l’album, qui a circulé dans les années 90. Excellente façon de reconnaître le faux frère du rarissime original. Bonne chanson d’ailleurs, fort révélatrice d’un potentiel extraordinaire.

Rave Up vous recommande (chaudement) en plus, de jeter une oreille sur l’album solo de Shirley Kent, sous le pseudonyme de Virginia Tree. Belles ballades, climats jazzy enfumés, voix extraordinaire, j’aurais au moins essayé de vous convaincre. Et je peux témoigner que la radio de 1975 aurait eu bien besoin d’air aussi frais.

Laurent.

PERSONNEL :

Shirley Kent (chant, guitare acoustique), Daniel McGuire (basse), Paul Eastment (chant), Charlie Grima (batterie) et Terry Guy (claviers)

DISCOGRAPHIE :

ALBUM :

_ 1970 : When You're dead - One second (Label Gemini GME 1004)

SINGLES :

_ 1969 : When You're Dead/Indian Maid (Label Gemini GMS 007)

_ 1970 : I've Got To Get To Know You/For One Second (Label Gemini GMS 014)

LIEN :

When you're dead - One second

Gibson Wayne (& The Dynamic Sounds)

Avec les Dynamic Sounds de Wayne Gibson, on se trouve confronté à l’un des nombreux groupes londoniens qui agitèrent la capitale anglaise durant la période du merseybeat, époque au combien excitante tant le beat développé par ces groupes influencera la musique de demain. Wayne Gibson débutera sa carrière avec l’orchestre Dynamic Sounds, sous la houlette de Shel Talmy. C’est ainsi qu’un certain Jimmy Page leur prête main-forte pour l’enregistrement de leur 3èmesingle, une reprise enjoueé de Kelly de Del Shannon.

Tour à tour chez Decca, puis Pye, Parlophone avant d’atterrir chez Columbia où il entamera une carrière solo, Wayne Gibson tritura avec son excellent orchestre un beat imparable, speedé et finalement pas très loin du freakbeat à venir. Bien plus hargneux que ses compères d’alors, le combo se taille une excellente réputation sur les planches, aidé en cela par le timbre cassé de Wayne Gibson qui se bat comme un diable avec les excentricités du groupe. Jusqu’en 65, le groupe signe des singles mémorables, comme ce terrible See You Later Alligator, piano swinguant et tourbillonnant pour laisser place à un putain de solo de gratte, ou encore ce Baby, Baby, Baby Pity Me introduit par une guitare acide qui deviendra menaçante et pesante par la suite.

Malgré ces indéniables réussites, le combo ne parvient pas à enregistrer d’album, sans doute trop en avance sur leur temps. À partir de 66’, les Dynamic Sounds n’existent plus, et c’est entouré de musiciens de studios que Wayne Gibson continuera sa carrière. Deux singles au son amer sortent en 1966, où l’on ne retrouve plus la formidable machine beat que furent les Dynamic Sounds. Puis après le désert. Huit ans sans revoir Wayne Gibson, qui tentera une carrière disco à partir de 74 ! On préfère oublier cet écart, et se concentrer sur ses formidables Dynamic Sounds. Présent sur certaines compils, il est cependant très regrettable que personne n’ait encore eu l’idée de nous ressortir une anthologie de Wayne Gibson et ses Dynamic Sounds. Avec 6 singles, et donc 12 morceaux, il y a de quoi prendre un sacré pied !

Discographie :

_ 1963 : Linda Lu/Beachcomer (SP Decca F 11713)

_ 1964 : Come On Let's Go/Pop The Whip (SP Decca F 11800)

_ 1964 : Kelly/See You Later Alligator (SP Pye 7N 15680)

_ 1965 : Portland Town/Please Baby Please (SP Pye 7N 15798)

_ 1965 : Ding Dong The Witch Is Dead/In The Night (SP Parlophone R 5357)

_ 1966 : One Little Smile/Baby, Baby, Baby Pity Me (SP Columbia DB 7683)

_ 1966 : Under My Thumb/It Always Happens (Icey) (SP Columbia DB 7911)

_ 1966 : For No One/He's Got The Whole World In His Hands (SP Columbia DB 7998)

LIEN :